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Un médicament pour atténuer les mauvais souvenirs
Un médicament pour atténuer les mauvais souvenirs
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27 mai 2011 | 10 commentaires
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Université de Montréal, 110 articles (Pôle de recherche)

Université de Montréal

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Un médicament pour atténuer les mauvais souvenirs

Un médicament pour atténuer les mauvais souvenirs

Le fait d’évoquer des souvenirs douloureux sous l’influence du métyrapone réduirait la capacité du cerveau à réenregistrer les émotions négatives associées à ces souvenirs.

C'est ce qu'affirme une équipe de chercheurs de l'Université de Montréal œuvrant au Centre d'études sur le stress humain de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine qui viennent de publier une étude qui remet en doute la théorie voulant que les souvenirs ne puissent être modifiés une fois stabilisés dans le cerveau. « Le métyrapone est un médicament qui réduit de façon significative les niveaux de cortisol, une hormone de stress jouant un rôle dans le rappel des souvenirs », explique Marie-France Marin, auteure principale de l'étude. Ainsi, en manipulant les niveaux de cortisol peu après la formation de souvenirs, il est possible de réduire les émotions négatives qui pourraient y être associées.

« Nos travaux indiquent que, lorsque nous réduisons les niveaux de cette hormone de stress au moment du rappel d'un souvenir négatif, nous pouvons altérer à long terme la mémoire de cet événement négatif », déclare la professeure Sonia Lupien, qui dirigeait l'étude.
 
Les trente-trois hommes qui participaient à cette étude ont dû apprendre une histoire composée d'événements neutres et négatifs. Trois jours plus tard, les participants ont été divisés en trois groupes. Ceux du premier groupe ont reçu une dose unique de métyrapone ; ceux du deuxième, une double dose ; et ceux du troisième, un placebo. On leur a ensuite demandé de se souvenir de l'histoire. Quatre jours plus tard, une fois le médicament éliminé chez les participants, on a réévalué leur performance de mémoire. « Nous avons découvert que le groupe qui a reçu deux doses de métyrapone avait de la difficulté à se rappeler des événements négatifs de l'histoire, alors qu'il n'éprouvait aucune difficulté à se souvenir des événements neutres », explique madame Marin. « Ce qui nous a étonnés, c'est qu'une fois les niveaux de cortisol revenus à la normale, la diminution de la mémoire des événements négatifs était encore présente. »
 
Ces résultats représentent un espoir pour les personnes souffrant de stress post-traumatique. « Cette découverte pourrait aider des personnes qui doivent composer avec des événements traumatiques, en leur offrant l'occasion, pendant la thérapie, d'atténuer certains aspects de leurs souvenirs négatifs », poursuit Marie-France Marin. Par contre, le fait que le métyrapone ne soit plus produit commercialement constitue un obstacle de taille.
 
Cette découverte est néanmoins très prometteuse en termes de futurs traitements cliniques. « D'autres recherches sur des médicaments qui ont la capacité de diminuer les niveaux de cortisol nous permettront de mieux comprendre les mécanismes cérébraux engagés dans la modulation des souvenirs négatifs. »

SOURCES

  • À propos de l'étude
    L'étude a reçu du financement des Instituts de recherche en santé du Canada et a été publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism.

    Pour plus de renseignements sur le Centre d'études sur le stress humain de l'Hôpital Louis-H. Lafontaine, visiter le www.stresshumain.ca

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Commentaires
3 votes
par voxagora (IP:xxx.xx2.21.21) le 30 mai 2011 a 10H50
voxagora (Visiteur)

Assez, assez, assez des expérimentations folles par des apprentis sorciers nullissimes qui jouent avec des cobayes humains en pensant aux royalties des publications de n’importe quoi.

Torturer quelqu’un procure à certains un souvenir POSITIF .. avoir aidé un aveugle à traverser une rue procure à d’autres, parce que ce jour là ils se sont tordu la cheville, très bien soignée depuis, un souvenir NEGATIF ..

va-t-on "traiter" le bon samaritain, et laisser le sadique à ses occupations agréables ?

La mémoire s’aborde par d’autres biais que les seules molécules.

2 votes
par Clojea (IP:xxx.xx1.21.179) le 30 mai 2011 a 11H02
Clojea (Visiteur)

Stop aux bidouillages.... Si vous voulez effacer le souvenir traumatisant d’une expérience, il suffit de le faire sans produits chimiques. Simplement en retournant à l’incident et le repasser encore et encore. au bout d’un moment, il finit par s’effacer et devient un simple souvenir non traumatisant.

0 vote
(IP:xxx.xx3.96.3) le 30 mai 2011 a 14H34
 (Visiteur)

ce médicament, on l’appellera SOMA....

2 votes
par stubborn (IP:xxx.xx4.68.164) le 30 mai 2011 a 16H19
stubborn (Visiteur)

cela voudrait-il dire que les corticoïdes accroissent le rappel des mauvais souvenirs ?

Si c’est vrai, c’est inquiétant quand on pense à la quantité de corticoïde vendu sur le marché !

4 votes
par zozo (IP:xxx.xx8.229.33) le 30 mai 2011 a 17H00
zozo (Visiteur)

donc je prend ce truc , je pense tres fort a sarkozy et j oublie qu il existe : j essaye demain !!

1 vote
par Chris83 (IP:xxx.xx9.122.203) le 30 mai 2011 a 23H52
Chris83 (Visiteur)

Inutile pour ma part de lire cet article en entier, le titre est suffisant.

Comme chacun sait, les apprentis-sorciers travaillent essentiellement à l’enrichissement de l’industrie pharmaceutique sous couvert d’un pseudo-confort des populations

Un commentaire cependant : le cerveau, lui, ne s’y trompera pas. D’une manière ou d’une autre les pathologies causées par les traumatismes surgiront sur la victime... et sur sa descendance...

0 vote
par Chris83 (IP:xxx.xx9.122.203) le 30 mai 2011 a 23H54
Chris83 (Visiteur)

Je parle bien-entendu de pathologies causées par des traumatismes NON-RESOLUS...

0 vote
par Bavard (IP:xxx.xx8.68.229) le 31 mai 2011 a 04H26
Bavard (Visiteur)

Un marché très juteux en perspective et le développement d’une stratégie parasite d’exception : ce médicament sera conseillé en complément de toute psychothérapie dont la fonction est la remémoration des mauvais souvenirs ou souvenirs traumatisants, et dont l’effet perturbateur, anxiogène, se trouve atténué justement par la remémoration. Et le labo mettra ce résultat sur le compte du médicament. Qui deviendra donc indispensable. Pas besoin de faire des recherches sophistiquées pour prouver ce résultat : il suffit de l’affirmer et la psychothérapie fait le reste... Epoustouflant ! Arnaque puissance dix.

0 vote
par Bavard (IP:xxx.xx8.68.229) le 31 mai 2011 a 04H32
Bavard (Visiteur)

Il n’aura donc aucun effet par lui même. Et en plus il sera toxique par modification des taux de cortisol sécrété par le corps. Un nouveau Médiator !

0 vote
(IP:xxx.xx1.61.27) le 1er juin 2011 a 19H03
 (Visiteur)

Une fois de plus on présente une reproduction des effets du traumatisme (la destruction des émotions qui sont notre force de vie) comme un médicament, visiblement les chercheurs dans ce domaine sont les plus atteints, puisque c’est justement de ne plus avoir accès à nos émotions fortes qui nous rend malade, mais ce "médicament" a sans doute pour but d’apaiser notre peur des émotions fortes (y compris de nos peurs), mais ça nous éloigne encore plus de nous même...

Voir : http://alice-miller.blogspot.com/20... http://www.alice-miller.com/