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Un faux médecin a failli tuer le "Jacques Mesrine néerlandais"
Un faux médecin a failli tuer le "Jacques Mesrine néerlandais"
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14 février 2013
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Un faux médecin a failli tuer le "Jacques Mesrine néerlandais"

Un faux médecin a failli tuer le "Jacques Mesrine néerlandais"

Au pays des polders, l’ex-ennemi public numéro 1, Willem Holleeder, qui est souvent comparé à Al Capone aux Etats-Unis et à Jacques Mesrine en France, est désormais libre et règle ses comptes avec un mystérieux médecin pénitentiaire qui, dans sa cellule, lui livrait de faux diagnostics sur sa condition - malgré ses problèmes cardiaques - au point de le laisser dans un état de santé plus que préoccupant. Arrêté pour l’enlèvement du magnat de la bière Freddy Heineken après une fuite épique, quelques années d’errance en France et une extradition difficile dans les années 80, la figure de la pègre d’Amsterdam, qui doit 18 millions d’euros à l’Etat néerlandais, a été embauché comme chroniqueur dans un mensuel à sensations. Et ce gangster reconverti de 54 ans vient de prendre sa plume pour se venger du médecin douteux qui était à deux doigts d’avoir sa peau durant sa détention.

Ce n’est certainement pas un cousin de Christophe Willem, le chanteur révélé par La Nouvelle Star, mais il a lui aussi, à sa façon, acquis une notoriété. En 1983, Willem Holleeder, petite frappe d’Amsterdam, prend la fuite pour Paris avec un comparse et une partie de la rançon après un enlèvement presque réussi du PDG de la bière Heineken. Arrêté, il est incarcéré à la prison de la Santé qui, de son aveu « est tout sauf la santé ». Aux termes d’un périple judiciaire, il est finalement extradé vers les Pays-Bas après avoir été assigné à résidence surveillée dans un hôtel de l’île de Saint-Martin. Au terme de sa détention en Hollande, et après une brève carrière de maître-chanteur (et peut-être commanditaire de plusieurs meurtres, ce point n'étant pas été élucidé) dans les bas-fonds d’Amsterdam, Willem Holleeder, invité sur les plateaux télé pour faire décoller l’audimat, a signé un contrat de chroniqueur avec le mensuel Nieuwe Revu, où il écrit ce qui lui passe par la tête.
 
Et dans ses dernières colonnes, le criminel reconverti en auteur se livre sur les aléas de son état de santé à la prison de haute sécurité de Vught. Et selon les experts, le caractère sobre de cet ex-ennemi public numéro 1 laisse peu de doutes sur la véracité des problèmes de santé dont il fait état. Et, même si les conditions de détention ne sont pas en tout point identiques d’un pays à l’autre, son témoignage aurait de quoi interpeller le docteur Véronique Vasseur qui, ayant dénoncé l’enfer carcéral dans son livre "Médecin-chef à la Santé", a mis un point d’honneur à vouloir améliorer les soins en prison. Pour Willem Holleeder, qui avait lui-même qualifié la prison de la Santé d’« une des prisons les plus dures d’Europe », les prisons néerlandaises sont également loin d’être des clubs med : « Le sport est un privilège rare, en particulier dans les bâtiments de haute sécurité ».
 
Derrière les barreaux, un médecin lui a été exclusivement rattaché. Et ce dernier s’est rapidement avéré être douteux. Selon Holleeder, chaque fois qu’il faisait état de problèmes de santé -il souffrait déjà de problèmes cardiaques-, le médecin se montrait détaché, lui répliquant que « le problème est simplement dans la tête » ou faisait état d’« hyperventilation ». Les gardiens, pourtant, se rendaient bien compte de l’état piteux de Willem Holleeder : « Parfois il ne pouvait plus bouger du tout et était extrêmement anxieux ». Le personnel pénitentiaire a donc fini par assister aux examens du mystérieux docteur dans la cellule. L’issue fut radicale : Le gangster a du être héliporté vers un hôpital puis vers un centre de soins spécialisé. Les conclusions des (vrais) médecins furent nettes : « Willem Holleeder aurait du suivre un traitement spécifique depuis longtemps ». Après une opération et trois mois passés dans le coma, Holleeder ne s’est pas défait de ses problèmes cardiaques.

Il a suffi d’une recherche, menée par l’avocat du prisonnier-patient, pour se rendre compte que le fameux docteur de la prison, aux diagnostics dont l’issue aurait pu être fatale, n’était plus médecin à l’époque des faits. Il avait été rayé de l’Ordre National des Médecins depuis bien longtemps. C’est pour cette raison, d’ailleurs, que le conseil de discipline des médecins n’a même pas pu prendre en compte la plainte déposée contre ce faux docteur. Moralité pour Willem Holleeder, qui se fait justicier (!) pour ses lecteurs de Nieuwe Revu : « Les faux médecins doivent, comme tout citoyen lambda, être tenus responsables de leurs crimes commis en qualité de faux médecins ».

Photo : Willem Holleeder

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