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Télésurveillance à domicile des patients allogreffés de moelle
Télésurveillance à domicile des patients allogreffés de moelle
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2 septembre 2011
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Télésurveillance à domicile des patients allogreffés de moelle

Télésurveillance à domicile des patients allogreffés de moelle

La mise en place puis la poursuite d’une télésurveillance des paramètres ventilatoires chez les patients allogreffés de moelle permet le diagnostic précoce des éventuelles complications pulmonaires. Point avec le Dr Marie-Hélène Becquemin du Service Central d’Explorations Fonctionnelles Respiratoires de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP).

En quoi consiste l’activité mise en place pour ces patients ?

Notre programme de télédiagnostic permet de surveiller la fonction ventilatoire à domicile des patients allogreffés de moelle osseuse. Le Dr O. Randrianarivelo et moi-même avons débuté cette activité à la demande du service d’Hématologie du Groupe Hospitalier de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) voici une dizaine d’années, pour permettre le dépistage précoce de la bronchiolite oblitérante (conséquence d’une réaction du greffon contre hôte) ou d’autres complications pulmonaires le plus souvent infectieuses. Ces complications peuvent être très graves, source à la fois de mortalité et de morbidité. La bronchiolite oblitérante est relativement fréquente (5 à 10 % des cas) et son diagnostic est souvent tardif car les patients restent relativement asymptomatiques, au moins au début. Elle peut survenir jusqu’à vingt-quatre mois après la greffe. Quant aux complications infectieuses, elles peuvent survenir assez précocement, dans les trois mois qui suivent la greffe.
L’idée directrice est donc de surveiller la fonction ventilatoire des patients au moins deux fois par semaine dès le retour à domicile et pendant plusieurs mois (jusqu’à 24 mois, voire plus), afin de leur éviter de venir à hôpital.

Comment l’organisation fonctionne-t-elle ?

Sur le plan méthodologique, les critères d’inclusion sont validés par le Service d’Hématologie, avec en particulier la nécessité de résider en Ile-de-France. Nous voyons les patients avant leur greffe et réalisons alors une exploration fonctionnelle ventilatoire qui servira de référence. Après la greffe, une fois rentré chez lui, le patient reçoit la visite d’un technicien prestataire de soins : ce dernier lui apporte un spiromètre portable, antérieurement configuré, et lui explique les manœuvres ventilatoires à effectuer pour une bonne reproductibilité des valeurs fonctionnelles ventilatoires enregistrées. Le patient doit effectuer 2 ou 3 courbes débit-volume au moins deux fois par semaine, les mêmes jours et aux mêmes heures si possible. Puis il transmet dans la journée via un téléphone les résultats qui arrivent sur un Serveur Central. Nous récupérons alors ces données (courbes débit/volume en terme de chiffres, d’aspect des courbes et courbes de tendance) sur un ordinateur équipé d’un logiciel spécifique. Nous analysons ces courbes, et en cas d’anomalie (chute d’au moins 20 % de la fonction ventilatoire), nous recontactons le patient pour répéter l’examen ; si cette chute persiste, il lui est demandé de venir à l’hôpital pour une exploration plus complète. Si le déficit fonctionnel ventilatoire est confirmé, le patient est réadressé dans le service d’Hématologie pour radio, scanner et fibroscopie si nécessaire.

Combien de patients ont bénéficié du dispositif ?

Depuis dix ans, nous avons surveillé environ 180 patients. Entre 2001 et 2008, soit sept ans de surveillance, sur 120 patients équipés, le diagnostic de complication pulmonaire, infectieuse ou non, a été porté et confirmé sur 12 patients. Actuellement, nous avons 26 patients sous surveillance. Le spiromètre portable utilisé sert également pour la surveillance des greffés pulmonaires avec prise en charge par la Sécurité Sociale, mais sans la télétransmission. L’appareil garde alors les données en mémoire qui sont téléchargées secondairement par le pneumologue lors des consultations. La télésurveillance à domicile de la fonction ventilatoire s’adresse également à d’autres domaines de la pneumologie comme par exemple la surveillance des asthmes instables ou des décompensations des insuffisants respiratoires chroniques, et ce d’autant que la télétransmission des paramètres ventilatoires peut être couplée avec celle de la saturation.

Propos recueillis par Jocelyn Morisson
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