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Vaccins en général et particulier
Vaccins en général et particulier
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11 août 2015
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Luc Perino, 5 articles (Médecin)

Luc Perino

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Vaccins en général et particulier

Vaccins en général et particulier

Il ne faut pas parler des vaccins en général que ce soit pour les défendre ou les accuser, mais de chaque vaccin en particulier.

La communication sur les vaccins se fait souvent sans nuance, tant par les ministères qui les promeuvent que par les sectes qui les dénigrent, en bloc.

On parle souvent d’utilité, d’efficacité ou de méfiance sans préciser de quel vaccin il s’agit ; c’est comme si l’on disait des médicaments en bloc « ils sont bons » ou « ils sont mauvais ».

Cela n’a aucun sens, aucune valeur critique, et explique la panne épistémologique autour de ce thème sanitaire majeur.

Pour chaque vaccin, comme pour chaque médicament, il faut se poser les questions essentielles. Présente-t-il des dangers réels ? Est-il indispensable pour la santé publique ? Quels sont les effets secondaires ? Le rapport bénéfices/risques est-il positif ? Quelle est l’efficacité par rapport à l’objectif initial ? Il n’est pas toujours possible de répondre d’emblée à toutes ces questions, mais généralement on peut y répondre après quelques dizaines d’années d’utilisation.

Le vaccin antipolio est sans danger, sans effet secondaire, indispensable à la santé publique et individuelle, le rapport bénéfice/risque est infini, l’efficacité est totale par rapport à l’objectif, car la maladie a disparu.

Le BCG présente quelques effets secondaires, il est important pour la santé publique, il n’est que partiellement efficace et n’a pas permis d’atteindre l’objectif initial.

Le vaccin antigrippal est important pour la santé publique, il est sans danger, il est moyennement efficace et n’a toujours pas permis d’atteindre l’objectif fixé.

Les vaccins contre l’hépatite B et la rougeole sont indispensables, sans danger, sans effet secondaire, et permettent d’atteindre l’objectif chez les personnes vaccinées.

Les vaccins contre la varicelle et le rotavirus sont inutiles pour la santé publique. Le vaccin contre la varicelle présente un danger de recrudescence d’une maladie plus grave à l’âge adulte. Le vaccin contre rotavirus présente quelques effets secondaires, et à long terme, il peut faire émerger la virulence d’autre virus intestinaux communs. Aucun des deux ne semble pouvoir atteindre l’objectif initial.

Terminons cette liste non exhaustive par le vaccin contre le papillomavirus. Il est sans danger ni effet secondaire, il est modérément important pour la santé publique. Il diminue les infections visées, mais personne ne peut encore répondre à ces deux questions : les souches de papillomavirus non couvertes par le vaccin peuvent-elles acquérir de la virulence et l’objectif de supprimer le cancer du col de l’utérus sera-t-il atteint ? L’OMS le recommande pour les filles de 9 à 13 ans dans tous les pays, car elle espère une réponse positive à ces deux questions, mais nul expert ne peut l’affirmer aujourd’hui. Si la prévalence de ces cancers diminue, le vaccin aura partiellement atteint son objectif, sinon, il aura été inefficace ou n’aura pas atteint la cible des personnes vulnérables.


Médicaments ou vaccins, la médecine ne progresse pas avec des promesses, du rêve ou des spéculations mais avec des preuves concrètes.

 


Luc Perino
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