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Ces professionnels de santé qui manquent à l’appel

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La France souffre depuis des années d’un mal endémique, celui de la désertification médicale. Un problème qui touche principalement les zones rurales mais pas uniquement. 

L’Institut Montaigne faisait déjà en 2011 le constat de l'avancée des déserts médicaux sur le territoire : « En France, plus de 2 millions de personnes vivent dans des zones déficitaires en termes de présence médicale. Les campagnes ne sont pas les seules touchées par la désertification médicale et le vieillissement des professionnels : les zones urbaines dites sensibles, situées en périphéries des grandes villes, en sont aussi victimes. Or l'égalité des chances passe aussi par l'égalité d'accès à des soins médicaux de qualité. »

Un secteur qui recrute

La situation est d’autant plus paradoxale que le secteur recrute. En 2012, le gouvernement lançait une campagne nationale pour promouvoir 200 métiers de santé et expliquait : « Le secteur de la santé représente actuellement 6,5% de la population active en France. Ce chiffre va s’accroître dans les années qui viennent : le vieillissement de la population, couplé à celui des professionnels en exercice, nécessiteront un renouvellement important de génération ». Tous les domaines de la santé sont concernés : le soin, le médico-technique, le technique, le social, l’administratif, le management, l’ingénierie, la recherche, auxquels il faut rajouter les nouveaux métiers comme les aides à domicile, le tout rendant ce secteur particulièrement dynamique et porteur d’emplois. La campagne du Travail, de l’Emploi et de la Santé soulignait même que de nombreuses formations sont accessibles aux jeunes désireux de travailler dans le secteur de la santé, sans niveau de qualification ou de diplôme particulier.

Des solutions de proximité

Si le secteur de la santé recrute, les métiers de la santé, du médecin généraliste à l’opticien, en passant par les infirmiers, les aides-soignants et les prothésistes, doivent néanmoins s’adapter pour répondre à l’évolution des modes de vies. Confrontés aux lourdes charges qui pèsent sur eux lors de leur installation, ou à la concurrence du e-commerce pour certains, ils doivent innover.

Un exemple d'innovation est la création des Maisons et Pôles de santé. Ces lieux pluridisciplinaires sont plébiscités par les jeunes médecins. Le patient peut accéder sur un même lieu à des professionnels de santé libéraux, qu'ils soient généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes, dentistes, ou psychologues. Le site Soigner en Île-de-France, qui détaille les avantages de ces regroupements, note aussi que la participation à des actions de prévention et d’éducation pour la santé, ainsi qu’à des actions sociales, est sans doute la partie la plus importante de cette innovation. « C’est elle qui fait la différence entre une maison de santé et un cabinet de groupe ou encore une simple juxtaposition de cabinets médicaux. Une maison de santé se définit donc par l’existence d’un projet de santé ». Fin 2013, on comptait plus de 400 Maisons et Pôles de santé. Et d’après les chiffres officiels de l'Observatoire des Maisons de santé du Ministère de la Santé, le nombre de 1 000 serait dépassé en 2015.

Professionnels de proximité

Les pharmaciens comme les opticiens sont des professionnels de santé qui s’organisent pour rester au plus près des patients dans les centres-villes notamment. Souvent premiers interlocuteurs de santé dans les zones rurales, ils ont choisi de se recentrer sur leur cœur de métier, tout en affrontant eux-mêmes des problématiques comparables en interne. Les pharmaciens sont ainsi confrontés au vieillissement de leur corporation : 2 600 pharmaciens en exercice ont 66 ans et plus, et 19 000 pharmaciens étaient âgés de plus de 56 ans en 2013, détaille l'Ordre National. Celui-ci a dressé début 2014 dans un rapport démographique, un état des lieux ayant pour objet de « Connaître pour construire l’avenir ». Le Giphar, l'un des 12 groupements français de pharmaciens d'officine prévoyait en 2013 que « Construire une forte proximité avec le patient dépassera celle entretenue aujourd'hui avec une simple officine. (...). Le dépistage, le diagnostic, le traitement et le suivi des patients nécessiteront des interventions à distance  ». Le président du Giphar, Jean-Michel Cloppet cité par La Tribune, estimait même que l’automédication accompagnée par le pharmacien serait une réponse pertinente au désert médical.

Les professionnels de la filière optique ont adopté une approche différente. Englobant aspects économiques, sociaux et médicaux, ils ont, quant à eux, créé en septembre 2014 un Comité pour une filière optique d'excellence pour répondre aux enjeux sanitaires et aux préoccupations des patients. Parmi leurs objectifs et propositions, on trouve celui de garantir l’accès aux soins, en développant les services à domicile, notamment pour les personnes âgées non mobiles. « Nous souhaitons amener une démarche de progrès et trouver des solutions ensemble. Nos propositions de bon sens ont pour but de faire progresser la filière dans sa qualité et son homogénéité, et de fluidifier l’accès aux soins. Notre livre blanc donne le socle de la plateforme, sans norme commerciale », soulignait Yves Guénin, secrétaire général du groupe Optic 2000 à l’initiative de ce Comité avec d’autres entreprises comme Essilor, et avec des professionnels médicaux comme des orthoptistes et des ophtalmologistes.

D’après l’INSEE, la longévité en France va continuer à augmenter pour atteindre en 2060 l’âge de 91 ans pour les femmes et de 86 ans pour les hommes. Cette espérance de vie ira de pair avec des tensions démographiques sur la prise en charge médicale de cette population. Les évolutions de cette situation vont donc très fortement mobiliser dans les années à venir tous les acteurs, publics ou privés, du système de santé.

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