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Lait, sucre : de la propagande dès le plus jeune âge

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Nous avions déjà réalisé un article sur le lobby de l’industrie agroalimentaire et la puissance des entreprises dans notre système de consommation. Aujourd’hui, nous souhaitons partager une nouvelle information scandaleuse, à nos yeux du moins.

Depuis le 29 octobre 2013, l’Education Nationale a signé un accord de coopération avec un organisme de l'industrie du sucre (le CEDUS). Cet accord permet notamment à l’industrie du sucre de :

  1. Diffuser officiellement ses informations aux jeunes, familles et professeurs
  2. Apprendre aux jeunes l’éducation nutritionnelle et la prévention de l’obésité
  3. Développer et la valoriser les pratiques culinaires (certainement celles où le sucre est mis en avant)
  4. Fournir les ressources pédagogiques à destination des élèves

Cet accord a été signé pour une durée de 5 ans. Cela veut dire que pour au moins les 5 prochaines années, l’industrie du sucre va apprendre aux élèves français ce qu’il faut manger et comment, ce qui est « bon » et ce qui est « mauvais ». Ceci est très intéressant pour les industriels car cela ils ont désormais un accès privilégié aux 12 millions d’élèves (futurs consommateurs), avec la bénédiction du gouvernement Français.

 

Conflit d’intérêt

Une industrie qui vend des produits dont on recommande une diminution de la consommation (« Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé ») ne peut pas réaliser une information nutritionnelle de qualité. Elle ne peut pas et ne le fait pas. C’est simple, pour avoir une idée de ce que l’industrie sucrière va recommander, il suffit de se rendre sur ses sites internet, mis à disposition des élèves et professeurs (véritables sites de propagande du sucre) : lesucre.com, sucre-info.com.

L’exemple le plus surprenant peut être : on y apprend, grâce à cette fiche destinée aux collégiens et leurs professeurs, qu’il n’y a aucun lien entre le diabète de type 2 (maladie liée à la surconsommation de sucre) et la consommation de sucre. Pourtant, la science est claire sur le sujet : le sucre provoque une augmentation directe ou indirecte (là est le débat) du risque de développer le diabète de type 2. C’est pour cela que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande la réduction de la consommation de sucre comme l’un des moyens de réduire le risque de développer un diabète de type 2. Et le diabète de type 2 est une des maladies qui menace le plus les jeunes générations. Lors d’une des réunions auxquelles Mélissa a participé à l’OMS, Margaret Chan, la directrice de l’organisation, racontait qu’elle voit maintenant des enfants d’à peine 10 ans avoir le diabète « des vieux ».

 

Après le sucre, le lait

L’industrie du sucre n’est pas la seule à avoir la bénédiction de l’Etat Français pour « enseigner » aux élèves quoi manger. En effet, le Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière (CNIEL) a déjà des partenariats avec plusieurs rectorats, comme celui des Yvelines pour « enseigner » aux élèves comment bien manger des produits laitiers. En fait, l’industrie ne s’en cache même pas, le but de ces campagnes est clairement de positionner les produits laitiers dans l’équilibre alimentaire.

En ce qui concerne les bénéfices du lait pour la santé osseuse, nous avons déjà publié un article à ce sujet. Le lait est souvent présenté (par ceux qui le vendent) comme indispensable pour une bonne santé osseuse. Bien au contraire, des chercheurs de l’université d’Harvard ont découvert que la consommation de lait augmente les risques de fracture osseuse chez les hommes et n’avait aucun effet chez les femmes. C’est une propagande qui dure depuis plus de cinquante ans.

Là encore, le gouvernement Français donne à l’industrie agroalimentaire la possibilité de donner des recommandations « nutritionnelles » contradictoires aux données scientifiques les plus sérieuses. On autorise donc l’industrie à faire sa propre publicité dans les écoles, et ce, au dépend de la santé de nos futures générations.

 

Que pouvons-nous faire ?

Tout d’abord il est possible de signer la pétition pour s’opposer à ces accords entre l’Etat et les entreprises agroalimentaires dans l’enseignement de la nutrition.

Trois autres actions sont proposées sur le site lanutrition.fr  :

  1. Faites savoir au chef d'établissement dans lequel votre enfant est scolarisé que vous refusez toute propagande sucrière (nous dirions même industrielle). Demandez notamment si les enseignants qui dispenseraient des conseils de nutrition ont été "formés" dans le cadre de l'accord avec le CEDUS.
  2. Ecrivez au ministre de l'Education Nationale pour demander l'annulation immédiate de cet accord. Adresse et téléphone ici.
  3. Saisissez votre député pour qu'une question sur cet accord sidérant soit posée au gouvernement. Liste des députés ici.

En attendant que les choses changent, informez-vous et enseignez la vérité à vos enfants. Ce que nous apprenons aux jeunes générations forme le patrimoine de demain. Et, de notre point de vue, le futur n’a pas besoin d’être dominé par l’argent et par l'industrie.

Et n’oubliez pas, peut être que l’industrie agroalimentaire à l’air puissante, mais tous ensemble nous pouvons la forcer à reculer et à changer, en votant avec nos cadits et nos fourchettes !

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