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Risques : Ritaline, de nouvelles recommandations
Risques : Ritaline, de nouvelles recommandations
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6 avril 2009
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David, 25 articles (Etudiant en Pharmacie)

David

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Risques : Ritaline, de nouvelles recommandations

Risques : Ritaline, de nouvelles recommandations

La Ritaline est à la mode en ce moment : presse, médecins, instituteurs, psychologues, parents…Tout le monde en parle, et chacun donne son avis. Au moment où l’EMEA (l’agence européenne du médicament) émet de nouvelles recommandations, il est temps de faire un point sur cette molécule décriée par certains et plébiscitée par d’autres.

Risques : Ritaline, de nouvelles recommandationsQu’est-ce que la Ritaline ?

La Ritaline est un des noms commerciaux du chlorhydrate de méthylphénidate. Il s’agit d’un stupéfiant et à ce titre, il doit respecter une procédure particulière : prescription initiale hospitalière, délivrance sur ordonnance sécurisée, renouvellement possible par tout médecin dans l’année suivant la première prescription hospitalière.

Le chlorhydrate de méthylphénidate est un stimulant du système nerveux central proche des amphétamines.

Dans quels cas est-il prescrit ?

Il est principalement prescrit chez l’enfant de plus de 6 ans (sans limite d’âge supérieur) ayant des troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (pour simplifier : chez l’enfant agité ayant du mal à se concentrer).

Seulement le diagnostic clinique doit être précis, c’est pourquoi il fait intervenir différents acteurs de la vie de l’enfant (parents, éducateurs, médecins) et doit être confirmé par un test neuropsychologique.

Cependant, les causes de ces troubles déficitaires sont méconnues, il s’en suit un diagnostic qui ne peut être universel. Il prend donc en compte un certain nombre de critères examinés en fonction de leur survenue dans le temps dont :

- manque d’attention soutenu

- incapacité à se concentrer

- instabilité émotionnelle

- impulsivité

- hyperactivité modérée ou sévère

- difficultés d’apprentissage

- signes neurologiques

Avant de mettre un patient sous Ritaline, sa fréquence cardiaque et son état psychiatrique doivent être évalués. De plus, ce traitement doit être utilisé en dernier recours après avoir essayé des alternatives non médicamenteuses (plus de sévérité envers l’enfant, dialogue, psychologie, …)

Si un traitement est mis en place, il est conseillé de l’arrêter pendant les week-end ainsi que le temps des vacances. La posologie doit être continuellement contrôlée et, en général, ne dépasse pas les 1mg/kg/j répartis en 2 à 3 prises (max de 60mg/J).

Des problèmes ?

Il s’agit d’un stupéfiant : en aucun cas il ne faudrait l’assimiler à un simple médicament conseil. Son usage doit répondre à un réel besoin des patients eux-même et non à un besoin que l’on pourrait qualifier de “sociétal”.

En l’absence de traitements médicamenteux alternatifs au moins aussi efficaces, le Service Médical Rendu de la Ritaline a été considéré comme important bien que la tolérance à long terme ne soit pas bien connue. La rapport bénéfice/risque est important.

Entendez par tout cela que si le diagnostic et le suivi sont bons, le risque encouru par le patient est dérisoire comparé au bénéfice qu’il pourra en tirer.

Quelles sont les nouvelles recommandations ?

L’agence européenne du médicament (EMEA) vient de publier de nouvelles recommandations pour le chlorhydrate de méthylphénidate. Un certain nombre de ces recommandations étaient déjà suivies en France. Seule une recommandation attire vraiment l’attention : “En raison du manque de données sur les risques liés à une utilisation à long terme du méthylphénidate, les médecins devront interrompre le traitement au moins une fois par an (chez les patients traités depuis plus d’un an par ce médicament) et devront déterminer si la poursuite de ce traitement est nécessaire.” Il était déjà conseillé de stopper le traitement pendant les vacances et les week-end, il s’agit désormais d’une obligation annuelle.

Un bilan français sur le méthylphénidate est prévu au printemps 2009.

En savoir plus :

- AFSSAPS, Recommandations de l’agence européenne visant à limiter les risques liés à l’administration de Ritaline® ou d’autres médicaments contenant du méthylphénidate, 23 Jan 09 (lien)

- Commission de la Transparence, Avis sur la ritaline 10mg comprimés boîte de 30, 12 Juin 2002 (lien)

David, rédacteur de http://www.philapharm.fr étudiant en pharmacie
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