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Usagers de drogue au Maroc : droits violés, prévention impossible
Usagers de drogue au Maroc : droits violés, prévention impossible
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25 juillet 2012
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Sidaction, 4 articles (Association)

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Usagers de drogue au Maroc : droits violés, prévention impossible

Usagers de drogue au Maroc : droits violés, prévention impossible

Une étude présentée par l’Association marocaine de lutte contre le sida (ALCS) le 23 juillet 2012 révèle que les atteintes permanentes aux droits des usagers de drogues les pénalisent en termes de santé. Selon cette étude réalisée auprès de 300 usagers de drogues dans 3 villes du Maroc (Tanger, Nador et Tétouan), 80 % des interrogés ont déjà été incarcérés, 83 % ont déclaré avoir subi des violences de la part des policiers, 65 % ont subi des arrestations arbitraires ou illégales et 61  % ont vécu des situations inhumaines lors de leur détention.

L'étude épingle également le milieu des soins puisque 45 % des interrogés ont été confrontés à divers obstacles pour accéder à des services ou des professionnels de santé. 26 % ont été sujets à des pratiques médicales inhumaines et 12 % ont vécu une divulgation du secret médical par le personnel.

La violence peut également être exercée par la famille ou l'entourage proche. Ainsi, 9 % des participants à l'étude ont déclaré avoir été envoyés à leur insu dans des centres de désintoxication, 60 % on été victimes de réseaux mafieux illégaux et 14 % ont dû subir des relations sexuelles forcées contre de la drogue.

L'usage des drogues injectables au Maroc a connu ces dernières années une progression inquiétante. Selon les données du ministère de la Santé, la prévalence du VIH chez les injecteurs serait entre 7 % et 22 % et celle du virus de l'hépatite C atteindrait même les 80 %. Malgré le programme national de réduction des risques ciblant cette population, avec mise à disposition du traitement de substitution à la méthadone, les violations des droits de l'Homme constituent encore un véritable obstacle à la prévention et à l'accès aux soins.

L'étude souligne la nécessité d'inclure une composante concernant la question des droits de l'Homme dans la stratégie nationale de réduction des risques.
 
Othoman Mellouk - Coordinateur de ITPC-MENA
Sidaction - Ensemble contre le Sida

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