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Et si on parlait des nanotechnologies ?
Et si on parlait des nanotechnologies ?
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8 avril 2010
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Béatrice de Reynal, 207 articles (Nutritionniste)

Béatrice de Reynal

Nutritionniste
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Et si on parlait des nanotechnologies ?

Et si on parlait des nanotechnologies ?

Les nanos !!! Ils n’ont plus que ce mot là à la bouche dans les dîners parisiens. Sans nano, pas de salut et pas de dessert ! Alors ? pour ou contre ?

Les nanotechnologies sont juste l'expression d'une technique moderne... elles ne reflètent rien d'autre qu'un progrès d'ingénierie. Un peu comme la fission nucléaire : l'énergie atomique est un symbole pour parler d'une classe de techniques modernes. De là, on pourra faire le bien, le mal, le rien, le minuscule ou le gigantesque...

Pour ce qui est de l'alimentation, "vous en mangez sans le savoir depuis des mois " - je dis ça histoire de nous mettre tout de suite mal à l'aise !

Daniel Ribera nous en dit plus dans une conférence récemment donnée à Paris

 L’avenir des nanotechnologies dans l’alimentation 

Nano = 10-9 m. Une nanoparticule a au moins une de ses trois dimensions qui est inférieure à 100 nm.

La littérature est très riche sur les nanotechnologies : 20900 publications sur Pubmed, mais aussi des rapports récents de l’AFSSA et de l’AFSSET…

Les domaines d’application sont variés : alimentaire (en 2008, 300 produits dans le monde ?), cosmétique, pharmacie, médecine, textiles…

Exemples d’application en agriculture :

- facilite la fabrication des OGM (par des nano-robots)

- vectorisation des pesticides, fertilisants (nano-encapsulation)

- nanocapteurs pour détection des bactéries, poux…

Exemples d’application en agroalimentaire :

- pain TIP TOP avec nanoparticules contenant des ω3 à sa surface

- chocolat « Eternelle jeunesse » avec ajout de TiO2 pour garder l’aspect brillant

- ketchup Heinz avec ajout de SiO2 pour améliorer la rhéologie et faciliter l’écoulement (éviter les restes au fond)

- vinaigrette avec ajout de TiO2 pour qu’elle soit plus blanche

Dans l’alimentaire, les nanoparticules peuvent être incorporées dans l’aliment (1) ou en contact avec l’aliment (2) :

(1) : nanoparticules pour faire des boissons (ex : thé vert en nanoparticules), nanoparticules en additifs, auxiliaires, arômes, colorants…, nanoparticules pour encapsuler, protéger, vectoriser des molécules d’intérêt comme substances actives, nanomatériaux en revêtement (ex : croutes de fromage oranges)…

(2) : nanoparticules antimicrobiennes, nanoparticules dans l’emballage (ex : pour augmenter la tortuosité des couches de l’emballage et rendre le parcours du O2 plus difficile)…

 Les Risques sont liés à leur petite taille à grand rapport S/V à grande réactivité

- Niveau cellulaire : altération des membranes, favorise leur perméabilité, génération des substances réactives de l’oxygène d’où peroxydation des lipides, protéines, ADN…

- Niveau de l’organisme entier : mêmes mécanismes susceptibles d’avoir lieu sur nos cellules, les nanoparticules peuvent agir sur un ou plusieurs tissus ciblés en étant véhiculées par le sang (car traversent la paroi intestinale mais aussi la paroi pulmonaire vu leur petite taille). Une étude récente a montré que TiO2 serait génotoxique par voie orale…

Conclusions : les nanoparticules peuvent avoir des applications très intéressantes notamment dans le domaine de la santé mais dans l’alimentaire, les connaissances sur la toxicité de ces particules étant encore limitées, il serait mieux d’appliquer le principe de précaution. Le problème est qu’il est très difficile de limiter l’essor de ces technologies dans l’alimentaire vu le marché qu’elles représentent pour les industriels.

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