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L’Amérique du Sud lutte contre la malbouffe
L'Amérique du Sud lutte contre la malbouffe
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16 juin 2014
Auteur de l'article
TSLMP, 18 articles (Ingénieur en agroalimentaire)

TSLMP

Ingénieur en agroalimentaire
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L’Amérique du Sud lutte contre la malbouffe

L'Amérique du Sud lutte contre la malbouffe

Nous vous proposons cette semaine de nous pencher sur les efforts mis en place contre la malbouffe en Amérique du Sud (pour rappel de ce que nous entendons par malbouffe, c’est par là). Il ne s’agit pas seulement d’un mouvement contre les produits nocifs, sur le court ou long terme, à la santé, mais également d’une lutte idéologique pour la souveraineté alimentaire, c'est-à-dire le droit d’un pays à se nourrir lui-même, selon sa culture, ses traditions, sans dominance du modèle mondial.

Nous avons choisi l’Amérique du Sud car c’est clairement un modèle à contre-courant dans l’économie mondiale néolibérale, et il fait du bruit !

Brésil

Alors que la planète a les yeux tournés vers le Brésil pour la coupe du monde de football, un nouvel article vient de paraître dans le très prestigieux journal scientifique Lancet. Cet article remet en cause la présence de l’industrie agroalimentaire partout pendant cette coupe du monde, notamment Coca Cola, un des sponsors majeurs pour l’évènement. L’auteur travaille à l’Université de Sao Paulo au Brésil. Le Brésil est un des pays leader contre la malbouffe. Carlos Monteiro et son équipe font des recherches sur la transition nutritionnelle dans ce pays, c'est-à-dire la transition de l’alimentation traditionnelle vers l’alimentation occidentale et la malbouffe. Leurs recherches servent de modèle pour le monde entier, et, en remettant en cause le rôle des multinationales dans les problèmes de santé liés à l’alimentation, leurs recherches sont très sensibles politiquement.

Le Brésil innove grâce aux recherches de cette équipe, puisqu’il discute en ce moment d’une pyramide alimentaire qui serait basée sur des aliments, plutôt que les nutriments. Par exemple, en France, les 8 repères pour bien manger sont :

  • Les fruits et légumes - 5 par jour (là c’est clair)
  • Les produits laitiers – 3 par jour (clair aussi)
  • Les féculents - à chaque repas et selon l’appétit (hum, ça se gâte, qu’est-ce qu’un féculent ?)
  • Viande, poisson, œuf – 1 à 2 fois par jour (clair, mais quelle place pour les végétariens ici ?)
  • Matières grasses – à limiter (hum, où en trouve-t-on ? Et limiter, ça veut dire quoi au juste ?)
  • Produits sucrés - à limiter (hum, est-ce que tout le monde sait que certains plats industriels tout prêts contiennent du sucre ?)
  • Sel – à limiter (juste le sel de table ? Et quid des plats tout prêts ?)
  • Eau (clair)

Le Brésil est en train de considérer un vocabulaire beaucoup plus clair pour les gens :

  • Les aliments à la base de l’alimentation (en vert) : les grains, les tubercules, les légumes, les fruits, le lait, les œufs, le poisson, la viande et l'eau.
  • Les huiles, graisses, le sel et le sucre à utiliser avec modération pour cuisiner (en orange)
  • Les aliments à éviter (en rouge) : les produits alimentaires tout prêts !

Leur règle d’or : Préférez toujours les aliments et préparations culinaires maison aux plats tout prêts, et évitez les produits ultra-transformés. Il n’y a pas plus clair !

Mexique

Au Mexique, le gouvernement a récemment introduit une taxe sur la malbouffe, notamment sur les sodas, puisque le pays est maintenant le premier au rang mondial dans l’épidémie d’obésité, devant les Etats Unis. C’est un grand pas en avant pour ce pays, qui de 2000 à 2006 a eu pour président un ancien directeur de Coca Cola pour l’Amérique Latine. Il reste maintenant à voir si cette taxe va entraîner une baisse de la consommation de ces produits, et ainsi, améliorer la santé des mexicains. Le Mexique travaille aussi pour un étiquetage nutritionnel, à base de feux tricolores, comme nous l’avions présenté il y a quelques temps, et a aussi des règles précises pour les allégations nutritionnelles sur les produits.

Bolivie

L’exemple le plus marquant en Bolivie est le fait que le pays ait contraint Mc Donald’s à mettre la clé sous la porte. C’est maintenant un des rares pays sans Mc Do. Le président, Evo Morales, a également introduit la souveraineté alimentaire dans la nouvelle constitution du pays en 2009.

Uruguay

Le président Mujica est également un fervent défenseur de la souveraineté alimentaire, de la protection de la planète mais aussi des plus pauvres (il donne 90% de ses revenus aux plus pauvres). Voyez un peu un de ses discours, pas forcément sur l’industrie alimentaire en particulier, mais qui présente sa vision du monde (et nous donne des ailes).

Autres pays

Le Chili a également adopté un étiquetage nutritionnel plus simple, malgré les réticences de l’industrie agroalimentaire. Et dans le pays, en 2012, les fast food n’ont plus eu le droit de mettre de jouets dans les menus pour enfants, mais face aux pressions de l’industrie, cette règle a changé.

Le Chili, l’Equateur et le Pérou sont en train de mettre en place des politiques qui visent à protéger les enfants du marketing concernant les produits ultra-transformés.

Au Pérou, en Uruguay et au Costa Rica, la malbouffe est même désormais interdite dans les écoles.

Le Costa Rica, le Salvador, le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua ont établis des critères précis pour les allégations santé. Désormais, les industriels ne pourront plus faire croire que leurs produits font des miracles sans que ce ne soit prouvé scientifiquement.

Quel continent modèle ! Espérons que ces actions feront effet boule de neige à travers le monde.

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Logo noir avec mention "exces de sucre", représentant 10% de la surface avant de l\\'emballage (Chili)

Logo noir avec mention "exces de sucre", représentant 10% de la surface avant de l'emballage (Chili)

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