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Boire un petit coup...
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3 mai 2013 | 2 commentaires
Auteur de l'article
Véronique Van den Bossche, 18 articles (Conseillère en nutrition)

Véronique Van den Bossche

Conseillère en nutrition
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Boire un petit coup...

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Avec une moyenne de 70 kcal par verre, le vin – qu’il soit rouge, blanc ou rosé - présente-t-il un intérêt ou un danger pour la santé et le poids ? Faut-il le bannir de table ou de sa vie sociale ? Pour répondre à ces questions, on va se la jouer façon avocat de la défense tout d’abord…

Tout est parti d’un constat : malgré une alimentation riche en graisses saturées, les Français ont moins de maladies coronariennes que leurs voisins des pays nordiques ou des Etats-Unis. C’est le fameux French paradox. Selon une récente étude publiée dans le New England Journal of Medicine, l'effet antiradicalaire recherché par le régime méditerranéen est présent uniquement si le vin rouge fait partie intégrante du régime et est consommé au cours du repas, un résultat qu’il conviendra bien entendu de reproduire dans d’autres études à plus grande échelle.

Côté antiradicalaire, saluons les polyphénols du raisin qui, associés à l’alcool issu de la fermentation, confèrent au vin des vertus intéressantes, en particulier pour le système cardiovasculaire. La combinaison des deux a des effets vasodilatateurs, anti-agrégeants et anti-oxydants. Parmi ces polyphénols, le resvératrol suscite un intérêt énorme pour la santé. En laboratoire, il bloquerait la prolifération des cellules malignes dans certains cancers chez la souris. Et, in vitro, il ralentirait la mort cellulaire dans les maladies neurodégénératives de type Alzheimer. Dans le vin, les teneurs en resvératrol varient selon le cépage notamment, le vin rouge en contenant le plus, car il fermente avec la peau du raisin, là où se concentre le resvératrol.

Place maintenant à l’accusation…
Tout le monde le sait, l’alcool consommé en excès peut mener à la dépendance et, selon les statistiques, il serait impliqué dans 30 % des accidents mortels sur la route. De nombreuses études ont montré que, même en faible quantité, il augmente le risque de cancers (bouche, œsophage, foie…), une affirmation à nuancer pour le vin rouge pour lequel une consommation modérée et régulière serait associée à une diminution du risque de mortalité par cancers. Une chose est sûre, tous les alcools sont toxiques pour le fœtus. Futures mamans, c’est donc le moment d’opter pour les cocktails sans alcool !
Parmi les autres ‘trouble-fêtes’, mentionnons également le dioxyde de soufre (SO2), additif chimique qui aide à la conservation du vin, qui peut déclencher des manifestations d’intolérance (maux de tête, nez qui coule, démangeaisons…). Ou encore, les pesticides, souvent utilisés pour lutter contre les maladies de la vigne et soupçonnés d’être cancérogènes et toxiques pour la reproduction et le système nerveux. Les vignobles consomment 20 % des produits phytosanitaires alors qu’ils ne représentent que 3 % de la surface agricole. Fatalement, on en retrouve la trace dans le vin… sauf dans le bio !

D’ailleurs, parlons-en du bio ! En moyenne, votre bouteille contient les résidus de quatre pesticides différents, c’est du moins ce que démontre une étude de 2008 coordonnée par Pesticide Action Network Europe menée en France, en Allemagne et en Autriche. Quarante vins ont été testés dans ces trois pays, trente-quatre vins conventionnels et six vins bio. Tous les vins conventionnels contiennent des résidus de pesticides dont certains sont cancérigènes possibles ou probables, toxiques pour la reproduction, perturbateurs sur le plan endocrinien ou neurotoxiques ! Seul vin exempt de tout soupçon : le vin bio !

Précisons-le de suite : ce n’est pas le vin qui est bio, mais le raisin dont il est issu. Il n’existe pas, pour l’instant, de cahier des charges fixant des règles de vinification. Les vins Demeter et Biodyvin respectent des normes privées, basées sur les principes de la biodynamie. Si tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a d’excellents vins conventionnels et de mauvais vins bios et biodynamiques, les avis divergent sur une hypothétique supériorité générale des vins biodynamiques sur les conventionnels et sur les vins bios, pourtant, selon Pierre Guigui, auteur du guide Gault et Millau des vins 2009, « les vins bio représentent moins de 2 % du total de la production, mais ils sont en tête de classement dans tous les guides ».

En conclusion de cette plaidoirie, on pourrait avancer que la balance bénéfice/risque penche en faveur du vin. Sans aller jusqu’à recommander de se mettre à la boisson, on peut dire qu’on tire le meilleur parti du vin lorsqu’il est rouge, si possible bio, et surtout, consommé à doses raisonnables ! L’Organisation mondiale de la santé considère qu’au-delà de deux verres de 10 centilitres par jour pour une femme, trois verres pour un homme, les effets négatifs l’emportent. Donc, buvez peu, buvez bien et sachez savourer chaque gorgée. Tchin-tchin !

Véronique Van den Bossche - Conseillère en nutrition - Des Saveurs et d'Essences
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Commentaires
0 vote
par parkway (IP:xxx.xx8.172.133) le 3 mai 2013 a 14H36
parkway (Visiteur)

"Fatalement, on en retrouve la trace dans le vin… sauf dans le bio !"

faux, non ?

la mention "contient des sulfites" est présente aussi sur le vin "bio"

le vrai vin bio doit être rare et cher...

2 votes
(IP:xxx.xx4.194.145) le 3 mai 2013 a 15H18
 (Visiteur)

Comme je l’indique dans cette phrase, on retrouve la trace de pesticides dans le vin. Les sulfites ne sont, eux, pas des pesticides et sont ajoutés en cave afin de permettre une meilleure conservation des vins. Même si le vinificateur n’en a pas apporté, les levures au cours de la fermentation alcoolique produisent des quantités non négligeables de SO2 (environ 10 à 30 mg/litre), qui obligent généralement à l’étiquetage de cet allergène majeur. Le SO2 est donc avant tout un conservateur, un antiseptique, qui permet au vinificateur de maîtriser la flore microbienne du vin. Mais le SO2 est également un antioxydant qui s’interpose dans les mécanismes d’oxydation chimique lente du vin par son contact avec l’oxygène de l’air. Il prévient ainsi la détérioration de la qualité de l’arôme et l’apparition de l’évent.