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Avez-vous triché pendant le temps des Fêtes ? Ou pendant le reste de l’année ?
Avez-vous triché pendant le temps des Fêtes? Ou pendant le reste de l'année?
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2 janvier 2012
Auteur de l'article
Maxime St-Onge, 27 articles (Kinésiologue)

Maxime St-Onge

Kinésiologue
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Avez-vous triché pendant le temps des Fêtes ? Ou pendant le reste de l’année ?

Avez-vous triché pendant le temps des Fêtes? Ou pendant le reste de l'année?

La saison de la tricherie où l’on se gave afin de mieux tenter de se déculpabiliser dès janvier. Personnellement, j’ai beaucoup de difficultés avec le terme « tricher », car en aucun cas il ne s’applique à des apports alimentaires. Mais voyons, qui ne se permet pas une journée de triche où l’on peut déroger de la rigidité de son plan alimentaire ? Qui ne se permet pas (habituellement le samedi) de manger exactement ce dont il a envie (ce qui se résume à pizza, gâteau au fromage, alcool, etc.) ? Nous sommes humains, nous avons besoin d’une journée de triche !

Si c’est le cas, je me vois dans l’obligation de quitter le club de la race humaine dès janvier prochain (je n’ai pas encore choisi mon club, je demeure ouvert aux propositions en attendant d’exiger d’être échangé).

Commençons par définir ce qu’est tricher (directement du dictionnaire d’Antidote) :

TRICHER : Enfreindre les règles du jeu sans attirer l’attention, généralement dans le but de gagner. Tricher au jeu, Il a triché, il a regardé mes cartes.

[Par extension] enfreindre certaines règles ou conventions en prétendant les respecter. Élève qui triche à une interrogation.

Tricher sur : mentir sur (une des ses caractéristiques). Elle triche sur son âge. Tricher sur son poids

Agir de mauvaise foi, être hypocrite.Tricher en affaires. On ne triche pas avec lui. Vous ne pouvez pas continuer à tricher avec votre maladie.

 Cacher un défaut dans la confection d’un produit par un moyen habile. On a triché un peu sur la couture.

La grande majorité des gens qui utilisent le terme « tricher » lorsqu’ils parlent d’écarts nutritionnels sont engagés dans un processus de perte de poids. Leur objectif est donc d’améliorer leur composition corporelle que ce soit des athlètes en fitness ou bien tante Gertrude. Ce qui m’échappe, c’est qu’en quoi s’autoriser à se gaver rencontre l’une ou l’autre des définitions présentées ci-haut ? Tricher en perte de poids, c’est faire usage de moyens détournés pour arriver à ses fins : prendre des produits dopants, prendre une hypothèque en chirurgie esthétique, etc. Selon l’ensemble des définitions de tricher, manger à outrance ne constitue pas un acte de tricherie, seulement une façon de s’éloigner de ses objectifs.

Dans le milieu du fitness (et de la perte de poids), il est pratiquement coutume de se « permettre une journée de triche » afin de ne pas arrêter de vivre. C’est là qu’il y a un problème majeur. Votre rythme de vie devrait favoriser une composition corporelle optimale et ne devrait pas vous « obliger » à déroger de la stratégie choisie afin « de ne pas arrêter de vivre ».

Vous pouvez manger ce que vous voulez, quand vous voulez ce qui vous donnera des résultats proportionnellement conséquents. Si votre plan alimentaire vous demande autant d’effort, de sacrifice et de souffrance, il est fort probable que vos objectifs soient très mal définis. Vous voulez avoir le physique de Georges St-Pierre, mais ne pas faire la même chose que lui parce que c’est trop difficile. Il n’y a pas de passe-droit dans l’univers de la composition corporelle (sauf pour ceux et celles qui trichent vraiment), vous aurez des résultats proportionnels à ce que vous faites.

La raison pour laquelle j’ai tant de difficulté avec la notion de tricherie en lien avec la nutrition n’est pas seulement une question de sémantique, c’est plutôt qu’elle va à l’encontre du principe fondamental du changement et qu’il s’agit d’un facteur de risque important pour développer des troubles de comportements alimentaires.

Encore une fois, on a tendance à fonctionner à l’envers. Une personne souhaitant réellement changer sa composition corporelle organise et oriente sa vie de façon à générer des adaptations positives (perte de masse grasse, gain de masse musculaire, meilleure estime de soi, etc.). Ces adaptations sont le résultat, ou la conséquence, des actions entreprises au niveau de la balance énergétique (énergie in, énergie out) et de l’intervention. La satisfaction doit se situer davantage au niveau du changement que de la soi-disant « récompense alimentaire » d’une journée de triche. La gratification, la satisfaction, le plaisir, la fierté ou tout autre sentiment positif doit prendre racine dans l’action, dans les efforts mis de l’avant pour changer et non pas dans la facilité de la « tricherie ».

J’aime bien utiliser l’analogie suivante pour expliquer le phénomène de « triche ». Imaginez un fonctionnaire, blasé, dépressif qui déteste son emploi, haït son patron, ne peut pas sentir ses collègues et qui rentre de peine et de misère au travail. Chaque jour est une corvée pénible et souffrante. Seule lueur d’espoir, l’arrivée tant souhaitée de la fin de semaine ou les deux maigres jours de répit lui permettront d’oublier momentanément ses souffrances. La fiesta de la fin de semaine ne suffira jamais pour rendre heureux notre fonctionnaire dépressif. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne soit médicamenté et éventuellement retiré de son milieu de travail. Au lieu de vivre un sentiment de soulagement, la souffrance de la haine pour son travail se métamorphosera en sentiment de culpabilité et d’échec. Je n’ai pas été à la hauteur se dira-t-il probablement.

La ou les journées de gavages qui permettent un soi-disant répit de la « diète du quotidien », ne changeront pas votre réalité. En fait, ces journées risquent fortement de renforcer l’association du bien-être avec l’ingestion de certains aliments en grande quantité. Je suis bien quand je peux manger de la pizza avec mes ami(e)s, quand je peux boire du vin au restaurant, etc. Je ne suis pas bien quand je mange au quotidien, quand je m’entraîne, car je souffre. En fait, ce n’est pas le cas. On se créer se milieu émotico-nutritionnel positif comme on se créer un milieu émotico-nutritio-actif négatif. On associe restriction désagréable, à entraînement souffrant, à réussite de changement de composition corporelle.

Pour certains et certaines, ça fonctionne. Comme certaines personnes doivent détester leur emploi pour pouvoir apprécier la fin de semaine. Pourtant, il existe des gens qui adorent leur emploi et peuvent également pleinement profiter de la fin de semaine et de leurs vacances. Comme certaines personnes peuvent respecter une stratégie nutritionnelle et une planification d’entraînement avec plaisir et dévouement tout en appréciant la bonne bouffe (pour autant que la stratégie soit intelligemment conçue).

La vraie tricherie selon moi, réside dans l’hypocrisie. L’hypocrisie et l’imposture de présenter une composition corporelle en ayant fait usage de produits dopants symbolise pour moi le fléau de toute une industrie. L’image n’est pas le changement, les actes le sont. Le chemin parcouru doit être la fierté et doit symboliser l’image de la réussite. Un millionnaire ayant gagné au loto n’a pas la même valeur à mes yeux que le millionnaire parti de rien et ayant monté un empire.

Comme nous sommes dorénavant en 2012, il est d’usage de transmettre les meilleurs vœux. Je ne vous souhaite pas santé et bonheur, ce serait trop facile.

Je vous souhaite de vous prendre en main de façon intelligente.

Je vous souhaite de vous intéresser à ce que vous faites

Je vous souhaite de commencer à comprendre ce que vous faites

Je vous souhaite d’être honnêtes envers vous-même et envers les autres

Enfin, à tous les athlètes de fitness, je vous souhaite d’être vous-mêmes et d’être sereins avec les choix que vous avez faits et que vous allez faire. Je vous souhaite surtout d’assumer pleinement et ouvertement vos choix.

Maxime St-Onge, Phd
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