Interpol, qui a coordonné les services de police et de douane de 100
pays, a annoncé le 4 octobre dernier la saisie record de 3,75 millions
de doses de médicaments contrefaits sur Internet. Cette opération, qui
s’est étalée sur une semaine, s’est soldée par la fermeture de 18 000
sites qui étaient dédiés à la vente de ces produits. Ce coup de filet
témoigne de la vigueur du marché médical sur le Net, et laisse place à une inquiétude puisque les
produits contrefaits présentent bien souvent des risques pour la santé.
L’opération, qui a reçu le nom de Pangéa 5, se voulait géante et rappelle quelque peu le coup de filet réalisé en
Chine l’été dernier. Entre le 25 septembre et le 2 octobre dernier, 79 personnes ont été arrêtées, et plus de 18 000 sites dédiés à la vente de médicaments contrefaits ont été fermés. Interpol, qui a supervisé les services de police et de douane de 100 pays, et qui a obtenu le renfort des sociétés Visa, Mastercard et Paypal, a en quelque sorte fait sauter la banque : 3,75 million de doses de médicaments contrefaits ont été confisquées (dont 420 000 saisies par la justice française), d’une valeur totale de 8,1 millions d’euros. Un record dans cette catégorie.
En triant le butin, on trouve énormément de produits contre les troubles érectiles et des dopants, mais également des hormones de croissance, des traitements anti-cancer, des antibiotiques ou encore des produits pour maigrir et des compléments alimentaires.
Aline Plançon, responsable du service de la contrefaçon de produits médicaux et de la criminalité pharmaceutique à Interpol n’est pas étonnée par le montant assez impressionnant de la saisie : « Internet devient de plus en plus accessible dans le monde, et le nombre de victimes potentielles s’accroît d’autant. Il est donc vital de poursuivre des actions internationales comme celle de Pangea ». L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a elle aussi donné de la voix pour rappeler qu’« un médicament sur deux qui est vendu sur Internet est une contrefaçon ».