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Bien vieillir en mangeant mieux
Bien vieillir en mangeant mieux
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13 août 2013
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Gorgé Marianne, 4 articles (Rédacteur)

Gorgé Marianne

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Bien vieillir en mangeant mieux

Bien vieillir en mangeant mieux

Chez les séniors, de nombreuses disparités existent quant au vieillissement, qu’elles soient génétiques ou environnementales. L’alimentation a notamment un rôle crucial dans le bien vieillir. Voici les problèmes que peuvent rencontrer les séniors et quelques conseils pour rester en bonne santé le plus longtemps possible.

Les différences chez les séniors

On peut séparer les séniors en deux groupes distincts par rapport à leur âge : les « jeunes séniors », aux alentours de la soixantaine, chez qui une bonne alimentation a un rôle préventif quant à la survenue de pathologie, et celui du quatrième âge, pour lesquels la préoccupation majeure est de prévenir la dénutrition.

Cependant, l’âge de la personne ne saurait être le seul critère discriminant une population de séniors. En effet, pour juger de la qualité de leur vieillissement, les gériatres et gérontologues ont défini trois catégories chez les plus de 60 ans (1) : le vieillissement “réussi”, sans pathologie, avec peu de risques d’en développer et une grande autonomie ; le vieillissement “normal” sans pathologie mais avec des risques d’en développer ; le vieillissement “pathologique” marqué par de nombreux facteurs de risques, des pathologies et/ou des incapacités installées très tôt

La perte du goût et de l’odorat

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles le régime alimentaire des séniors change. Le déclin progressif du goût et de l’olfaction modifie la capacité à percevoir les caractéristiques organoleptiques des aliments. Ainsi les séniors vont avoir davantage tendance à manger des aliments forts en goût. Cette diminution peut aussi entraîner une perte de l’appétit en diminuant le plaisir associé à l’ingestion des aliments.

Le changement des habitudes de vie

L’âge avançant, certains séniors peuvent avoir des difficultés à faire leurs courses, d’où des approvisionnements moins fréquents, avec des denrées moins périssables. La variété alimentaire diminue alors. Ils ont également souvent des capacités masticatoires réduites, ce qui les conduit à réduire leur consommation de fruits et légumes. Enfin, face à la solitude et à la monotonie, l’appétit de la personne âgée diminue. D’après l’étude Solinut réalisée dans la Drôme en 2001, 43 % des sujets de plus de 70 ans ont des apports énergétiques insuffisants, sans être conscients du problème (2). Or, plus l’âge avance, plus la dénutrition atteint les séniors. Cela peut avoir des conséquences très graves, en effet les deux tiers des plus de 75 ans non malades mais dénutris meurent dans les cinq ans (3).

Quelques conseils

Avant toutes choses, l’alimentation doit rester un plaisir. Veillez donc a ce que les plats préparés soient variés et appétissants. Si possible, faire en sorte que le repas soit un moment convivial et d’échanges.

Les apports

La majorité des séniors pense que leurs besoins nutritionnels sont faibles car ils font peu de sport. En réalité, ils ont un métabolisme de base qui augmente, surtout dans les cas de pathologies, et des mécanismes d’absorption des nutriments moins efficaces. Il est donc important que la personne âgée ne diminue pas sa ration alimentaire. Par exemple, les besoins en protéines chez le sujet âgé sont de 1g/kg/j alors qu’ils sont de 0,7 à 0,8g/kg/j pour un adulte jeune (4). Or, les séniors ont tendance à considérer que leurs besoins en protéines sont plus faibles. Cela conduit à une perte progressive de la masse musculaire au profit de la masse graisseuse. A terme, cette perte musculaire mène à une pathologie appelée sarcopénie, qui touche 30 % des personnes de plus de 80 ans (5). La santé musculaire est particulièrement importante chez les seniors car les risques de chutes et de fractures sont fortement augmentés en cas de fragilité musculaire. Dans les cas de fonte musculaire importante, une supplémentation en citrulline - un acide aminé stimulant la synthèse protéique chez les séniors - peut-être une solution intéressante.

Les apports en calcium (trouvé dans les produits laitiers) et vitamine D (trouvée dans les poissons gras et synthétisé par la peau sous l’action du soleil) doivent être également surveillés pour lutter contre la déminéralisation osseuse et l’ostéoporose.

Le sport

L’activité physique est très importante chez les personnes âgées, même si ce sont des exercices simples. La pratique de 30 minutes par jour 5 fois par semaine est recommandée par l’OMS. Cela peut-être sous forme de marche, vélo, tâches ménagères etc. selon la capacité de la personne. Cette activité permet de stimuler la synthèse protéique, freiner la déminéralisation osseuse, réduire la fréquence des maladies cardiovasculaire, ainsi que diminuer la graisse abdominale et la tension artérielle. De plus, pratiquée en milieu de matinée ou d’après-midi, elle stimule l’appétit pour le repas suivant.

Marianne GORGE

SOURCES

  • 1.            Rowe JW, Kahn RL. Successful aging. Gerontologist. août 1997;37(4):433440.

    2.            Ferry M, Sidobre B, Lambertin A, Barberger-Gateau P. The SOLINUT study: analysis of the interaction between nutrition and loneliness in persons aged over 70 years. J Nutr Health Aging. août 2005;9(4):261268.

    3.            Cruz-Jentoft AJ, Baeyens JP, Bauer JM, Boirie Y, Cederholm T, Landi F, et al. Sarcopenia: European consensus on definition and diagnosis: Report of the European Working Group on Sarcopenia in Older People. Age Ageing. juill 2010;39(4):412423.

    4.            Cynober L, Alix E, Arnaud-Battandier F, Bonnefoy M, Brocker P, Cals M-J, et al. Apports nutritionnels conseillés chez la personne âgée. Nutr Clin Métabolisme. sept 2000;14, Supplement 1:360.

    5.            Boirie Y. Physiopathological mechanism of sarcopenia. J Nutr Health Aging. oct 2009;13(8):717723.

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