Accueil du site
> Nutrition & Régimes
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Faut-il fractionner son alimentation ? Quel effet sur l’appétit et la consommation ?
Faut-il fractionner son alimentation ? Quel effet sur l'appétit et la consommation ?
note des lecteurs
date et réactions
24 février 2015
Auteur de l'article
Institut Benjamin Delessert, 16 articles (Rédacteur)

Institut Benjamin Delessert

Rédacteur
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
16
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

Faut-il fractionner son alimentation ? Quel effet sur l’appétit et la consommation ?

Faut-il fractionner son alimentation ? Quel effet sur l'appétit et la consommation ?

Fractionner son alimentation consiste à augmenter la fréquence de ses prises alimentaires, sans modifier la quantité totale d’énergie ingérée. Quels sont les effets de cette pratique sur l’appétit ? Est-ce une stratégie qui peut aider à maigrir ?

Dans le travail de thèse intitulé « Le fractionnement alimentaire : une stratégie pour mieux contrôler son appétit ? Quels impacts sur la balance énergétique ? Approche physiologique et développement d’une méthodologie d’étude expérimentale du comportement alimentaire en situation écologique de restauration », nous avons étudié les effets du fractionnement alimentaire sur l’appétit et la balance énergétique chez des sujets adultes de poids normal et obèses. Ce travail a été réalisé entre 2009 et 2012 au sein du Centre de Recherche en Nutrition Humaine RhôneAlpes et du Centre de Recherche de l’Institut Paul Bocuse.

Le premier objectif de cette thèse était d’ordre méthodologique : nous avons proposé et validé un dispositif original d’étude de l’appétit, basé sur la duplication du même protocole dans deux lieux de recherche différents et sur l’utilisation d’un restaurant expérimental, en reproduisant une situation écologique de repas. Ce dispositif permet de répondre à deux enjeux méthodologiques. D’une part, il permet une approche intégrée de l’appétit, grâce à l’association de mesures subjectives (sensations de faim et de satiété), physiologiques (biomarqueurs de l’appétit : ghréline et GLP-1) et comportementales (consommations, choix et rythmes alimentaires). D’autre part, le caractère écologique de la situation de repas proposée assure une bonne validité externe des résultats. Cette première phase a donné lieu à deux publications scientifiques [1]

Le second objectif était d’étudier, grâce à cette méthodologie, les conséquences à court terme du fractionnement alimentaire sur les sensations de faim, les hormones qui régulent l’appétit, le comportement au cours du repas qui suit le fractionnement, ainsi que sur les orientations métaboliques. Chez des sujets de poids normal, les approches subjectives, physiologiques et comportementales ont toutes montré une diminution de l’appétit en réponse au fractionnement. En revanche, nous n’avons pas obtenu les mêmes bénéfices comportementaux chez les obèses, chez qui le fractionnement n’a pas induit de baisse des apports énergétiques au cours du repas suivant. Sur le plan métabolique, nous avons montré les mêmes effets dans les deux populations, à savoir une insulinémie maintenue au-dessus de son niveau basal, entraînant une inhibition prolongée de la lipolyse, elle-même caractérisée par une baisse des concentrations plasmatiques en acides gras non estérifiés. Le fractionnement a également entrainé une diminution de la dépense énergétique via la thermogénèse alimentaire. Deux articles scientifiques décrivent ces résultats [2]

Ce travail met en évidence les bénéfices possibles du fractionnement alimentaire chez les personnes de poids normal pour mieux contrôler leur appétit. En revanche, cette stratégie ne semble pas adaptée pour des personnes obèses. Les effets sur la dépense énergétique et les orientations métaboliques, potentiellement négatifs, doivent être étudiés sur de plus longues périodes.

Cet article reprend une intervention de Xavier Allirot (anciennement au Centre de Recherche de l’Institut Paul Bocuse, Lyon et actuellement au Basque Culinary Center, San Sebastián) lauréat du Prix Jean Trémolières à l'occasion d'une conférence d'octobre 2014.

SOURCES

  • [1] - Allirot X, Saulais L, Disse E, Nazare JA, Cazal C, Laville M. Integrating behavioral measurements in physiological approaches of satiety. Food Quality and Preference, 2014;31:181-189. 
    - Allirot X, Saulais L, Disse E, Roth H, Cazal C, Laville M. Validation of a buffet meal design in an experimental restaurant. Appetite, 2012; 58:889-897.
    [2] - Allirot X, Saulais L, Seyssel K, Graeppi-Dulac J, Roth H, Charrié A, Drai J, Goudable J, Blond E, Disse E, Laville M. An isocaloric increase of eating episodes in the morning contributes to decrease energy intake at lunch in lean men. Physiology & Behavior, 2013; 110-111: 169-178.
    - Allirot X, Seyssel K, Saulais L, Roth H, Charrié A, Drai J, Goudable J, Blond E, Disse E, Laville M. Effects of a spread out breakfast on lunch intake and hormonal responses in obese men. Physiology & Behavior
    2014;127:37-44.
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Nutrition & Régimes