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Red wine attitude : un verre pour la santé
Red wine attitude: un verre pour la santé
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4 décembre 2008 | 7 commentaires
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Rim, 51 articles (Medecin)

Rim

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Red wine attitude : un verre pour la santé

Red wine attitude: un verre pour la santé

La consommation d’alcool est à l’heure actuelle très mal perçue. Cependant, la consommation de vin rouge est bénéfique pour la santé ( avec modération bien entendu). Le point sur tous les effets préventifs et curatifs du vin.

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Consommé avec modération, le vin rouge, c’est bon pour la santé !

Le vin, c’est mettre des mots sur des sensations... [Plume Latraverse] Extrait de Contes gouttes ou le pays d’un reflet

La désinformation autour de la consommation d’alcool

La consommation de vin des français semble avoir chuté de 50% durant les 30 dernières années. Selon un sondage récent, 51% des personnes interrogées considèrent le vin comme le 2ème produit à risque pour la santé, après la charcuterie. Pour Dr Philippe BATEL (Psychiatre, alcoologue et écrivain français), le passage à l’alcoolo-dépendance observé dans la société est avant tout lié à une consommation précoce associée à une recherche de l’ivresse et de la défonce. (Revoir JT 20h, France 2, 29 novembre 2008).


Après l’hystérie hygiéniste du pain qui fait grossir, le saumon d’élevage qui fait courir des risques de cancer, les 1.5 litres d’eau au minimum à consommer dans la journée, ces campagnes basées sur la peur, peu de temps après leur lancement, ont du revoir et modifier leurs recommandations. Le pain est bénéfique pour la santé et ne fait plus grossir, le saumon protège nos artères et nos cellules, consommer de l’eau doit avant tout répondre aux demandes de l’organisme, le tout, bien évidemment, avec modération. Il en est de même pour les 5 fruits et légumes à consommer au quotidien (message absurde car consommer chaque jour 4 bananes et une tomate fait courir avant tout un risque de surpoids). Cette même stratégie de « peur » a aujourd’hui jeté ses griffes sur le vin, dans une campagne de lutte contre l’alcoolisme et ses risques pour la santé physique et mentale. Ce qu’on omet de dire (ou qu’on n’ose pas dire), c’est que le terme alcool est très vaste, mettant sur un même piédestal le meilleur Bordeaux et l’alcool frelaté à 70% d’alcoolémie.

Consommé avec modération, le vin a un effet bénéfique sur la santé

Plus de 30 années de recherches menées dans différents pays et sur divers groupes ethniques, ont démontré le rôle de l’alcool dans la protection des maladies coronariennes ainsi que la réduction de la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires. En effet, chez des sujets suivant un régime alimentaire sain et équilibré, le risque d’infarctus du myocarde est nettement diminué dans le groupe qui consomme du vin avec modération que dans le groupe non consommateur de vin.

Le vin comporte quelques 500 éléments différents, dont l’éthanol et les polyphénols. L’action cardio-protectrice du vin s’observe à plusieurs niveaux :

Polyphénols du vin ont une action :
- Anti-oxydante.
- Anti-inflammatoire.
- Augmentent le taux du HDL (bon cholestérol).
- Diminuent l’agrégation plaquettaire au niveau de la paroi des vaisseaux.
- Jouent un rôle vasculo-protecteur (observé au niveau des grosses et des petites artères).

Actions qui se traduisent par une réduction du risque athéromateux et thrombo-embolique.
- Vasodilatation.
- Diminution de la pression artérielle.
Ce qui se traduit par une meilleure perfusion du cœur et du cerveau.
- Sensibilisent les cellules à l’action de l’insuline.

L’éthanol quant à lui agit à plusieurs niveaux :
- Sur les lipides en augmentant le métabolisme hépatique et la synthèse du HDL (bon cholestérol).
- Joue un rôle sur l’hémostase.
- Action anti-inflammatoire.
Ceci se traduit par une diminution du risque athéromateux et thrombo-embolique et une action cardio-protectrice.

Diminution de l’incidence du syndrome métabolique : le syndrome métabolique est caractérisé par un ensemble de facteurs de risque cardiovasculaires, tel que l’obésité, le taux bas du HDL (bon cholestérol), l’augmentation du taux des triglycérides, l’augmentation de la pression artérielle, la résistance tissulaire à l’insuline (diabète type 2) et l’intolérance au glucose.

Autres bénéfices :
- Protection contre les cancers, notamment le cancer de l’estomac et de la prostate, par l’action anti-oxydante des polyphénols présents dans le vin.
- Lutte contre le vieillissement cérébral : la consommation d’un verre de vin par jour ralentirait jusqu’à 85% le risque de démence chez la personne âgée et constitue une prévention de la maladie d’Alzheimer.
- Protection contre les cancers féminins, notamment le cancer du sein, contrairement aux autres alcools qui eux constituent un facteur de risque pour ce type de cancer.
- Effet cardio-protecteur chez les femmes ménopausées.
- Le vin rouge aurait un effet protecteur du cancer pulmonaire.
- Le vin rouge a un effet protecteur des parodontopathies.

Les campagnes d’information sur les risques de l’alcoolisme sur la santé sont sans doute à revoir. Considérer le vin comme un risque pour la santé, et le placer avant même le tabagisme, témoigne des failles dans le système d’information axé surtout sur l’interdiction-punition et l’idéal ascétique.

Omettre de parler des effets bénéfiques du vin en mettant ce produit dans le même panier que les alcools forts serait une désinformation, car toutes les études qui se sont intéressées à l’étude des effets du vin sur l’organisme humain ont vanté les bénéfices d’une consommation modérée sur la santé et la longévité.

A raison de 2 verres par jour, le vin rouge constitue une véritable arme contre les maladies cardiovasculaires, aussi bien sur un plan préventif que thérapeutique.

Il est temps que le vin ne soit plus considéré comme un produit dangereux pour la santé, associé aux alcools forts, mais comme un nutriment qui, consommé modérément et au même titre que les fruits et légumes, constitue une mine de bienfaits pour l’organisme.

Sources :

- Red wine polyphenols affect the collagen composition in the aorta after oxidative damage induced by chronic administration of CCl(4). Physiol Res. 2008 Jul 18
- Moderate wine consumption in the prevention of metabolic syndrome and its related medical complications. Endocr Metab Immune Disord Drug Targets. 2008 Jun ;8(2):89-98
- Red wine and cardiovascular risks. Arch Mal Coeur Vaiss. 2006 Dec ;99(12):1230-5
- Experimental evidence for the cardioprotective effects of red wine. Exp Clin Cardiol. 2007 Spring ; 12(1) : 5–10.
- Red wine, chocolate and vascular health : developing the evidence base. Heart 2008 ;94:821-823
- Resveratrol : a therapeutic promise for cardiovascular diseases. Recent Patents Cardiovasc Drug Discov. 2007 Jun ;2(2):133-8.
- Does white wine qualify for French paradox ? Comparison of the cardioprotective effects of red and white wines and their constituents : resveratrol, tyrosol, and hydroxytyrosol. J Agric Food Chem. 2008 Oct 22 ;56(20):9362-73.
- Red wine polyphenols improve endothelium-dependent dilation in rat cerebral arterioles. J Cardiovasc Pharmacol. 2008 Jun ;51(6):553-8
- Red wine might prevent Alzheimer’s disease. Moderate consumption could be a factor in reducing or slowing the incidence of AD. Health News. 2007 Jan ;13(1):7-8
- Moderate consumption of Cabernet Sauvignon attenuates Abeta neuropathology in a mouse model of Alzheimer’s disease. FASEB J. 2006 Nov ;20(13):2313-20
- Resveratrol promotes clearance of Alzheimer’s disease amyloid-beta peptides. J Biol Chem. 2005 Nov 11 ;280(45):37377-82. Epub 2005 Sep 14
- The red wine polyphenol resveratrol displays bilevel inhibition on aromatase in breast cancer cells. Toxicol Sci. 2006 Jul ;92(1):71-7. Epub 2006 Apr 11
- Combined resveratrol, quercetin, and catechin treatment reduces breast tumor growth in a nude mouse model. Transl Oncol. 2008 Mar ;1(1):19-27.
- Resveratrol-induced apoptosis is associated with activation of p53 and inhibition of protein translation in T47D human breast cancer cells. Pharmacology. 2007 ;80(2-3):134-43. Epub 2007 May 29
- Resveratrol-induced cell inhibition of growth and apoptosis in MCF7 human breast cancer cells are associated with modulation of phosphorylated Akt and caspase-9. Appl Biochem Biotechnol. 2006 Dec ;135(3):181-92
- Moderate wine consumption in the prevention of metabolic syndrome and its related medical complications. Endocr Metab Immune Disord Drug Targets. 2008 Jun ;8(2):89-98
- Red wine micronutrients as protective agents in Alzheimer-like induced insult. Life Sci. 2003 Apr 11 ;72(21):2369-79
- Effect of ethanol on metabolic syndrome. Pol Arch Med Wewn. 2007 Jul ;117(7):306-11
- Resveratrol stimulates glucose transport in C2C12 myotubes by activating AMP-activated protein kinase. Exp Mol Med. 2007 Apr 30 ;39(2):222-9

Le vin se déguste aussi avec des mots. Voir http://savatier.blog.lemonde.fr/2008/04/26/le-vin-et-ses-mots/

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Nutrition
Commentaires
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par Fabrice Delorme (IP:xxx.xx0.4.149) le 5 décembre 2008 a 09H32
Fabrice Delorme (Visiteur)

oui à la modération avec cette boisson qui fait partie de notre culture littéraire et gastronomique et dont la consommation modérée peut être bénéfique pour la santé. Enfin quelqu’un ose sortir de cette chape de plomb imposée par les hygiénistes Fabrice producteur et amateur de vin

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par soares.a (IP:xxx.xx0.26.41) le 6 décembre 2008 a 07H38
soares.a (Visiteur)

On ne sait plus à quel saint se vouer. Entre les campagnes hygiénistes "travaillant pour le bien-être du citoyen" et les données scientifiques, le mendiant d’informations finit par se noyer. il est bien vrai que beaucoup des "recommandations » ont souvent une idée derrière l’affiche : interdire pour appliquer, plus tard, des amendes pour les réfractaires, ou pour économiser. On l’a vu avant-hier dans la soi disant baisse des accidents de la route sur les axes non éclairés. On ne sait donc plus si c’est l’alcool, la vitesse, le tél, la drogue, la fatigue ou l’éclairage des routes qui sont responsables des victimes de la route chaque année. Le vin est une culture, donc à défendre, des bienfaits, donc à encourager, une convivialité en plus quand tout se retourne contre l’homme, jusqu’à sa propre condition. Ne faut-il pas faire tomber le masque pour regarder en face le vrai problème !

0 vote
(IP:xxx.xx0.26.41) le 6 décembre 2008 a 09H15
 (Visiteur)

Malheureusement il n’y a pas mal de fausses idées qui circulent, que les gens happent avec avidité sans vérifier la vérité qui se cache derrière.Que ce soit pour la lutte contre la drogue, le tabagisme, la vitesse, l’alcool au volant, la violence, n’est-il pas plus raisonnable de commencer par informer à grande échelle et en y mettant tous les moyens(mais en y mettant tout le nécessaire, et non pas deux affiches publicitaires faites pour effrayer avant de renseigner). Il est vrai de former et informer pour lutter est moins rentable avec d’énormes dépenses en contre partie, avec un certain délai avant la récolte. Alors à nos masques et fouets. On terrorise les gens, et à la moindre résistance on leur lacère le budget.

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par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 6 décembre 2008 a 20H58
Capitaine Poltron (Visiteur)

C’est en effet l’argument traditionnel des viticulteurs...

Pour les médecins c’est plutôt : plus de trois verres de vin par jour favorisent grandement la venue de nombreuses maladies graves, et pour le reste, ce ne sont que des suppositions.

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par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 6 décembre 2008 a 21H54
Capitaine Poltron (Visiteur)

Voilà ce que l’on peut lire dans un rapport de l’institut national du cancer  :

Nous avons vu, qu’en matière de prévention des cancers, la consommation régulière d’alcool n’est pas conseillée chez l’homme et la femme. De même, dans le cadre de la prévention de diverses maladies, la consommation des boissons alcoolisées est déconseillée aux enfants et aux femmes enceintes [Inserm, 2001]. En l’absence d’une expertise collective évaluant avec une méthodologie rigoureuse le niveau de preuve de la diminution du risque de MCV associée à une consommation modérée d’alcool, et considérant les risques de dépendance, il n’apparaît pas souhaitable de pro mouvoir la consommation modérée d’alcool en l’état actuel des connaissances [Holman, 1996b].

Voilà d’autre bons conseils glanés par ailleurs qui me semblent frappés au coin du bon sens :

Un à deux verres de vin rouge par jour a peut-être un effet favorable sur la santé du cœur, mais cette pratique ne supprime pas les effets nuisibles du tabac, d’une diète riche en matières grasses, d’une faible consommation de fruits et de légumes et d’un manque d’activité physique.

Que vous consommiez déjà de l’alcool ou non, ce sont les facteurs mentionnés ci-dessus que vous devriez modifier en premier. L’alcool ne devrait pas être considéré comme un moyen en soi pour réduire les risques de maladies du coeur.

De plus, ses bénéfices ont été observés uniquement chez les personnes d’âge mûr et les personnes âgées. À ce jour, rien n’indique qu’une consommation, même modérée, protégerait les jeunes.

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par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 6 décembre 2008 a 22H39
Capitaine Poltron (Visiteur)

Je reviens à la charge pour préciser que lla communauté scientifique est bien loin d’être unanime sur la question du "french paradox". (qui au départ est un phénomène médiatique lancé par une émission de télévision américaine).

Je conseil à ceux qui en ont le temps de lire cet article , dont voici le résumé :

Mortality from ischaemic heart disease in France is about a quarter of that in Britain, but the major risk factors are similar Undercertification of ischaemic heart disease in France could account for about 20% of the difference The high consumption of alcohol in France, and of red wine in particular, explains little of the difference We propose that the difference is due to the time lag between increases in consumption of animal fat and serum cholesterol concentrations and the resulting increase in mortality from heart disease—similar to the recognised time lag between smoking and lung cancer. Consumption of animal fat and serum cholesterol concentrations increased only recently in France but did so decades ago in Britain Evidence supports this explanation : mortality from heart disease across countries, including France, correlates strongly with levels of animal fat consumption and serum cholesterol in the past (30 years ago) but only weakly to recent levels. Based on past levels, mortality data for France are not discrepant

Pour faire encore plus court, et en fraçais, la moindre incidence en france (et dans les pays méditerranéens) de maladies cardio vasculaires n’aurait rien à voir avec le vin.

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par Rim (IP:xxx.xx0.26.41) le 7 décembre 2008 a 11H46
Rim (Visiteur)

Lorsqu’on se réfère à la littérature scientifique pour tirer des conclusions, se limiter à une ou deux études serait absurde. N’a-t-on pas évoqué, il y a quelque temps, les risques éventuels de la consommation de phyto-oestrogènes sur le risque de développer un cancer du sein ? Pourtant de nombreuses études ont démontré que, bien qu’il s’agit de molécules se comportant comme des oestrogènes, sur le plan tumoral l’effet était plutôt préventif. Donc se baser sur quelques études concernant le risque sanitaire d’une consommation « même modérée » de vin serait une absurdité scientifique, quand des centaines d’études, faites dans plusieurs pays et sur des groupes ethniques différents, ont démontré, aussi bien in vitro qu’in vivo, l’impact positif d’une consommation modérée sur le corps humain. La consommation 2 verres de vin rouge par jour chez l’homme, 1,5 verre par jour chez la femme, permet de réduire le risque de nombreuses maladies (cardiovasculaires, cancers, vieillissement cérébral, etc.). Le vin n’est pas un élixir de vie, il n’a pas d’effets miraculeux sur le corps humain. Quand on consomme 4 paquets de cigarettes par jour, quand on reste devant son bureau à s’empiffrer de gras et de sucré, le vin ne sera d’aucun remède. Devant toute étude il est important de bien analyser les choses, en mettant, comme l’esprit scientifique l’exige, toute influence subjective à part. Il faut regarder les choses avec un esprit neutre, que de vérité, analyser un max de données pour ne pas tirer des conclusions hâtives. Personne n’a oublié les campagnes contre le saumon, le pain, etc. (ce n’est pas si loin que ça). On parle évidemment d’une consommation modérée dans le cadre d’une alimentation équilibrée et d’une hygiène de vie adéquate. Que peuvent donner 5 fruits et légumes par jour quand on fume, qu’on se nourrit exclusivement de hamburgers-frites ? Est-ce qu’on a perdu le sens de la logique pour avoir besoin, à tout bout de chemin, de suivre des recommandations qui se veulent hygiénistes mais qui ne sont avant tout qu’autoritaires, un retour au système des maternelles d’il y a un siècle ? En tant qu’adultes on est appelé avant tout à poser le pour et le contre de chaque donnée, afin de tirer les bonnes conclusions. On n’est pas tous scientifiques, mais on a tous (du moins on est sensé l’avoir) le sens de l’analyse et de la critique.

Dans le même article mentionné ci-dessus : "Wine consumption is associated with lower mortality from ischaemic heart disease across countries, as discussed above. Including wine with recent animal fat consumption in a multivariate analysis resulted in more of the variance in heart disease being explained, and this observation was interpreted as indicating a protective effect of wine.3 4 But in a multivariate analy­ sis in which past animal fat consumption is used instead of recent consumption, wine consumption (past or recent) is no longer associated with mortality from heart disease and does not add to the variance explained. The association between wine and low ischaemic heart disease arose because wine consump­tion is associated across countries with the change in animal fat consumption from 1965 to 1988 (r2 = 0.46,P = 0.001)."