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Un bout d’hôpital psychiatrique devient une prison
Un bout d'hôpital psychiatrique devient une prison
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9 janvier 2012 | 2 commentaires
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Un bout d’hôpital psychiatrique devient une prison

Un bout d'hôpital psychiatrique devient une prison

Une structure pour les détenus souffrant de troubles psychiatriques a été inaugurée le 6 janvier dernier à l’hôpital Marchant de Toulouse. Cette unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) est la seconde du genre en France, après celle de Lyon. Elle compte 40 lits et accueillera ses premiers patients le 17 janvier.

Le personnel des lieux arborait de beaux habits pour l’inauguration, mais les barbelés et les grilles métalliques ne pouvaient en aucun cas tromper les visiteurs. L'endroit n'est pas propice à la fête. Nora Berra, secrétaire d’Etat chargée de la Santé, s’était déjà fait une petite idée des lieux avant de parcourir les couloirs flambants neufs de cette partie "spéciale" de l’hôpital durant l’inauguration. Elle a cependant attendu d’être sortie des lieux pour livrer son sentiment : « C’est avant tout un site hospitalier où les soignants sont au chevet des patients ». La nouvelle unité hospitalière aménagée de l’hôpital Marchant de Toulouse devrait accueillir, dès le 17 janvier, des détenus souffrant de troubles psychiatriques et nécessitant une hospitalisation.

Ils pourront être soignés pour toutes les pathologies que l’on retrouve en milieu libre. Seule exception, les dangereux psychopathes qui, comme le souligne Gérard Laurencin, chef de service des soins en milieu pénitentiaire sur Toulouse, « représenteraient un danger judiciaire, et qui devront être transféré vers une autre unité spéciale d’Albi ». Les détenus devraient être encadrés par 90 personnels de santé, mais aussi par 40 personnels pénitentiaires qui surveilleront les quelques premiers mètres de couloirs. Les patients prisonniers seront distincts des patients classiques de l’hôpital. Et la nouvelle unité de l’établissement sera elle-même divisée en deux parties, un espace pénitentiaire et un espace destiné aux soins. Une fois passés les contrôles de prison classiques, les visiteurs découvriront un lieu d’hôpital authentique, sans barreaux aux fenêtres, avec des salles de soins et un jardin thérapeutique. Christine Arnal, directrice du patrimoine et de la logistique à l’hôpital Marchant, précise que « la prise en charge à l’UHSA se fera comme pour les patients classiques. Le personnel pénitentiaire, dont le rôle est d’assurer la sécurité, n’interviendra que sur demande des équipes médicales ».

Georges Casagrande, directeur du centre pénitentiaire de Seysses dont dépend désormais l'UHSA, confirme. Et Françoise Audebert, cadre de santé, ajoute que « les malades ne seront pas enfermés dans leur chambre et seront libres de circuler dans le bâtiment ». Interviewée par La Dépêche, Isabelle Morere, éducatrice et secrétaire de la CGT, reconnaît que « cette unité va permettre de soigner les détenus dans de meilleures conditions », tout en déplorant que le gouvernement privilégie la répression au détriment de la prévention. Sept autres établissements classés UHSA devraient voir le jour en France.
 

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Commentaires
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par L.S. (IP:xxx.xx4.80.31) le 10 janvier 2012 a 11H29
L.S. (Visiteur)

" l’hôpital Marchant de Toulouse. " la loi du marché ne manque pas d’humour... " Georges Casagrande ( ! ) est également de circonstance... " directeur du centre pénitentiaire de Seysses... "Il faut que ça cesse ! Le manège a assez duré déjà Pasteur sous couvert de la rage faisait enfermer les résistants à la loi du marché... ! Il faut que ça cesse ! Point.

0 vote
(IP:xxx.xx8.196.46) le 10 janvier 2012 a 19H35
 (Visiteur)

Quelle est la situation ?

Les personnes ayant commis un crime ou un délit et reconnues irresponsables sont internées dans des unités spéciales fermées, dites UMD (Unités pour Malades Difficiles)

Les détenus souffrant de troubles mentaux, mais reconnus responsables, sont soignés en prison, ponctuellement, par des équipes provenant des CMP (Centres Médico-Psychologiques qui prennent en charge un secteur géographique- 70 000 habitants)

Les prisons comptent actuellement 1/4 de détenus souffrant de troubles psychiatriques, les surveillants n’ont pas la compétence et les CMP sont une réponse faible devant le problème.

Quant aux psychopathes dangereux, le problème est toujours le même : trop "fous" pour rester en prison, trop dangereux pour être pris en charge dans une structure de soins classique...

Alors, ces nouvelles unités ? A suivre attentivement, pour voir si le sécuritaire ne va pas entraver le soin.

Par ailleurs, toujours aussi peu de réactions dès qu’on parle de maladie mentale. Le fou, c’est l’autre... Sauf fait divers particulièrement sanglant, bien sûr.