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FOCUS SUR LES MALADIES RHUMATISMALES

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Les rhumatismes sont gênants au quotidien et peuvent même être handicapants. Mais pas de fatalisme ! Si les traitements ne guérissent pas l’arthrose et les arthrites, ils enrayent leur évolution et calment la douleur.

Quand on dit « j’ai des rhumatismes », c’est le plus souvent d’arthrose
que l’on parle.
En fait, le terme englobe d’autres maladies touchant l’appareil locomoteur.

Des maladies rhumatismales comme la poly­arthrite rhumatoïde et la spondylarthrite ankylosante sont moins fréquentes mais plus invalidantes et se soignent différemment. L’arthrose est beaucoup plus banale. Il n’empêche que cette forme de rhumatisme touchant le cartilage, c’est-à-dire le tissu qui tapisse les extrémités des os d’une articulation et leur permet de glisser l’une sur l’autre, reste mal connue des Français et que des idées fausses circulent encore.

• L’arthrose est due au vieillissement
du cartilage.

Pas exactement. L’arthrose est trop souvent considérée comme une usure inévitable des articulations allant de pair avec le vieillissement, or ce n’est pas systématique. En fait, c’est parce que l’avancée en âge s’accompagne d’une augmentation des facteurs favorisants : petits chocs, mauvaise attitude prolongée (station debout par exemple), gestes répétés... Sans oublier que la génétique compte aussi.

• Plus les signes d’arthrose sont marqués sur la radio, plus on a mal.

Faux. La douleur n’est pas proportionnelle aux lésions observées en imagerie, surtout dans l’arthrose de hanche. On peut être très gêné pour marcher alors que, sur le cliché, la destruction du cartilage semble peu importante et, inversement, ne pas souffrir alors que les signes d’arthrose sont nets sur la radio.

• Il faut bouger le moins possible.

Au contraire. On peut mettre au repos une articulation douloureuse mais le plus brièvement possible. Il ne faut pas s’économiser et, entre les poussées, il est recommandé de garder une activité physique (marche, vélo, sports dans l'eau...) pour conserver une bonne tonicité.

VIVRE AVEC UNE ARTHROSE

Vous souffrez d’un genou en marchant ? Vos doigts vous font mal ? C’est peut-être une arthrose, consultez. Une radiographie permettra de faire le diagnostic avant de trouver des solutions pour vous soulager.

L’arthrose se caractérise par une destruction du cartilage. Normalement, les cellules chargées de fabriquer celui-ci, les chondrocytes, en produisent autant qu’elles en détruisent.

Dans l’arthrose, cette capacité à se renouveler diminue et des débris cartilagineux viennent irriter la membrane synoviale (qui produit le liquide servant à nourrir et à lubrifier l’articulation) provoquant une inflammation. Peu à peu, les autres composants de l’articulation (ligaments, capsule...) peuvent être affectés.

Genoux, doigts et hanches

La douleur, principal symptôme, apparaît à l’effort ou à l’appui et cède au repos. Au début, elle ne se manifeste que le jour, surtout en fin de journée quand les articulations ont été mobilisées. Au fil des années, l’articulation devient de moins en moins mobile ; aux douleurs s’ajoutent raideurs et craquements. Mais l’arthrose évolue différemment selon les personnes. La destruction du cartilage peut être rapide et nécessiter la pose d’une prothèse (hanche et genou surtout), ou évoluer progressivement sans causer de véritable handicap pendant dix ou vingt ans.

Presque toutes les articulations peuvent être touchées mais en priorité les plus sollicitées : la colonne vertébrale (lombaires et cervicales), les doigts (avec des déformations gênantes), les genoux (gonarthrose) et les hanches (coxarthrose).

Les causes de l’arthrose

En vieillissant, le risque de souffrir d’arthrose augmente car les chondrocytes deviennent moins productifs, mais les facteurs favorisants sont : une prédisposition génétique, le surpoids, la pratique sportive intensive, les métiers qui obligent à porter de lourdes charges ou à faire des gestes répétitifs (couture, clavier...), des entorses à répétition ou des traumatismes mal soignés sur une articulation.

Quels traitements ?

L’arthrose ne se guérit pas mais la conjugaison de plusieurs traitements permet de soulager et de « fonctionner » :

 les antalgiques : paracétamol, médicaments à base de codéine ou de caféine et anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) contrôlent la douleur ;

 les anti-arthrosiques d’action lente (AASAL) contribuent à retarder la destruction du cartilage (lire l’encadré « Réponses d’expert ») ;

 les infiltrations de cortisone sont indiquées en cas de grosse poussée inflammatoire ;

la viscosupplémentation par acide hyaluronique (injection d’un produit visqueux) peut soulager (pas toujours) mais l’effet ne dure que 12 à 18 mois.

Des attelles de repos, des cannes ou orthèses selon les cas, la kinésithérapie et les cures thermales – Royat (Puy-de-Dôme), Capvern-les-Bains et Cauterets (Hautes-Pyrénées), Allevard (Isère), Rochefort et Jonzac (Charente-Maritime) – complètent l’éventail thérapeutique.

 

L’arthrose se caractérise par une destruction du cartilage. Normalement, les cellules chargées de fabriquer celui-ci, les chondrocytes, en produisent autant qu’elles en détruisent.

Dans l’arthrose, cette capacité à se renouveler diminue et des débris cartilagineux viennent irriter la membrane synoviale (qui produit le liquide servant à nourrir et à lubrifier l’articulation) provoquant une inflammation. Peu à peu, les autres composants de l’articulation (ligaments, capsule...) peuvent être affectés.

Mal de dos, mal du siècle

Dorsalgie, lombalgie, lumbago, « mal de reins », « tour de reins »... Quel que soit le nom qu’on lui donne, le mal de dos ­–­ plus exactement du bas du dos – est très fréquent.
Dans la majorité des cas, les vertèbres lombaires ont été trop sollicitées par le poids d’une charge trop lourde, par une mauvaise position gardée trop longtemps ou par un « faux » mouvement par exemple.
Dormir sur un mauvais matelas favorise aussi le mal de dos. L’arthrose est une autre cause possible.
Contrairement à ce que l’on croit souvent, pour éviter que le mal de dos ne devienne chronique, il faut non pas se reposer mais se bouger. En s’aidant d’antalgiques, d’AINS par voie orale ou locale, et de décontractants musculaires.


S’informer et se mobiliser

*Renseignements

AFLAR (Association française de lutte anti-rhumatismale) ; 2, rue Bourgon 75013 Paris, tél. 0145803000, www.aflar.org. Deux services : Allo Rhumatismes, 0 810 42 02 42 (prix d’un appel local) et www.stop-arthrose.org

ANDAR (Association nationale de défense contre l’arthrite rhumatoïde) ; 7, rue des Calquières, 34800 Clermont-l’Hérault, tél. 0467885986, www.polyarthrite-andar.com

* Coaching

www.arthrocoach.com des laboratoires Expanscience accompagne les personnes arthrosiques au quotidien pour préserver leur mobilité : coaching nutritionnel et physique personnalisé.
Une appli mobile, Arthmouv, est proposée par Sanofi aux patients souffrant de gonarthrose pour mesurer l’évolution et optimiser la prise en charge.

 

RÉPONSES D’EXPERT

Dr Laurent Grange

Rhumatologue au CHU de Grenoble et président de l’AFLAR.

Les personnes souffrant d’arthrose se plaignent de ne pas être soulagées par les traitements proposés.

On peut dire que l’arthrose est une maladie orpheline. Nous ne disposons pas de traitements à efficacité forte, mais d’une association de diverses approches. Des traitements, médicamenteux ou non, et une prise en charge globale permettent d’améliorer la qualité de vie des patients.
C’est pour mieux faire reconnaître et prendre en charge cette pathologie qu’a été créée l’Alliance nationale de l’arthrose et qu’ont été lancés, en septembre dernier, les Premiers États généraux de l’arthrose. Ceux-ci
se tiennent dans neuf villes françaises
jusqu’en juin
2015.

Les Français sont-ils mal informés ? L’arthrose est souvent perçue comme une « maladie de vieux » pour laquelle il n’y a rien d’autre à faire que de souffrir en silence. Il faudrait que les patients aient conscience de l’importance d’aller consulter et de ne pas rester seuls avec leurs douleurs.

Que pensez-vous du déremboursement récent des traitements anti-arthrosiques d’action lente (AASAL) ? Ils ont une efficacité faible à modérée mais ils apportent un soulagement et améliorent la qualité de vie. Quelque 1,5million d’arthrosiques prennent ces molécules et près de 140000 personnes ont signé la pétition pour s’opposer à leur déremboursement. L’AFLAR craint un transfert vers la prescription de séances de kiné et de médicaments non dénués de toxicité à la longue. Ce qui entraînera finalement un surcoût pour l’Assurance maladie.

INFO

Nouveauté à Aix-les-Bains

Deux programmes spécifiques, complémentaires de la cure rhumatologie conventionnée de
18 jours, s’adressent aux patients souffrant de gonarthrose et de lombalgie (129
€, non pris en charge
par la Sécurité sociale).
 
 

MIEUX TRAITER LES ARTHRITES

Plus grave que l’arthrose, l’arthrite n’est pas une maladie dégénérative mais purement inflammatoire. L’arrivée des biothérapies il y a quelques années a cependant révolutionné la vie des malades.

Les arthrites peuvent être aiguës comme la goutte, liées à un facteur génétique (et à des repas trop riches et trop arrosés), dont les douleurs et les gonflements sont dus à des dépôts de cristaux d’acide urique dans certaines articulations (les orteils en premier). Ou bien chroniques : rhumatisme psoriasique, sclérodermie systémique, lupus érythémateux et, les plus fréquentes, polyarthrite rhumatoïde et spondylarthrite ankylosante. Ces deux maladies sont auto-immunes. En clair, elles sont dues à un mauvais fonctionnement des défenses de l’organisme : le système immunitaire s’emballe anormalement et s’auto-agresse, ce qui provoque une réaction de défense inflammatoire au niveau des articulations et, à plus ou moins long terme, une destruction du cartilage et de l’os.

 

Des maladies handicapantes

• Polyarthrite rhumatoïde

Plusieurs articulations sont atteintes : mains et poignets au début puis genoux et pieds. La maladie évolue de manière imprévisible, par poussées provoquant douleurs et gonflements. Sans traitement efficace, les articulations finissent par se déformer et handicapent terriblement.

• Spondylarthrite ankylosante

Elle touche surtout le rachis et le bassin et s’étend dans les formes graves (elles ne le sont pas toutes) aux hanches, genoux, épaules, chevilles, poignets et même cage thoracique. D’où des douleurs et des raideurs qui limitent les mouvements, en particulier la marche.

 

Des traitements très efficaces

Comme dans l’arthrose, il est très important de maintenir au maximum une activité physique régulière, en adaptant ses mouvements avec l’aide d’un kinésithérapeute. Un traitement de fond est toutefois nécessaire le plus tôt possible pour prévenir ou limiter les lésions articulaires et limiter le handicap. Le méthotrexate reste d’actualité et peut suffire, mais les traitements les plus récents, les biothérapies ciblées (anti-TNF) et les immunosuppresseurs par voie sous-cutanée ou intraveineuse, ont totalement changé la vie des malades. Ils demandent une surveillance fréquente et sont un peu contraignants (injections régulières), mais le jeu en vaut la chandelle. On voit de véritables rémissions et, dans la grande majorité des cas, la vie quotidienne est grandement améliorée.

evelyne gogien


Recherches ambitieuses

La Fondation Arthritis, anciennement Association de recherche sur la polyarthrite créée par Jacques Courtin-Clarins (société Clarins), reconnue d’utilité publique en 2006, est la principale initiative privée de récolte de fonds soutenant la recherche sur les maladies rhumatismales.
Objectif de son Plan de recherche 2020
 : créer le premier réseau de recherche en rhumatologie en France pour accélérer l’innovation thérapeutique dans ce domaine.
Pour les années 2014 à 2016, la Fondation finance un grand projet, ROAD (Research OsteoArthritis Diseases), qui réunit sept laboratoires de recherche publics. Ils travaillent en particulier sur l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques.

 

SOURCES

  • http://www.bienetre-et-sante.fr
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