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Alimentation et nutrition à l’hôpital : questions au coordinateur du CLAN central de l’AP-HP
Alimentation et nutrition à l'hôpital : questions au coordinateur du CLAN central de l'AP-HP
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24 avril 2012
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Alimentation et nutrition à l’hôpital : questions au coordinateur du CLAN central de l’AP-HP

Alimentation et nutrition à l'hôpital : questions au coordinateur du CLAN central de l'AP-HP

Le 29 mars dernier a eu lieu la journée du CLAN central de l’AP-HP, dix ans, jour pour jour, après la signature de la circulaire recommandant la mise en place d’un Comité de Liaison Alimentation et Nutrition dans chaque établissement de santé. L’occasion de revenir sur cette structure avec le Dr Jean-Fabien Zazzo, médecin anesthésiste-réanimateur et coordinateur du CLAN central.

Qu’est-ce qu’un CLAN ?

Un CLAN, Comité de liaison alimentation et nutrition, est une structure hospitalière transversale qui a pour but de réunir tous les professionnels concernés parl’alimentation et la nutrition clinique : médecins, diététiciens, pharmaciens, infirmiers, aides-soignants, personnels de restauration et représentant de l’équipe de direction. Jusqu’à l’année dernière, il y avait un CLAN local par site hospitalier au sein de l’AP-HP. Depuis le regroupement en groupes hospitaliers (GH), il y en a désormais un par GH, mais des relais existent sur chaque site. Ils sont coordonnés par le CLAN central de l’AP-HP dont le rôle est, entre autres, de faciliter le passage des requêtes des CLAN vers les différentes instances dirigeantes. Veiller à l’amélioration de l’état nutritionnel des patients, grâce à la sensibilisation des professionnels de santé, aux formations et à la rédaction de recommandations, de protocoles et de procédures que l’on diffuse, tel est le but d’un CLAN, qui est un véritable agitateur d’idées.

Dans quel contexte sont nés les CLAN ?

Les CLAN trouvent leurs origines dès les années 1995, à la suite d’une réflexion menée par les Prs Bernard Guy-Grand et Claude Ricour qui étaient alors respectivement chef du service nutrition de l’hôpital Hôtel-Dieu (AP-HP) et chef du service de gastroentérologie et nutrition à l’hôpital Necker-Enfants malades (AP-HP). Cette réflexion s’est faite à la suite d’un rapport sur l’état de la restauration hospitalière demandé par Philippe Douste-Blazy, le ministre délégué à la Santé de l’époque. Ils ont pu constater que l’alimentation était considérée comme une partie négligeable de la prise en charge du malade. L’organisation de l’offre alimentaire n’était pas optimale et ne répondait pas toujours aux besoins du patient, que ce soit au niveau de la qualité ou des horaires des repas. Pourtant, une bonne nutrition est indispensable à la guérison, à la cicatrisation et à la lutte contre les infections. C’est dans ce contexte qu’ont été mis en place les CLAN au sein de l’AP-HP. Ensuite est arrivé le premier Plan national nutrition santé (PNNS).

Grâce à ce plan, au CNANES (Comité en charge des problèmes nutritionnels dans les établissements de santé) et à l’impulsion donnée aux CLAN, la dénutrition, jusque-là sous-estimée, a été reconnue comme étant un problème majeur de santé publique. C’est beaucoup plus fréquent que l’obésité. Près d’un patient hospitalisé sur deux est concerné. D’ailleurs, la détection des troubles nutritionnels figure parmi les quatre items sur lesquels les hôpitaux sont jugés et notés selon les indicateurs IPAQSS (indicateurs pour l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins) de la Haute Autorité de Santé (HAS).

Quels sont les objectifs du CLAN qui ont été atteints et quels sont ceux à poursuivre ?

Il faut réussir à maintenir ce qui a été mis en place et faire en sorte que la garde ne soit pas baissée vis-à-vis des problèmes liés à l’alimentation, et ce, malgré les contraintes budgétaires actuelles. Les informations sur l’état nutritionnel des patients sont de plus en plus souvent mentionnées dans les dossiers des patients, les bonnes pratiques de prise en charge sont diffusées et surtout elles sont mieux appliquées qu’il y a 10 ans. Il faut continuer à faire en sorte que les professionnels d’horizons divers se réunissent pour discuter de la prévention, de l’identification et de la prise en charge des troubles nutritionnels pour chaque patient. Tout cela progresse, les indicateurs de la HAS le montrent. Il faut désormais poursuivre l’optimisation de l’offre alimentaire et développer le contenu des formations initiales médicales et paramédicales. Pour le moment, des formations continues existent, mais elles ne sont pas obligatoires. Il y a également des pistes d’amélioration à explorer, en particulier le renforcement des liens entre l’hôpital et la ville.

Charlène Catalifaud

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Nutrition Hôpital