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Un contrat de partenariat entre l’AP-HP et Paris Descartes
Un contrat de partenariat entre l'AP-HP et Paris Descartes
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14 mars 2011
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Un contrat de partenariat entre l’AP-HP et Paris Descartes

Un contrat de partenariat entre l'AP-HP et Paris Descartes

Axel Kahn, président de l’Université Paris Descartes, et Mireille Faugère, directrice générale de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), ont signé, ce mercredi 2 mars 2011, un contrat de partenariat pour 5 ans. L’AP-HP, l’enseignement supérieur et la recherche connaissent des évolutions en profondeur de leur structure. Le renouvellement de ce partenariat s’inscrit dans un nouveau contexte créé tant au niveau de l’AP-HP par la nouvelle organisation et gouvernance hospitalière issues de la loi HPST, qu’au niveau de l’université, par l’acquisition de compétences élargies et par son engagement dans le pôle de recherche et d’enseignement supérieur Sorbonne Paris Cité.

Pour Mireille Faugère, « cette signature traduit la volonté de l’AP-HP de tisser des liens déterminants avec l’Université Paris Descartes dans la perspective de consolider la position de leader européen de Centre hospitalier Universitaire qu’est l’AP-HP. »Pour Axel Kahn, « cette signature permettra de mieux appréhender le continuum existant entre la recherche fondamentale et le lit du malade et réciproquement tout en y incluant la formation médicale ».

Il est essentiel pour l’AP-HP de consolider son rôle de leader en matière de soins. Mais l’AP-HP a conscience qu’elle ne peut, désormais, le faire qu’en étant un acteur important et proactif du progrès médical.

Faire face aux nouvelles pathologies, aux grands problèmes de santé publique, notamment ceux liés au vieillissement, aux maladies nouvelles induites par nos modes de vie (obésité, maladies cardio-vasculaires…), adapter l’offre de soins en intégrant le plus rapidement possible les nouvelles technologies, passer de la découverte d’une nouvelle molécule ou d’une nouvelle technique au traitement et cela en toute sécurité… ce sont là les enjeux d’un CHU…

Or, ces challenges ne peuvent être relevés qu’en partenariat étroit avec les universités et les organismes de recherche. Pendant trop longtemps, cette relation entre le CHR et l’université s’est construite au fil de l’eau. Aujourd’hui les enjeux liés à l’économie de l’innovation, à la recherche translationnelle, à la formation, au transfert technologique vers le R&D du monde industriel… obligent l’ensemble des partenaires à être plus réactifs et plus dynamiques. Ces partenaires doivent anticiper, s’entendre sur la manière dont ils perçoivent les perspectives qui s’ouvrent à eux tant en matière scientifique, que d’évolution techniques, de santé publique et de formation des professionnels de santé. Ils doivent prévoir et percevoir les enjeux à venir, comprendre les contraintes respectives qui pèsent sur chacune des institutions partenaires, s’entendre sur les moyens de les surmonter, c’est justement l’objet d’un contrat hospitalo-universitaire tel que celui qui a été signé hier soir.

Jusqu’à présent l’AP-HP se limitait à des conventions dites « constitutives de CH et U ». La réflexion de la commission conduite par le Pr Marescaux a amplement démontré qu’on ne pouvait plus se contenter de documents aussi déclaratifs et statiques. Certes, ils sont indispensables car ils fixent un cadre juridique fondamental mais il est urgent d’aller au-delà. Aujourd’hui, il faut se fixer quelques objectifs communs, des objectifs partagés, supposant une mutualisation des ressources et des expertises et, enfin, les mettre en œuvre avec méthode, détermination et persévérance.

Ce travail de définition conjoint est sans doute le plus enrichissant car il aide les partenaires à mieux se comprendre, à formuler et à consolider leurs implications respectives.

La signature de ce contrat d’objectifs stratégiques est d’autant plus importante que l’AP-HP est amenée à restructurer son offre de soins pour tenir compte d’enjeux aussi bien internes (équilibre économique, recherche d’efficience…) qu’externes (évolution de la demande de soins, de l’offre extrahospitalière de soins, des techniques médicales et de la démographie…) Dans ce nouveau cadre, la collaboration avec l’université permettra d’éclairer précocement les évolutions qui se dessinent avec tous les acteurs et partenaires de la recherche et de l’enseignement.

Il se dégage de ce contrat quelques grandes lignes directrices qui charpentent cette stratégie conjointe. Pour exemple de ces axes forts :

- Le renforcement de la cancérologie sur les sites de Cochin et de l’HEGP qui va d’une recherche académique à l’activité de soins, en explorant le champ prometteur des thérapeutiques personnalisées ;

- Le développement d’une recherche en génétique et en immunologie de très haut niveau sur le site de Necker grâce à la création d’une plateforme technique de recherche qui sera une des premières en Europe ;

- Une stratégie de recherche fondée sur les âges de la vie, touchant à la prématurité, à l’adolescence, au vieillissement ;

- Une meilleure articulation de la pharmacie devenue une discipline hospitalo-universitaire avec les activités de biologie ;

- La fusion à terme des deux facultés d’odontologie qui, par chance, appartiennent au même PRES (pôles de recherche et d’enseignement supérieur) – c’est-à-dire à la structure fédérant plusieurs universités ; ici, Paris Descartes et Paris Diderot.

- Enfin la consolidation d’un axe clinique et de recherche en diabéto-endocrinologie.

Ces axes correspondent, la plupart du temps, à des investissements importants tant en ressources humaines, que financières et immobilières.

Là aussi, quelques exemples méritent être cités :

- en 2008, l’AP-HP a construit un bâtiment de 7 000 m² pour la recherche en matière cardiovasculaire sur le site de l’HEGP. (30 M€) ;

- Une nouvelle maternité avec des espaces de recherche et un réseau thématique sur la périnatalité va ouvrir sur le site de Port-Royal / Cochin. Elle entrera en fonctionnement à la fin de l’année 2011 (220 M€) et prendra en charge 6 000 naissances et offrira 800 m² de recherche ;

- Le site de Necker va profondément se restructurer. Cette réorganisation concernera son hospitalisation avec l’ouverture du bâtiment Laennec. Sa recherche se restructurera, quant à elle, d’ici 2016, sur deux pôles forts, l’un situé dans un nouveau bâtiment qui abritera l’Institut des maladies génétiques et qui sera construit de novo à l’angle de la rue du Cherche-Midi et du boulevard Montparnasse (il coutera 60 M€) d’autre part la réfection du bâtiment de la faculté de Necker qui abritera les laboratoires formant un deuxième pôle de recherche complémentaire du premier sur ce même site.

- A plus long terme, un institut du diabète pourrait voir le jour. Il réunirait dans un même lieu et sur un même plateau technique toutes les compétences de chercheurs de très haut niveau travaillant déjà en ce domaine mais de façon encore trop dispersée.

C’est ainsi donc que se définit, par son investissement dans l’enseignement et dans la recherche, l’ambition de l’AP-HP dans cette démarche mise au service de son attractivité. Ils peuvent s’énoncer ainsi :

1) Offrir aux praticiens en formation les meilleurs terrains de stage, les plus variés et les plus adaptés, notamment grâce à l’utilisation de techniques nouvelles, de façon à leur assurer un très haut niveau de compétences professionnelles.

2) Continuer à offrir aux chercheurs la proximité voir la contiguïté entre les lieux de leur recherche et les lieux de leur pratique clinique.

3) Mettre à disposition de cette recherche des cohortes de malades, les ressources biologiques que ceux-ci ont consenti à mettre à disposition de la recherche, d’en assurer le référencement et la conservation.

4) Enfin, c’est, dans tout la mesure du possible et sur des bases économiquement équitables, de mettre à disposition de l’université ou des organismes de recherche des ressources immobilières qui favorisent cette proximité entre la clinique et la recherche.

En résumé, la signature de ce contrat marque la volonté de l’Assistance publique, celle de l’université et celles des organismes de recherche de marcher d’un même pas, dans les années qui viennent, pour relever les enjeux qui se présentent conjointement à eux.

Jean-François Sauvat
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