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Reprendre son souffle, c’est déjà le mesurer !

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Le souffle, aussi important pour évaluer son état de santé que... la tension artérielle. L’essoufflement qui s'installe sans que l’on ne s’en rende compte, peut être le symptôme révélateur de différentes maladies respiratoires comme l’asthme ou la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Explications avec le Dr Anne Guillaumot, pneumologue au CHRU de Nancy, à l’occasion de la Fête du Souffle, le 25 septembre 2014.

Le manque de souffle se révèle de manière progressive : les gens s’adaptent inconsciemment en renonçant à certains efforts et en diminuant leur activité physique. « Lorsqu’on aborde la question du souffle, la réponse spontanée est souvent « tout va bien », raconte le Dr Anne Guillaumot. Il faut passer par des indices indirects pour faire prendre conscience du problème de santé : est-ce que vous marchez aussi vite que d’autres personnes de votre âge en bonne santé ? Montez-vous facilement les escaliers ou privilégiez-vous l’ascenseur ? »

Le souffle, ça se mesure. Le test de base est très simple et rapide : il consiste à inspirer profondément avant d’expirer le plus fort et le plus vite possible dans un embout relié à l’appareil de mesure du débit expiratoire. « Nous militons pour que la mesure du souffle fasse partie des constantes prises régulièrement, à chaque bilan de santé, au même titre que la tension ou la fréquence cardiaque », déclare le Dr Guillaumot. Il s’agit d’un dépistage : si une anomalie du souffle est détectée, les médecins vont devoir mener d’autres tests pour en établir l’origine. »

Le pneumologue réalise un bilan plus approfondi qui débute par une série de questions sur l’état de santé général, les facteurs de risques comme la consommation de tabac, les symptômes associés au manque de souffle, etc. Ensuite, l’exploration fonctionnelle respiratoire réalisée par le pneumologue est nécessaire pour caractériser l’anomalie du souffle, grâce à d’autres mesures réalisées au repos et à l’effort, indispensables au diagnostic. L’imagerie thoracique (radiographies, scanner) et éventuellement d’autres examens, complètent l’enquête. « L’essoufflement est l’un des symptômes communs aux deux maladies respiratoires chroniques les plus fréquentes », rappelle la pneumologue. L’asthme tout d’abord, qu’il soit d’origine allergique ou autre.

Cette maladie chronique peut être contrôlée grâce à l’éviction des facteurs déclenchant les crises
tant que possible et un traitement quotidien, permettant de mener une vie tout à fait normale et de pratiquer quasiment tous les sports. Ensuite, la BPCO (Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive), causée par le tabac dans plus de 80 % des cas, méconnue du public, souvent tardivement diagnostiquée, et pourtant responsable d’un handicap respiratoire pouvant conduire à l’insuffisance respiratoire. Enfin, l’essoufflement peut révéler d’autres maladies respiratoires chroniques (immunoallergiques, fibrosantes, vasculaires pulmonaires, cancéreuses), ou des complications respiratoires d’autres maladies chroniques (articulaires, neuro-musculaires, ou métaboliques, comme l’obésité par exemple).

La Fête mondiale du Souffle rappelle l’importance de la santé respiratoire. La qualité de l’air est le thème retenu pour cette édition 2014. « Il est scientifiquement prouvé que la pollution atmosphérique peut aggraver une maladie respiratoire chronique. Surveiller la qualité de l’air relève donc clairement d’un enjeu de santé publique », souligne le Dr Anne Guillaumot. En cas de pic de pollution, la parution de bulletins d’alerte s’accompagne de recommandations pour les personnes fragiles : rester chez soi, ne pas faire d’activité physique intense, prendre ses traitements et consulter rapidement un médecin en cas de problème. En revanche, il n’a pas encore été démontré que la pollution atmosphérique puisse causer une pathologie respiratoire chez une personne en bonne santé. « Même si plusieurs études épidémiologiques montrent que là où il y a des politiques pour l’amélioration de la qualité de l’air, la mortalité générale diminue… »

Dans tous les cas, répondre à la question « Vaut-il mieux vivre en ville ou à la campagne pour préserver son capital respiratoire ? » n’est pas si simple. Du point de vue médical, les aérocontaminants sont partout. Face à la pollution gazeuse ou celle liée aux particules fines des milieux urbains, les zones rurales sont impactées par l’activité agricole et les aérocontaminants naturels (poussières végétales, pollens, micro-organismes…) pouvant être à l’origine de maladies immuno-allergiques dont l’asthme. « Tout cela est évidemment très variable d’une personne à l’autre, en fonction notamment de son terrain génétique, des facteurs de risque associés…. »,

« Mais le polluant le plus redoutable pour la santé respiratoire reste la fumée de tabac, constituée de nombreuses substances toxiques activement ou passivement inhalées, et responsable de plusieurs maladies respiratoires dont le cancer bronchique est le plus redouté. Note d’espoir : c’est aussi le polluant le plus évitable ! » conclut la pneumologue.

La Fête du Souffle au CHRU de Nancy
Jeudi 25 septembre 2014 // 10h-18hHôpitaux de Brabois, bâtiment principal (hall d’accueil)
Tests gratuits de mesure du souffle, informations et conseils pour préserver son capital respiratoire assurés par les équipes du Département de Pneumologie et du Laboratoire d’Explorations fonctionnelles respiratoires du CHRU de Nancy, en lien avec le Réseau Insuffisance Respiratoire de Lorraine, le Comité Départemental contre les Maladies Respiratoires 54, l’Association des Insuffisances Respiratoires et Apnéiques du Sommeil (AIRAS) et AIR Lorraine.

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