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Zoom sur les huiles et les graisses
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Quand les entreprises agroalimentaires font du social : bénéfice ou risque ?

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Les entreprises agroalimentaires s’engagent de plus en plus dans le social depuis quelques années, à travers leurs projets de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) notamment. Alors, bénéfice ou risque ?

Voilà d’abord quelques exemples de projets soutenus par les entreprises agroalimentaires :

  • Kraft, dont la gamme de produits inclue des gâteaux bourrés de gras et sucre, aide la Croix Rouge à améliorer ses programmes nutritionnels
  • Schweppes, vendeur de boissons gazeuses hyper riches en sucre, est un partenaire clé d’un des plus importants programmes de prévention de l’obésité chez les enfants
  • Ferrero, et son Nutella, soutiennent les épiceries solidaires, pour les gens qui sont dans le besoin

Le résultat semble gagnant pour tout le monde. D’un côté, les associations en manque d’argent peuvent continuer à faire tourner leurs projets, et de l’autre, les entreprises reflètent une image de bon citoyen dans la société.

Le hic, c’est que les entreprises, peu importe ce qu’elles veulent bien dire, ne font pas les choses pour rien. Le but d’une entreprise agroalimentaire est de faire de l’argent en vendant ces produits, pas de faire du social et de sauver les maux du monde.

Alors pourquoi les entreprises s’engageraient-elles dans le social ?

On peut trouver quelques réponses en regardant ce qui s’est passé pour l’industrie du tabac. A la fin des années 60, des médecins ont commencé à tirer la sonnette d’alarme quant aux dangers du tabac sur la santé. La menace était très lourde, puisque le tabac n’est pas un produit nécessaire, et pourtant, il était pointé du doigt comme étant responsable de la mort de milliers de personnes. Il a fallu attendre la fin des années 90 pour qu’enfin, l’industrie soit tenue responsable de ces dizaines de milliers de morts. Après de nombreux procès, des milliers de documents internes ont été mis à jour par les avocats qui ont poursuivi l’industrie du tabac. Et il s’avère qu’une des techniques employée par cette industrie, pour éviter de se faire attaquer sur ses produits, et pour regagner la confiance du public, était de s’engager dans la société, de montrer un visage angélique. Alors, les plus grosses entreprises ont investi des millions contre la violence faite aux femmes, pour les clubs de sports locaux, etc. Très bien, en ce qui concerne les femmes et les sportifs qui ont été aidés, mais en attendant, cela a permi à l’industrie du tabac d’éviter de se faire attaquer par le public, et des millions de personnes ont ainsi continuer à fumer, et à en mourir…

Aussi, les entreprises utilisent les programmes qu’elles soutiennent comme une autre plateforme de marketing. Il n’est pas rare de voir leurs logos ou leurs produits dans le cadre de ces programmes. On a retrouvé des traces écrites de cette tactique dans les documents des entreprises du tabac. Les entreprises du tabac faisaient soit disant faire de la prévention contre le tabagisme, et en fait, avec leurs logos partout sur les documents de prévention, ils savaient très bien qu’ils recruteraient de nouveaux fumeurs dès le plus jeune âge, mais cela restait très discret ! Bien entendu, les entreprises, y compris dans l’agroalimentaire, sont maintenant beaucoup plus vigilantes et ne laisseront peut être plus de traces écrites de ces pratiques…

Le problème avec les entreprises qui vendent de la malbouffe, c’est qu’en se faisant passer pour des citoyens exemplaires, elles essayent de reculer le moment où les gens se rendront compte que ce qu’ils mangent n’est pas si bon que ça. Elles utilisent même ces plateformes pour faire de la pub, et inciter les gens à devenir encore plus accros et fidèles à leurs marques.

Enfin, en acceptant de l’argent de ces entreprises, les associations ne sont plus totalement indépendantes.

Le mieux pour les associations est de refuser de l’argent provenant d’entreprises qui rendent les gens malades. Manger, contrairement à la cigarette, ne tue pas, mais, sur le long terme, les produits ultra transformés nous détruisent. Une canette de soda ne sera jamais l’équivalant d’une coupe de fraises. Si les associations n’ont pas le choix, il faut alors qu’elles posent des règles très claires, et, que leurs programmes ne soient pas de nouvelles vitrines publicitaires pour la malbouffe. C’est le moins que les associations puissent faire, peu importe la cause, si elles veulent vraiment aider les gens. Une de mes collègues a écrit une publication à ce sujet, avec un schéma de décision à utiliser par les associations. Si vous avez des questions, suggestions ou critiques, n’hésitez pas à partager !

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