Un traitement anti-calvitie rendrait impuissant

Le Propecia, un médicament utilisé pour lutter contre la calvitie chez les hommes -en fait, il ne fait que ralentir la chute des cheveux-, provoquerait une baisse de la libido accompagnée d’une impuissance définitive. Selon Le Parisien, à l’origine de ces révélations, c’est plus précisément le finastéride, le principe actif du Propecia, qui est en cause. Ce dernier bloquerait en effet l’action de l’hormone mâle, la testostérone, qui favorise la calvitie. La question divise puisque l’Afssaps réfute l’enquête du quotidien en répliquant que « les effets de ce produit sont bel et bien réversibles ».
Le risque était certes connu. La notice du Propecia indique en effet depuis 2008 des risques d’impuissance sexuelle. Mais les médecins estimaient que cet effet secondaire s’étalait sur une durée relativement courte, étant au bout du compte réversible. Or voici que de nombreuses plaintes suggèrent le pire. Selon Le Parisien-Aujourd’hui en France, qui s’est penché sur ce médicament prescrit à 32 000 Français, « une partie des patients disent qu’ils souffrent désormais d’une impuissance quasi totale, et ce même plusieurs mois après avoir arrêté de prendre du Propecia ».
En réaction, le Professeur Dominique Maraninchi, qui est l’actuel responsable de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), a rapidement balayé les soupçons : « Je peux vous assurer que les effets du Propicia sont réversibles à l’arrêt du traitement. Et contrairement à ce qu’indique Le Parisien, ce produit fait partie des médicaments sous surveillance renforcée chez l’Afssaps ». Qui a tort ? Qui a raison ? Le patron de l’Afssaps affirme que le Propicia entraine une baisse de libido allant de 3% (pour une utilisation à petite dose) à 10% (pour les gros utilisateurs), alors que Le Parisien cite un intervenant indiquant que des consommateurs de ce médicament « se retrouvent avec un taux de testostérone équivalent à celui d'un homme de 80 ans ».
Pour le Professeur François Desgrandchamps, professeur d'urologie à l'hopital Saint Louis, cela ne fait aucun doute : « le nombre important de plaintes est à prendre avec grand sérieux et a valeur scientifique. Il faudrait prévenir les patients et faire en sorte que le traitement cesse ». Et pour ce dernier, le Propicia peut réserver d’autres mauvaises surprises, comme « une augmentation d’un risque de cancer de la prostate ».
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