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Vestibulodynie : en parler pour améliorer la qualité de vie du couple

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Les conjoints qui partagent leurs émotions de façon satisfaisante sont ceux qui sont les plus satisfaits sur les plans sexuel, psychologique et relationnel, parmi les couples dont la femme souffre de vestibulodynie provoquée – aussi connue sous le nom de « syndrome de la vestibulite vulvaire ».
C'est ce qu'a découvert Nayla Awada, candidate au doctorat en psychologie à l'Université de Montréal, au cours d'une étude qu'elle a menée auprès de 254 couples dont la conjointe était atteinte de ce syndrome.

La vestibulodynie se caractérise par une douleur physique intense et souvent chronique, ressentie sur la partie appelée « vestibule », à l'entrée du vagin, notamment lorsqu'il y a pénétration. Cette douleur est semblable à une brûlure ou à une déchirure.

Cette maladie, dont les causes sont inconnues, touche de 12 à 15 % des femmes en âge de procréer.

Des répercussions importantes

On s'en doute, la douleur que provoque la vestibulodynie a des répercussions importantes sur les plans sexuel et psychologique.

D'une part, les femmes qui en sont atteintes souffrent davantage d'anxiété, de détresse psychologique et de dépression.

D'autre part, la douleur diminue grandement la capacité à atteindre l'orgasme chez la femme, de même que le désir et l'excitation, ce qui entraîne généralement une diminution de la fréquence des relations sexuelles.

Mesurer l'ambivalence émotionnelle

Nayla Awada a voulu vérifier dans quelle mesure les couples qui parviennent à partager leurs émotions quant à la douleur sont plus satisfaits sur les plans relationnel, psychologique et sexuel, comparativement à ceux qui expriment leurs émotions de façon ambivalente.

Dans un premier temps, à l'aide d'un questionnaire d'évaluation de la douleur, elle a observé que les participantes souffraient de vestibulodynie depuis cinq ans en moyenne, illustrant ainsi la chronicité de ce type de douleur.

Ensuite, Mme Awada a distribué un questionnaire aux deux partenaires des couples pour mesurer le degré d'ambivalence dans la capacité de chacun à manifester ses émotions dans différentes situations.

« L'ambivalence dans l'expression des émotions indique que la personne est en désaccord avec elle-même lorsqu'elle s'exprime, souligne Nayla Awada. Plus une personne est ambivalente, moins elle parvient à communiquer ses émotions comme elle le voudrait et plus elle est susceptible d'être mal à l'aise devant l'autre. »

Par exemple, lorsqu'une personne en colère s'empêcher de parler pour éviter d'être mal comprise ou encore qu'elle s'exprime avec agressivité, elle communique de façon ambivalente. Et, dans l'étude de Nayla Awada, ces situations sont associées à une adaptation plus difficile à la douleur dans les couples.

« De plus, l'ambivalence des deux partenaires d'un couple est liée à une plus grande détresse émotionnelle, ainsi qu'à plus de difficultés sexuelles et relationnelles dans le couple », poursuit Mme Awada.

L'importance de la communication

Au final, la chercheuse a constaté que, lorsqu'au moins un des deux conjoints est ambivalent dans l'expression de ses émotions, le couple est plus à risque de vivre une insatisfaction relationnelle et davantage de détresse psychologique.

En outre, il semble que les femmes ambivalentes ressentent une douleur vestibulaire plus intense que les femmes qui le sont moins. Ainsi, une meilleure régulation des émotions à l'égard de cette douleur permettrait aux femmes et à leur partenaire de mieux gérer la douleur.

« Avoir une communication satisfaisante ne signifie pas de tout dire, mais plutôt que chacun des partenaires est en accord avec ses besoins, précise-t-elle. Ça peut vouloir dire de “négocier” des activités sexuelles, comme avoir une relation sans pénétration, ce qui n'empêche pas d'avoir une intimité sexuelle satisfaisante. »

Vers une application clinique

Selon Nayla Awada, l'étude qu'elle a effectuée est la première à s'intéresser à la régulation émotionnelle dans la gestion des douleurs sexuelles au sein du couple.

« Ce sujet a été abordé dans des études sur la douleur chronique au sens plus large, mais pas pour les douleurs qui surviennent lors de relations sexuelles, qui sont pourtant fréquentes et sources de grande détresse », conclut celle qui termine présentement un internat spécialisé en douleur chronique en vue d'enrichir sa compréhension clinique de cette problématique.

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