Accueil du site
> Médicaments & Soins
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Quand médicaments et soleil ne font pas bon ménage !
Quand médicaments et soleil ne font pas bon ménage!
note des lecteurs
date et réactions
9 juillet 2010
Auteur de l'article
DR DELEPOULLE A-S, 16 articles (Pharmacien)

DR DELEPOULLE A-S

Pharmacien
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
16
nombre de commentaires
1
nombre de votes
3

Quand médicaments et soleil ne font pas bon ménage !

Quand médicaments et soleil ne font pas bon ménage!

Certaines personnes sous traitement peuvent voir apparaître des réactions cutanées plus ou moins violentes dès les premiers rayons du soleil. Ce phénomène est hélas aussi fréquent avec les cabines de bronzage aux UV. Alors avant de vous exposer, vérifiez que vous n’êtes pas sous traitement potentiellement photo allergisant et/ou photo toxique !

Les photodermatoses sont des affections cutanées dues aux rayons UV (naturels ou artificiels comme les cabines à UV) se manifestant par des brûlures, des éruptions eczématiformes, urticaires, pigmentations, photo-onycholyses (décollement total de l'ongle dû aux UV), pseudoporphyries (présence de bulles plus ou moins hémorragiques, localisées au visage, aux pieds, et aux mains).

Deux grands types de mécanismes sont en cause dans la survenue des photodermatoses : photo toxicité et photo allergie. Un même médicament est parfois à l'origine de photodermatoses toxiques et de photodermatoses allergiques.

Photosensibilisation par voie orale Elle concerne l’ensemble des zones exposées .Les médicaments ayant un fort potentiel photo sensibilisant sont :

•AINS
•Antidépresseurs
•Antibiotiques : les quinolones, les fluoroquinolones et les tétracyclines (famille des antibiotiques) qui déclenchent des réactions phototoxiques parfois sévères . Sulfamides antibactériens
•la chlorpromazine (famille des neuroleptiques phénothiaziniques) qui induit une pigmentation bleutée en cas de prise chronique
•l’amiodarone (famille des antiarythmiques) qui est à l’origine d’une pigmentation bleu ardoisé sur les zones découvertes, plus fréquemment à partir de la deuxième année de traitement. Cette pigmentation est réversible à l'arrêt du traitement mais peut mettre 10 à 24 mois à disparaître !
•Antiacnéïques
•Diurétiques : sulfamides, triamtérène
•IEC, Inhibiteurs calciques, fibrates, statines, antiarythmiques, antifongiques, anxiolytiques, antiépileptiques, Antiparasitaires, anticancéreux.
•le millepertuis, utilisé par voie interne dans le traitement des dépressions légères, car il contient des substances photosensibilisantes.
Photosensibilisation locale Elle ne concerne que les zones d'application. Les médicaments les plus souvent incriminés sont :

•Phénothiazines (prométhazine, chlorproéthazine)
•AINS en particulier le piroxicam et le kétoprofène qui induisent une réaction photoallergique
•Antiacnéïques tels que l’adapalène, l’isotrétinoïne, la trétinoïne et le peroxyde de benzoyle qui majorent les phénomènes d’irritation cutanée au soleil.
•Antibiotiques : cyclines (Ster-dex®, Auréomycine®, sulfamides (Flammazine®)
•Antihistaminiques : Butix® gel, Apaisyl®
•Filtres solaires : Benzophénone, Cinnamates, Parsol, Meroxyl-SX, Otocrylène
• Anti moustiques : HE de citronnelle
•Antitussifs oxomémazine : Toplexil®
 

Que faire en cas de photosensibilisation ?

•Se maintenir à l'ombre pendant toute la durée du traitement photosensibilisant et même après arrêt de la molécule en fonction du médicament (jusque 30 jours).
•Utiliser une photo protection efficace : vestimentaire, lunettes de soleil, écran solaire en privilégiant les écrans minéraux pour leur inertie (allergie possible aux filtres chimiques et/ou aux parfums des crèmes solaires)...
•Signalez toujours la survenue de la réaction cutanée à votre médecin. Les réactions sévères nécessitent une prise en charge médicale.
•Suivre un traitement Antiallergique en évitant les anti-histaminiques par voie orale et/ou locale qui sont eux même photosensibilisants.
•Traitement homéopathique de la photosensibilisation : Hypericum perforatum 5CH 3gr 5 à 6fois par jour
•Si la pigmentation persiste, les tâches peuvent être atténuées à l’aide de produits dépigmentants.
 
•Sachez aussi qu’en dehors des médicaments, d’autres substances sont responsables de réactions photosensibilisantes.
Il s’agit des parfums contenant de l’essence de bergamote, des huiles essentielles de lavande, de santal, de cèdre, de vanille…
•Certains déodorants à base de triclosan, des cosmétiques à base de baume du Pérou sont également concernés.
Les plantes contenant des furocoumarines sont aussi en cause : citron vert, orange amère, bergamote, millepertuis, figuier, géranium, cèleri, cerfeuil, fenouil…

Anne-Sophie Delepoulle Pharmacien

POST-SCRIPTUM

  • Consulter un médecin en cas de photosensibilisation afin de déterminer la ou les substances en cause (réactions cumulatives ou croisées possibles)

Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Médicaments & Soins