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Tourisme médical : faisons le point
Tourisme médical : faisons le point
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8 janvier 2013
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Santé-Voyages, 37 articles (Info voyage)

Santé-Voyages

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Tourisme médical : faisons le point

Tourisme médical : faisons le point

Nous faisons ici référence au déplacement hors du pays de résidence pour s’y faire soigner. Le phénomène n’est pas récent : toute la Méditerranée convergeait à Epidaure pour se soigner, sous la protection du dieu médecin Asclépios. Plus proches, les soins par les eaux (spa, cures thermales), les sanatoriums. Mais le tourisme médical est en progression vertigineuse depuis une dizaine d’années, et concerne des destinations nouvellement ouvertes aux soins de santé lucratifs et excluant leur population autochtone impécunieuse.

Les causes de cette croissance


- Les systèmes de protection sociale de tous les pays industrialisés sont gravement déficitaires. Il n’est pas question qu’ils élargissent leur champ de couverture aux problèmes médicaux et paramédicaux jugés accessoires en termes de santé publique : chirurgie esthétique (en tout premier lieu), soins dentaires, soins de confort. Mais aussi, de plus en plus pour certains pays émetteurs où les soins « normaux » sont inégalement assurés (Etats-Unis par exemple), prise en charge de pathologies lourdes (orthopédie, cancérologie, cardiologie, procréation médicale assistée…). Mais aucun champ lucratif n’est exclu : soins de suite, psychiatrie, médecines alternatives…

- Quand cela n’est pas le cas, que la nation fait un effort pour une couverture aussi ample que possible –comme en France ou au Canada- le système de santé y est souvent saturé, avec des délais de prise en charge inadmissibles pour beaucoup de patients. En 2005, 783 000 Canadiens étaient en liste d’attente de soins, avec un délai moyen de 9,4 semaines ; 26 semaines pour une prothèse totale de hanche, 16 semaines pour chirurgie de la cataracte.

- Dans les pays industrialisés, les coûts des prestations médicales sont élevés. Rien d’étrange à cela : nous sommes habitués à ce qu’un produit ou service fabriqué ou effectué dans un pays de moindre PIB soit moins cher que celui proposé chez nous. La moindre rémunération de la main d’œuvre et une moindre taxation en sont les causes principales. La santé devient un bien de consommation comme un autre, et est soumis à concurrence commerciale. Un pontage coronaire coûte 75 000 $ aux Etats-Unis : il est proposé à 9 000 $ en Inde ; un remplacement valvulaire y passe de 200 000 à 10 000 $. La moyenne mondiale est un rapport 10 à 1.

- Pour les Etats des pays plus pauvres et émergents, la ressource extérieure liée au tourisme médical est très attractive. Par exemple, l’Inde attend une rentrée de 2 à 3 milliards de Dollars US en 2012 (McKinsey).

- De plus, pour l’Occidental, l’intervention chirurgicale peut devenir festive : voyage en avion inclus, patient (« client ») attendu à l’aéroport, programme touristique et « convalescence » dans des endroits de rêve : en général des clubs hôtels en période de sous-occupation touristique « banale », comme en Tunisie en hiver. Mais quand même, quelle clinique européenne pourrait proposer une telle séduisante prestation en apparence ?

- Enfin, bien évidemment, la baisse continue des prix des voyages aériens est un élément moteur fort.


Pays émetteurs et pays récepteurs


Principaux pays émetteurs : Amérique du Nord (1,5 million en 2008 à partir des Etats Unis ; prévision de 15 millions en 2018), Europe de l’Ouest, Moyen Orient, Japon. En Europe, le principal émetteur semble être la Grande Bretagne (150 000 Britanniques se feront opérer en Inde en 2010, contre 77 000 en 2006).

Plus de 50 pays considèrent le tourisme médical comme une industrie nationale.
Ce sont principalement : Afrique du Sud, Argentine, Brunei, Cuba, Colombie, Costa Rica, Hong Kong, Hongrie, Inde, Jordanie, Lituanie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande . Auxquels se sont récemment ajoutés Arabie Saoudite, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis, Tunisie et Nouvelle Zélande.
Sont plus particulièrement spécialisés dans la chirurgie esthétique : Argentine, Bolivie, Brésil, Colombie, Costa Rica, Cuba, Mexique et Turquie.


Risques


- Infections communautaires liées à la destination : paludisme, dengue, hépatite A, salmonelles, shigelles, etc

- Infection nosocomiale. Partout difficile à contrôler, encore plus dans des pays exotiques ; risque particulièrement élevé en Inde, Malaisie, Thaïlande. Hépatites B et C, VIH, bactéries extrêmement multi-résistantes (sous-continent indien en particulier). Quelles suites en cas d’une vitale transfusion per ou post-opératoire ?..

- La qualité de la prise en charge des soins post-opératoires, apanage quasi exclusif des pays industrialisés, pose un énorme et inquiétant problème dont le patient n’a que peu conscience.

- Bien souvent le patient entre dans une clinique « industrielle » : séjour raccourci au maximum, puis reconduite à l’aéroport. Dans ces conditions, un vol long courrier peut être délétère, sur le plan thromboembolique en particulier. Parfois un séjour de « convalescence touristique » est inclus : le patient se trouve alors éloigné de tout recours médical. Le patient est livré à lui-même : exemple caricatural fréquent : les cas d’hyperpigmentation des cicatrices sous le soleil tropical.

- Enfin, un patient mécontent du résultat thérapeutique n’a en pratique aucune possibilité de réparation du dommage corporel.

Dans tous les cas, le patient ne devrait partir qu’après avoir souscrit à une assurance-assistance internationale.

Sans parler des problèmes éthiques : en particulier la transplantation d’organes issus d’un trafic marchand ou de condamnés à mort…


Accréditations internationales


www.jointcommissioninternational.org (Etats Unis)
www.accreditation.ca (Canada)
www.qha-international.co.uk (Royaume Uni)
www.achs.org.au (Australie)
www.medicaltourismassociation.com

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