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Leucémie aiguë : les avancées des traitements

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Les progrès réalisés dans les traitements de la leucémie aiguë chez les enfants sont importants. Et l’immunothérapie laisse espérer un taux de guérison encore accru. 

La leucémie est un cancer du sang et de la moelle osseuse. Il existe plusieurs types de leucémie ; ils se manifestent tous par une prolifération incontrôlée de globules blancs, qui met en péril la production de cellules sanguines normales par la moelle osseuse. On distingue les formes aiguës à évolution rapide qui doivent être traitées en urgence et les formes chroniques dont l’évolution est lente.
La leucémie aiguë lymphoblastique (ou lymphoïde, voir encadré) est le cancer le plus fréquent chez l’enfant : il représente un tiers des cancers en pédiatrie. Environ 75 % des cas surviennent avant 18 ans avec un pic de fréquence entre 2 et 5 ans.
Les leucémies aiguës myéloblastiques ou myéloïdes touchent plutôt les adultes (autour de 65 ans) et sont plus graves.


Facteurs de risque
Dans la majorité des cas, les leucémies aiguës surviennent chez des sujets jusque-là en bonne santé et n’ont pas de cause connue. Certains facteurs de risque ont néanmoins été identifiés. Ainsi, une étude récente de l’Institut nationalde la santé et de la recherche médicale (Inserm) montre que le risque de développer une leucémie est accru pour les enfants vivant à proximité de centrales nucléaires ou de lignes à haute tension. Le risque est également majoré de 30 % chez les enfants de moins de 5 ans habitant dans des zones de grande densité routière (exposition au benzène, cancérogène certain pour l’homme).
 

Symptômes et diagnostic
Lors d’une leucémie aiguë, les symptômes apparaissent rapidement : fatigue, fièvre, amaigrissement et teint pâle en raison de l’anémie. Il peut y avoir des saignements, des gencives en particulier, des petits points rouges sur la peau ou encore des hématomes, à cause du manque de plaquettes. Les cellules leucémiques peuvent s’accumuler dans le système lymphatique, et des ganglions apparaître.
Le diagnostic repose essentiellement sur une numération formule sanguine effectuée à partir d’une prise de sang et sur un examen de la moelle osseuse (myélogramme). 


Traitements

Une chimiothérapie complexe
Actuellement, le traitement repose sur la chimiothérapie, éventuellement suivie par une greffe de cellules souches (lire paragraphe suivant). Il nécessite des phases d’hospitalisation de plusieurs mois. La chimiothérapie tue sans distinction toutes les cellules, les cancéreuses mais aussi les saines chargées de régénérer le sang. Le malade se trouve alors sans défenses immunitaires. Durant cette période, il est fragilisé face aux infections et des hémorragies peuvent survenir. L’administration d’antibiotiques et des transfusions en plaquettes et en globules rouges sont nécessaires.


La greffe de cellules souches
En cas de risque élevé de récidive ou lorsqu’une rechute se produit, certains malades atteints de leucémie myéloïde aiguë se voient proposer une greffe de cellules souches hématopoïétiques (en langage courant, une greffe de moelle). On distingue la greffe autologue (avec des cellules souches du malade prélevées au moment où les effets de la maladie ont été atténués le plus possible) et la greffe allogénique (avec des cellules souches d’un donneur compatible identifié parmi la famille ou au sein d’un fichier de donneurs). La greffe allogénique est en général privilégiée car elle offre davantage de chances de guérison.


Les espoirs de l’immunothérapie
Afin d’éviter les effets secondaires très lourds de la chimiothérapie, les recherches actuelles portent sur une nouvelle génération de médicaments issus des biotechnologies : les anticorps monoclonaux dits « bispécifiques », plus efficaces et mieux tolérés. Ces anticorps permettent au système immunitaire du malade de reconnaître les cellules malignes pour les éliminer. Ils ont la particularité de se lier à la fois à la cellule cancéreuse et au lymphocyte T (la cellule de l’immunité). En les mettant ainsi en contact, ils facilitent la destruction de la cellule cancéreuse par le lymphocyte T. Des résultats encourageants ont été obtenus avec ce nouveau type de médicaments, qui s’administrent en cures de perfusion continue pendant quatre semaines, espacées de six semaines. La qualité de vie du malade se trouve ainsi améliorée.


Christine Fallet


Réviser pour comprendre

C’est la moelle se trouvant au centre des os (surtout le sternum, les côtes et les os du bassin) qui fabrique les cellules sanguines  : les plaquettes, qui entrent en œuvre en cas de saignement ; les globules rouges, ou érythrocytes, qui assurent le transport de l’oxygène dans l’organisme ; et les globules blancs, ou leucocytes, qui luttent contre les infections. Ces derniers constituent en fait une famille qui comprend polynucléaires, monocytes, plasmocytes et lymphocytes (B ou T). La durée de vie normale des leucocytes ne dépasse pas une semaine. Au-delà, cela provoque une leucémie. On distingue les leucémies selon leur évolution (aiguë ou chronique) et les globules blancs en cause : « lymphoïdes », ou lymphoblastiques, quand ce sont les lymphocytes, ou « myéloïdes », ou myéloblastiques, quand ce sont les précurseurs des autres globules blancs (polynucléaires, monocytes).


 Réponses d’expert

Pr Nicolas Boissel
Responsable de l’unité fonctionnelle d’hématologie adolescents et jeunes adultes de l’hôpital Saint-Louis, Paris
 

« Les enfants répondent bien au traitement
Le pronostic des leucémies aiguës lymphoblastiques de l’enfant s’est amélioré de façon spectaculaire durant les dernières décennies avec un taux de guérison proche des 90 %. Malheureusement, les résultats obtenus chez l’adulte sont moins bons avec des taux de guérison entre 40 et 50 %.
La chimiothérapie est très lourde et longue avec plusieurs phases se succédant sur des années : l’induction (un mois d’hospitalisation, voire plus), la consolidation pour prévenir la survenue d’une rechute et l’intensification. Elle est suivie par un traitement d’entretien par chimiothérapie orale sur une durée de deux à trois ans. L’immunothérapie serait plus efficace et mieux tolérée.
La greffe est assez peu fréquente chez les enfants car ils répondent bien au traitement. En revanche, environ 40 % des adultes ont besoin d’une greffe.


Donner son sang ou sa moelle osseuse pour sauver des vies
(Texte)
L’association Laurette-Fugain (www.laurettefugain.org) est à l’initiative des Journées nationales contre la leucémie dont la deuxième édition vient de se dérouler les 28-29 mars afin de collecter des fonds pour aider la recherche, certes, mais aussi d’inciter chaque citoyen à faire « le » geste en plus.
Le don de sang n’est pas douloureux et est sans risque pour le donneur. Pour consulter les conditions du don et prendre rendez-vous auprès de l’Établissement français du sang le plus proche de chez vous, cliquez sur www.dondusang.net.
La réussite de la greffe de moelle osseuse dépend de la compatibilité entre le donneur et le receveur. Pour augmenter les chances de guérison de nombreux malades en attente d’être greffés, le fichier doit se développer et se rajeunir régulièrement. Pour s’inscrire, il suffit de prendre contact avec l’Agence de la biomédecine : www.dondemoelleosseuse.fr.

SOURCES

  • www.bienetre-et-sante.fr
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