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Arrêter le gluten, une solution de facilité ?
Arrêter le gluten, une solution de facilité ?
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7 juillet 2014 | 3 commentaires
Auteur de l'article
Ariane Grumbach, 21 articles (Diététicienne - nutritionniste)

Ariane Grumbach

Diététicienne - nutritionniste
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Arrêter le gluten, une solution de facilité ?

Arrêter le gluten, une solution de facilité ?
Peut-être allez-vous trouver ce titre un peu provocant ou déplacé... Voici un billet un peu rapide, né d'un agacement, autour d'un sujet fort complexe sur lequel je reviendrai en détail à la rentrée.
 
Bien sûr, je ne parle pas des personnes chez qui l'on détecte une intolérance (et non allergie) au gluten, aussi appelée maladie coeliaque, qui n'ont d'autre choix que d'éliminer totalement et rigoureusement le gluten de leur alimentation. Ces personnes-là ne le vivent pas forcément bien, partagées entre le mieux-être ressenti (après parfois un long parcours pour arriver au diagnostic) et la difficulté de suivre ces règles au quotidien quand on doit manger à la cantine, au restaurant, chez des amis, faire les courses... Ils peuvent notamment trouver des infos via l'AFDIAG.
Je pense aux autres, les personnes qui soit ressentent un inconfort digestif réel, soit vont très bien mais pensent qu'elles iraient encore mieux sans gluten (j'avais parlé de cette graduation dans ce billet qui tentait de faire un point un peu synthétique sur le sujet).
L'inconfort physique
Les gastro-entérologues (une partie, du moins...) reconnaissent aujourd'hui qu'il existe, en dehors de la maladie coeliaque, ce qu'on appelle une hypersensibilité au gluten, qui crée un inconfort digestif mais qu'on ne détecte pas par les analyses traditionnelles.
 
Donc, pour l'instant, on incrimine le gluten, c'est une voie simple (en théorie, en pratique un peu moins, je le disais) d'avoir ainsi un seul coupable, et puis on en parle beaucoup dans les médias, donc on alimente la machine à incriminer. On y ajoute parfois (même souvent) le lait.
J'étais récemment à un colloque de l'Institut Pasteur à Lille et les premières études (insuffisantes pour tirer des conclusions) s'interrogeaient sur le rôle véritable du gluten dans cette hypersensibilité, vs peut-être certains "FODMAPS", composants fermentescibles, parmi lesquels les fructanes présents entre autres dans le blé. Il est très difficile et long d'avoir des résultats d'études car les protocoles sont très complexes si l'on veut être parfaitement rigoureux.
 
Et si on suspecte les FODMAPS dans son inconfort individuel (cette approche a clairement le vent en poupe en Amérique du Nord après l'Australie), il faut se lancer dans un protocole long prenant en compte beaucoup d'aliments pour savoir en fin de compte lesquels on supporte ou pas. Les patients n'ont pas forcément le courage de cette recherche au long cours et choisissent parfois l'abandon du gluten sans savoir si c'est vraiment le responsable.
Mais alors, direz-vous, comment expliquer que beaucoup de personnes qui arrêtent le gluten disent aller nettement mieux ? Cela prouve-t-il que la cause de leur inconfort était le gluten ? Quand on arrête le gluten, peut-être arrête-t-on de se gaver de baguette molle ou de pain de mie. Peut-être diversifie-t-on davantage son alimentation. Peut-être se met-on à cuisiner plutôt que d'acheter des plats préparés... Donc est-ce seulement l'arrêt du gluten qui crée le mieux-être ?
Et plutôt que d'arrêter le gluten en bloc, peut-être peut-on améliorer le gluten qu'on absorbe : ne pourrait-on pas rechercher des aliments pourvus de gluten mais qu'on arrive à digérer plus facilement, le pain notamment : le type de blé, de mouture, de farine, de fermentation, ... ont une influence et il y a pain et pain, gluten et gluten...
Par ailleurs, j'expliquais dans mon précédent billet qu'il ne fallait pas considérer les seuls aliments mais bien l'interaction, unique, entre les aliments et notre système digestif. Là encore, c'est un vaste domaine, encore en grande partie inexploré, auquel s'attaque la recherche. Mais on sait déjà le rôle de ce qu'on appelle désormais le microbiote intestinal : du point de vue des milliards de bactéries qui peuplent notre intestin, nous sommes tous différents dans ce domaine et il apparaît que le manque de diversité de cette flore bactérienne ou le manque de bactéries protectrices dans l'ensemble aurait une influence sur de nombreuses pathologies. Mais ce n'est probablement pas irréversible : les mécanismes ne sont pas encore expliqués mais il semble qu'avoir par exemple une alimentation variée, équilibrée, tende à améliorer la diversité bactérienne. Peut-être certains probiotiques aussi (mais pas tous et différemment pour chaque personne), c'est un sujet que je commence à creuser.
 
L'inconfort psychologique
 
Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de personnes qui arrêtent le gluten que celles qui ont un véritable inconfort. Même les chefs s'y mettent, argumentant que c'est tellement stimulant pour leur créativité. OK. Mais plus léger ? Meilleur au goût ? Pour ma part, je ne cesse de me régaler dans des restaurants AVEC, qui ne proposent pas forcément une cuisine lourde et insipide !
Car, plutôt que supprimer le gluten et penser que manger SAIN est forcément manger SANS (réécouter ma Minute Gourmande sur le sujet), on peut, si on en ressent le besoin, se poser, prendre du recul sur son alimentation, consacrer davantage de temps à faire les courses et à cuisiner, introduire davantage de variété et se faire du bien ainsi, sans forcément supprimer des catégories d'aliments.
Et surtout, se rappeler que CHAQUE PERSONNE EST UNIQUE, à elle de trouver le mode alimentaire qui lui convient, au-delà des modes et des modèles.

Je reviendrai sur ces sujets à la rentrée mais vos commentaires sont bienvenus dès maintenant.Peut-être allez-vous trouver ce titre un peu provocant ou déplacé... Voici un billet un peu rapide, né d'un agacement, autour d'un sujet fort complexe sur lequel je reviendrai en détail à la rentrée.

Bien sûr, je ne parle pas des personnes chez qui l'on détecte une intolérance (et non allergie) au gluten, aussi appelée maladie coeliaque, qui n'ont d'autre choix que d'éliminer totalement et rigoureusement le gluten de leur alimentation. Ces personnes-là ne le vivent pas forcément bien, partagées entre le mieux-être ressenti (après parfois un long parcours pour arriver au diagnostic) et la difficulté de suivre ces règles au quotidien…

Ariane Grumbach Diététicienne-nutritionniste
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Commentaires
0 vote
(IP:xxx.xx3.250.233) le 12 juillet 2014 a 03H58
 (Visiteur)

Oui votre titre est déplacé ,

En effet, comment pouvez-vous parler de la sorte ? Etes-vous chercheur, biologiste, médecin analyste ?? le gluten est de la COLLE et bloque le passage des bons nutriments au niveau de l’intestin c’est incontestable d’où quand bien même vous mangez varié sain équilibré votre corps ne reçoit plus les apports nutritionnels à son fonction basal. D’ailleurs, comment expliquez vous alors qu’on soit carencé en mangeant de tout et bien ? Bref à contrario de ceux qui surfe sur la vague du NO GLUTEN vous surfez sur son contraire. Moi même je reviens de loin ,,,, suis suivie par UN MEDECIN HOMEOPATHE DERMATOLOGUE NUTRITIONNISTE et elle m’a sorti de mon ’agonie’. Je vous invite à consulter les conférences du DOCTEUR HEUREUX célèbre chirurgien cancérologue qui parle du problème du lait de vache , il vous expliquera comment avoir un cerveau de veau et finir avec une maladie d’ALZHEIMER ,,,, Voilà moi mon humeur c’est de dire pourquoi faut-il toujours des détracteurs ?

1 vote
par ariane (IP:xxx.xx2.120.114) le 12 juillet 2014 a 09H04
ariane (Visiteur)

Bonjour, vous ne semblez pas avoir saisi le côté provocant du titre et vous avez peut-être lu un peu vite, je ne dis pas que le gluten n’est pas en cause mais ce n’est pas toujours lui et c’est très complexe. Par ailleurs, on peut consommer des aliments contenant du gluten et être en bonne santé durablement, chaque personne est différente. Je ne surfe sur aucune vague pour ou contre, je lutte contre les simplifications ou généralisations, vous devriez lire mon billet sur la "voie du milieu" http://ariane.blogspirit.com/archiv.... Enfin, vérifiez vos sources, je suppose que vous voulez parler du Pfr Joyeux. Bonne journée

0 vote
par France19 (IP:xxx.xx9.64.194) le 20 août 2014 a 22H14
France19 (Visiteur)

Le gluten n’est pas seulement nocif pour l’intestin et la digestion, il est aussi et surtout nocif pour le système nerveux.

Les aliments premier âge pour bébé sont depuis plus de 30 ans proposés en version "sans gluten" . Quand j’ai eu mon premier bébé, il y a 33 ans, j’ai vu en pharmacie nombre de préparations "sans gluten" pour les bébés. Après renseignement auprès de mon pharmacien, j’ai appris que le gluten pouvait chez certains bébés, provoquer des maladies neurologiques pouvant entraîner des séquelles irréversibles ou même la mort du nourrisson. Je n’imaginais pas alors que le gluten pouvait être nocif, à moindre degré, sur de très nombreuses personnes.

La suppression du gluten et des produits laitiers a résolu les problèmes d’insomnies, de nervosité et d’agressivité chez mon fils alors âgé de 8 ans, et elle a permis à mes 3 enfants d’améliorer considérablement leurs résultats scolaires en quelques 4 semaines. La reprise d’un produit laitier se soldait toujours par un vomissement ou un désordre ORL, tandis que la reprise ponctuelle de gluten, sous forme de pain ou pâtes, se soldait toujours par une crise de nervosité et/ou un état dépressif (pleurs continuels sans raison)

Les parents d’enfants hyperactifs, autistes, ou atteints d’un quelconque trouble du comportement, feraient bien d’essayer un régime type Seignalet, sans produits laitiers ni gluten. Les heureux parents d’enfants sans problèmes aussi, car ce régime permet d’améliorer les performances intellectuelles de leurs chers bambins d’une manière spectaculaire.