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Salles de shoot : le gouvernement prêt à lancer des tests
Salles de shoot : le gouvernement prêt à lancer des tests
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31 août 2012 | 4 commentaires
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Salles de shoot : le gouvernement prêt à lancer des tests

Salles de shoot : le gouvernement prêt à lancer des tests

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a déclaré le 30 août dernier sur LCI que le projet du lancement d’une phase d’expérimentation des salles de shoot dans l’hexagone est à l’étude avenue Duquesne. Le gouvernement, prudent sur ce sujet sensible, semble ainsi aller dans le sens de la proposition du député parisien Jean-Marie Le Guen, favorable pour tester les salles d’injections de drogue.

Jean-Marie Le Guen n’est pas un inconnu dans les sphères parisiennes de la santé. Ce médecin proche de Bertrand Delanoë, spécialiste des questions de santé publique, y est allé de sa plume à plusieurs reprise pour livrer des diagnostics cinglants sur l’état des Français. Il est l’auteur, entre autres de « Obésité, le nouveau mal français » (2005), « Retraites et vieillissement : pour un nouveau contrat social » (2010) ou même « Sauvons notre Santé, avant qu’il ne soit trop tard » (2011). Souvent qualifié de visionnaire, ce député de Paris vient d’en appeler le gouvernement à se décider très vite sur les salles de shoot afin de lutter efficacement contre la toxicomanie et mettre en place un suivi thérapeutique de cette catégorie de malades concernés.
 
Et la ministre de la Santé, qui a fait preuve d’une grande réactivité sur certains dossiers depuis sa nomination au printemps dernier, n’a pas failli à sa réputation. Cette dernière a ainsi déclaré le 30 août dernier sur LCI que « les conditions seraient réunies assez rapidement pour que de telles structures puissent ouvrir dans quelques grandes villes de France. Nous verrons dans quel cadre il sera possible d’expérimenter ces salles. Mais au préalable, un travail de concertation devra se faire entre les élus et les associations concernées ». Prudente, la ministre a balayé certaines critiques en évoquant l’état des lieux actuels : « Jusqu'à présent des personnes se droguent dans des conditions sanitaires exécrables. Elles ne sont pas à même de retrouver le chemin du sevrage, d’être accompagnées ».
 
Les toxicomanes, pourront-ils donc bientôt se rendre dans un lieu pour prendre leur dose sous surveillance médicale et avec du matériel stérile ? Selon Marisol Touraine, « aucune décision ne sera prise immédiatement sur le sujet, mais le gouvernement devrait être prêt assez rapidement ». En Europe, il existe déjà près de 80 lieux sous surveillance pour les toxicomanes. Et la Suisse est pionnière en ce domaine. C’est chez notre voisin d’outre-Léman que la première salle de shoot a été ouverte, à Berne en 1986, « pour mettre fin aux squats qui faisaient office de piqueries clandestines ». Et ce sont actuellement une trentaine de ces centres spécialisés du même type qui y sont établis. D’autres pays ont pris la même voie. On compte des salles de shoot en Espagne, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Norvège, au Luxembourg… et le Danemark est en passe de suivre. La consommation y est encadrée, et ouverte, généralement, aux consommateurs de drogues dures telles que le crack ou l’héroïne.
 

Selon une étude menée en 2004 par l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), l’expérience s’avère concluante. Mais à Paris, où cette idée a été lancée dans l’hexagone, c’est un autre député et également médecin, Bernard Debré, qui a donné la contradiction sur les onde de Europe 1 : « Les salles de shoot sont une idée indéfinissables. Si quelqu’un fait une overdose mortelle, qui est responsable ? Si un drogué sort de la salle et tue quelqu’un, qui est responsable ? L’Etat ! Avec ces lieux spécialisés, un drogué pourra très bien attaquer l’Etat et l’accuser de l’avoir poussé vers la drogue. Il faut lutter contre la drogue au niveau mondial et instruire les jeunes. Elle est mortelle la drogue ». Le calumet de la paix (si l’on ose dire) n’est pas prêt d’être allumé entre les deux députés médecins de Paris Jean-Marie et Bernard.

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Commentaires
7 votes
par Docteur David Vincent (IP:xxx.xx9.86.37) le 1er septembre 2012 a 11H53
Docteur David Vincent, 74 articles (Médecin généraliste)

Faire des salles de shoot revient à dire qu’on légalise la drogue, d’autant plus que j’ai entendu qu’on pouvait la fournir dans certaines structures. Quelle société nous préparons-nous ?

0 vote
(IP:xxx.xx6.7.36) le 3 septembre 2012 a 14H19
 (Visiteur)

Ce n’est pas "quelle société nous préparons nous ? " ouvrez les yeux c’est :quelle société la prohibition de la drogue nous a légué ,et c’est maintenant !!

3 votes
par Franck de Lyon (IP:xxx.xx6.107.122) le 1er septembre 2012 a 13H59
Franck de Lyon (Visiteur)

Après tout, pourquoi pas essayer ? Si ça ne marche pas on pourrait passer à autre chose. A Berne, en Suisse, le taux de réhabilitation des drogués ayant commencé un traitement par substitution est de plus de 60%. Ils rencontrent dans ces centres des psychologue, des médecins, des volontaires, des anciens drogués, souvent des gens qui ne les jugent pas et qui arrivent à les convaincre.

0 vote
par Moumou (IP:xxx.xx1.83.44) le 3 septembre 2012 a 12H43
Moumou (Visiteur)

Je vois une grosse différence entre légaliser l’usage de la drogue et offrir des lieux de prises en charge pour les drogués.

Ne voyez-vous pas que l’objectif, c’est de sevrer les drogués et non pas de les encourager ? Si on y arrive mieux comme ça, comme le démontre les études, pourquoi ne pas le faire ?

Il faut dépassionner les discussions politiques sur les problèmes de société, sinon on ne les réglera jamais.