Voilà un double nom qui dit bien ce qu’il veut dire.
Complément : il s’agit d’apporter quelque chose qui manque ou tout au moins n’est pas assez abondant.
Alimentaire : cet apport se fait dans le domaine de la nutrition. Un complément alimentaire n’est pas un médicament, il apporte à l’organisme certains nutriments qui font de toute façon partie de lui et doivent se trouver dans les aliments. En toute sécurité, car en France fabrication et commercialisation des compléments alimentaires sont très encadrées, quantitativement pour éviter les surdosages et qualitativement*.
Les compléments alimentaires font partie de la micronutrition.
VRAI. Les micronutriments, vitamines, minéraux, métalloïdes comme cuivre, fer, etc., sont indispensables au bon fonctionnement de l’organisme, mais en quantités infimes, d’où le préfixe micro. La macronutrition concerne les nutriments, protéines, lipides et glucides que nous absorbons en quantités plus importantes.
L’alimentation moderne cause des carences.
VRAI. « La culture intensive a appauvri les sols en nutriments, donc les productions agricoles » précise Fabien Galtier, diététicien. Des études remontant pour certaines à 1940 ont montré que ces pertes peuvent aller jusqu’à 75 % ! À cela s’ajoutent nos nouvelles et mauvaises habitudes alimentaires laissant trop de place aux produits hors saison, aux aliments industriels et aux « calories vides », vides de micronutriments, mais riches de conséquences sur le poids ! Il s’agit souvent de subcarences, pouvant entraîner des dysfonctionnements, plutôt que de vraies carences risquant de déboucher sur une maladie (exemple le scorbut, dû à une carence en vitamine C). Mais à la longue elles peuvent devenir dangereuses.
L’âge ne joue aucun rôle.
FAUX. À partir de 50 ans, l’organisme métabolise moins bien les micronutriments dont les besoins restent les mêmes. « Chez la femme, explique le Pr A.-M. Roussel, le stress oxydatif augmente à la ménopause avec déficit de certains minéraux et vitamines. » Déficit qui peut exister aussi chez la femme enceinte (avec risques pour le fœtus) ou allaitante, chez le jeune à la croissance, et même chez le nourrisson.
Tout le monde devrait se complémenter.
VRAI. En fait, tout le monde relève plus ou moins de la complémentation, facteur important de prévention à toutes les périodes de la vie. Soit pour des périodes ponctuelles, pour aider l’organisme (rentrée, préparation au soleil, pratique intensive d’un sport, grossesse, examens, etc.) ; soit en quasi continu quand l’âge vient, que l’on mange moins pour éviter le surpoids ou encore que l’assimilation se fait moins bien.
Pour se complémenter, il faut demander conseil.
VRAI. Et votre interlocuteur privilégié dans ce domaine est votre pharmacien. Il saura tenir compte des médicaments que vous prenez (les interactions négatives sont rares, mais la prudence s’impose), de vos habitudes alimentaires, de votre âge et de vos besoins. N’hésitez pas à lui demander conseil.
Aude Breton
Numéro Novembre 2011
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