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Doit-on taxer les boissons gazeuses ?
Doit-on taxer les boissons gazeuses ?
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24 décembre 2012 | 1 commentaires
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Jean-Yves Dionne, 44 articles (Expert-conseil)

Jean-Yves Dionne

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Doit-on taxer les boissons gazeuses ?

Doit-on taxer les boissons gazeuses ?

Le site canadien Protégez-vous publie un excellent dossier sur l’effet possible d’une taxe sur la malbouffe, plus précisément sur les boissons sucrées. Sous la plume de Lise Bergeron, on y lit les arguments pour et contre cette taxe.(1) Les détracteurs y vont d’arguments tous plus convaincants les uns que les autres pour nous persuader qu’une telle taxe ne changera rien. Chose curieuse, tous ceux qui s’opposent à cette taxe ont à gagner du maintien d’un statu quo : les fabricants de boissons gazeuses, leur association, les épiciers… ou leurs porte-paroles. Tous disent en gros que le prix n’a pas d’impact sur la consommation et que, si une telle taxe était implantée, les plus pauvres seraient pénalisés. D’un même souffle, ils affirment que l’obésité est effectivement préoccupante, mais ne proposent aucune solution.

Pourtant, nous l’avons vus (L’arrière-goût du sucre ; Les boissons sucrées : omniprésence fatale ! ; Sucre ou alcool, choisir son poison… ; Le sucre serait-il un « tueur en blanc » ?), le sucre rajouté, peu importe lequel, est le plus grand coupable (pas le seul, mais le plus important) dans les problèmes d’obésité, de diabète, de syndrome métabolique et probablement d’une grande partie des maladies chroniques et métaboliques en augmentation dans notre société.

De plus, les stratégies utilisées par les lobbys du sucre et des boissons gazeuses bâillonnent leurs adversaires et sèment une confusion voulue dans la société. Bref, ceux qui proposent des moyens pour réduire la consommation de sucre n’ont que très peu de prise sur les enjeux.

Un constat navrant

Le constat est simple : la malbouffe coute moins cher que les bons aliments ; elle contient beaucoup trop de sucre rajouté, de sel, de mauvais gras et autres additifs néfastes ; pire encore, elle est plus facilement accessible que les aliments santé (voir Les dépanneurs : source d’obésité ?).

À l’opposé, les aliments sains coutent plus cher, sont moins accessibles et ont besoin d’être préparés. Pour bien manger, il faut connaître les aliments, savoir les apprêter et prendre le temps de cuisiner.

Des solutions… compliquées ?

Si vous lisez cet article, il y a de bonnes chances que vous soyez de ceux qui accordent de l’importance à la qualité des aliments qu’ils consomment. C’est assurément un pas dans la bonne direction, mais, comme société, il faut faire plus. Nous devons nous positionner pour renverser la tendance générale :

  • Rendre la malbouffe moins attrayante, plus chère et moins accessible.
  • Rendre les bons aliments plus accessibles et moins chers en proportion.
  • Augmenter l’éducation des jeunes, surtout, mais également de toute la population, en matière de santé, de nutrition et de cuisine.

Lise Bergeron nous présente une des idées de Renée Frappier, une pionnière de l’éducation en santé par l’alimentation (voir http://www.expomangersante.com/index.php/fr/) : rendre l’eau plus accessible par l’installation de fontaines et d’abreuvoirs partout, dans les parcs, les écoles et lieux publics. Simple, peu couteux et efficace !

Personnellement, je suis en faveur d’une taxe (voir Une taxe sur la malbouffe ?), mais cette taxe ne doit pas toucher uniquement les boissons. Elle doit s’appliquer directement aux ingrédients nocifs. Par exemple, si l’état imposait une taxe importante sur le sucre (pour que son prix soit multiplié par 5 ou 10), celui-ci et les aliments qui en contiennent deviendraient des aliments de luxe. Les fabricants seraient dans l’obligation de réduire les quantités dans les produits finis pour rester compétitifs. Il ne serait ainsi plus possible d’offrir des super size économiques et des boissons gazeuses à volonté, ni de vendre les formats de 2 litres de boissons gazeuses moins cher que le litre de lait ou de vrai jus. Pour garder des prix accessibles, les industriels seraient aussi forcés de réduire la quantité de sucre dans les céréales, biscuits, repas préparés et autres.

Pour qu’une taxe ait un effet sur la consommation, il faut d’une part qu’elle soit suffisamment importante pour forcer un changement significatif du prix de vente et, par le fait même, des habitudes de consommation et, d’autre part, que les revenus générés soient appliqués à l’éducation et à l’accessibilité de la bonne alimentation. Qu’arriverait-il si les breuvages santé se vendaient moins cher que les boissons gazeuses ?

Par contre, je ne vois pas de sitôt nos décideurs avoir la force et la volonté politique de s’opposer aux puissants lobbys alimentaires.

Jean-Yves Dionne, Pharmacien, expert conseil en produits de santé naturels www.jydionne.com Franchement Santé

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Commentaires
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(IP:xxx.xx4.93.80) le 24 décembre 2012 a 17H29
 (Visiteur)

Je crois que ceux qui veulent des taxes sur les boissons gazeuses n’ont rien compris à ces produits (sucres, sel, cigarettes, marijuana) ces produits sont des drogues et le consommateur drogué va accepter de payer un soda plus cher que l’équivalent bio et pour ce faire il va moins consommer dans d’autres domaines (éducations ou soins des enfants par exemple)

Ensuite je crois que donner plus d’argent au gouvernement est une très mauvaise idée.