Manger entre les repas, est-ce vraiment un problème ?

Cela fait des années que l’on annonce tout et son contraire quant à l’augmentation de la fréquence de l’obésité.
On sait très bien et beaucoup d’étude le confirme que les solutions
passant par le contrôle alimentaire n’apportent pas de bons résultats,
mais malgré cela on propose comme solution de prévention des solutions
très proche des régimes.
Ainsi les prises entre les repas sont depuis quelques années réprouvées et depuis peu condamnées.
Quand est-il vraiment ? Ces recommandations reposent-elles sur des analyses globales de l’ensemble de la population ?
Est ce vraiment le fait de le faire ou plutôt la façon de le faire qui est importante ?
Il existe plusieurs sortes de prises alimentaires entre les repas dans
nos représentations, cela va des formes assez bien acceptées de façon
sociale comme les goûters, les casses –croûtes à celles qui déclenchent
une certaine réprobation plus particulièrement depuis quelque temps,
désignée sous le nom de grignotages.
Les formes bien acceptées sont relativement bien définies en choix du
type d’aliments, horaires, positions (à table, debout) et obéissent à
des sensations de faim ou à des rituels.
Les formes moins acceptées, les grignotages, sont mal définies et
répondent à d’autres besoins que l’on pourrait ranger dans le réconfort.
Selon une très vaste enquête menée par des sociologues
À
la question mangez vous entre les repas 26% de la population déclarent
ne jamais le faire, 46% de façon occasionnelle et 28 % souvent ou très
souvent 1.
Il est important de savoir s’il y a un lien avec l’obésité
La réponse paraîtra étrange à beaucoup de mes lecteurs, mais on ne peut
pas l’affirmer d’une façon aussi forte que l’ensemble de la population
l’entend.
Il faut considérer que la modernité alimentaire tend à simplifier pour
des raisons de commodités sociales les repas de midi et de ce fait les
prises entre les repas sont tout à fait cohérentes.
Mais cette même enquête retrouve le plus
de personnes en surpoids ou obèse parmi celles qui tout en respectant
les repas traditionnels (surtout à midi) font des prises alimentaires
entre les repas et pensent qu’elles ne devraient pas le faire. 1
Il est probable que cette cupabilisation entraîne un certain niveau
d’anxiété qui perturbe les sensations de faim et de rassasiement.
Mangez entre le repas peut se faire simplement pour se réconforter,
certes on pourrait trouver d’autres solutions mais si cette pratique
est occasionnelle et se fait sans culpabilité l’objectif réconfort sera
atteint et l’on aura sensiblement moins faim aux repas qui suivront,
Mais cette pratique se fait en se sentant coupable le réconfort ne sera
atteint pis encore on se sentira encore plus mal après et l’on pourrait
même éprouver le besoin de manger.
C’est dans ce cas que l’on finit par manger continuellement sans pour autant faire une crise d’hyperphagie
C’est dans ce cas que les prise alimentaires entre les repas
entraîneront une prise de poids mais le phènomène est lié à la fois aux
prises alimentaires à la culpabilité qu’elles entrînent et aux respect
des normes .
Au lieu de blâmer
systématiquement ces prises et en faire un tabou quand on connaît la
tendance urbaine aux repas de midi simplifiés il faudrait reconnaître
qu’elles existent afin de permettre un conseil alimentaire adapté et
cohérent.
1 Manger aujourd’hui – Attitudes normes et pratiques Jean Pierre Poulain Editions Privat
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