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Séjour à l’hôpital : La réanimation, mode d’emploi
Séjour à l'hôpital : La réanimation, mode d'emploi
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9 janvier 2013
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Heidi, 5 articles (Infirmière)

Heidi

Infirmière
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Séjour à l’hôpital : La réanimation, mode d’emploi

Séjour à l'hôpital : La réanimation, mode d'emploi

Un membre de votre famille ne va pas bien, il vient d’avoir un accident, ou alors présente des douleurs à la poitrine et le médecin vous annonce qu’il part dans le service des Soins Intensifs (NB : en Suisse, en Allemagne, aux USA, on parle de Soins intensifs, en France, le terme est réanimation.)

Vous vous inquiétez, le mot de l’unité de soins vous fait peur, car s’il est transféré dans ce service, c’est que "c’est grave".

Et voilà que vous vous demandez "Pourquoi aux Soins Intensifs ? Qu’est-ce qu’ils vont faire de plus que dans un service ordinaire ? Qu’est-ce qui change ? Est-ce que c’est la même chose que les urgences ?"

Alors, vous vous précipitez à l'hôpital pour savoir, voir... (je ne saurai que trop vous conseiller de venir à allure modérée, en restant prudent sur la route et surtout, si possible, en étant conduit par une personne qui n'est pas aussi proche que vous du patient... )

Et voici que vous vous retrouvez devant une porte close, avec une sonnette.

Vous sonnez, vous attendez, vous sonnez à nouveau, vous trépignez...

Là, une infirmière ou une aide-soignante vient et vous explique que la sonnette n'est pas en panne, mais que si nous mettons du temps à vous répondre, ce n'est pas de la mauvaise volonté, mais parce qu'on est occupés...

Occupés à quoi ?

A transférer votre mari/ami/père/ frère depuis le brancard des Urgences sur un lit d'hôpital, à mettre les électrodes sur lui, à brancher, le cas échéant, le respirateur à son tube, à faire quelques examens complémentaires.

Ensuite vient l'infirmière qui s'occupe de Gérard (vous permettez que je l'appelle Gérard ?) et qui vous conduit dans son box.

Vous voilà donc entré dans l'unité. Vous entendez des bruits aigus, des gémissements, des bruits plus lancinants.

Vous regardez autour de vous : il y a des box avec un lit dedans, un patient dans le lit, certains lisent, d'autres regardent la télé. Il y a un bureau central avec des blouses blanches occupées, se hélant, se parlant.

Vous voyez un écran géant où il y a des tracés comme dans les films médicaux : c'est le "scope central" où tous les tracés des gens hospitalisés dans le service sont visibles.

Mais ce qui vous importe, c'est Gérard ! alors, vous suivez l'infirmière qui vous amène vers lui.

Il est pâle, mais il respire seul. Vous voyez quand même, à côté de lui, une grosse machine : c'est le respirateur qui va suppléer à sa respiration s'il commence à moins bien ventiler, à être moins conscient.

Dans son box, vous voyez un écran avec plein de couleurs et de tracés : c'est le "scope" (ou moniteur, pour qui veut parler français)

moniteur-cardiaque-avec-les-signes-essentiels-thumb14059886.jpg

 

Ces chiffres vous paraissent mystérieux ?

N'hésitez pas à demander aux soignants ce qu'ils signifient.

Là, par exemple, la ligne du haut indique le rythme cardiaque, Gérard a 60 pulsations à la minutes, avec un rythme cardiaque normal (les soignants travaillant dans ce milieu ont appris à reconnaître un tracé normal d'un tracé pathologique. Si vous voyez de "drôles de mouvements" sur le tracé et qu'il n'y a pas d'intervention de la part des soignants, ne vous inquiétez pas : il s'agit quasi systématiquement d'artéfacts, c'est à dire de mouvements parasites qui gênent la lecture du tracé... Si par contre les soignants viennent rapidement dans la chambre, c'est que le tracé indique des changements, et Gérard doit être surveillé de plus près.

Peut-être, dans ce cas, on vous demandera de sortir du service. Très rapidement (aux yeux des soignants, hélas, le temps passe beaucoup plus lentement quand on est de la famille et qu'on attend), un médecin ou une infirmière viendra vous expliquer ce qui s'est passé.

Dans le carré au-dessous du 60 vous avez trois chiffres : 108 84 70. Il s'agit de la tension artérielle, prise en mmHg (en millimètres de mercure) : Gérard a une tension de 108/70 (ou 10,8 / 7 si vous avez l'habitude de mesurer en cmHg) avec une tension moyenne de 84. Cette tension moyenne (qui est le fruit d'un calcul . 2x le chiffre du bas (tension diastolique) + le chiffre du haut (tension systolique) divisé par 3) est un indicateur précieux pour régler certains médicaments.

La ligne bleue avec le chiffre 98 est la saturation en oxygène de Gérard. Une petite pince est mise à un de ses doigts et va mesurer en continu le taux d'oxygène dans son sang. Si ce chiffre baisse, Gérard va probablement recevoir de l'oxygène par des lunettes qui arrivent dans le nez ou par un masque.

Tout en bas, la ligne jaune indique la respiration et le nombre de mouvements respiratoires à la minute.

Plus loin, vous avez le chiffre 37,7, il s'agit de la température. dans mon service, nous utilisons peu la température prise en continu, sauf si Gérard nécessite une surveillance accrue (fièvre, frissons, ...)

Gérard a aussi un tuyau qui sort de sa vessie : une sonde urinaire (ce n'est pas systématique, mais s'il vient d'être opéré ou s'il a des trop petites tensions, un moyen simple de surveiller le volume sanguin qui circule dans son corps est de mesurer en continu ce qu'il urine...

Pour mesurer son rythme cardiaque, Gérard a aussi des fils qui vont du scope aux électrodes posées sur sa poitrine.

Le rôle des soignants en unité de Soins Intensifs est de suppléer, d'aider, mais aussi d'anticiper les problèmes pouvant surgir, de surveiller les constantes et d'agir en fonction des changements qui surviennent.

Maintenant que l'infirmière vous a expliqué en quelques mots la technique qui entoure Gérard, vous pouvez vous asseoir, lui prendre la main ou l'embrasser. Ce n'est pas toute cette technologie qui doit être importante à vos yeux, mais le fait qu'il soit là, ayant mal, un peu peur et surtout ayant besoin d'être entouré par les gens qu'il aime.

Infirmière Heidi
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Hôpital Patient