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Projet « Empreintes de vie » à l’hôpital Beaujon (AP-HP)
Projet « Empreintes de vie » à l'hôpital Beaujon (AP-HP)
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8 juillet 2011
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Le Webzine de l'AP-HP, 323 articles (AP-HP)

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Projet « Empreintes de vie » à l’hôpital Beaujon (AP-HP)

Projet « Empreintes de vie » à l'hôpital Beaujon (AP-HP)

Depuis le 5 novembre 2010, l’hôpital Beaujon (AP-HP) accueille le projet « Empreintes de vie » de l’artiste plasticien Olivier Terral. Actuellement en résidence, il propose aux patients du Service de cancérologie du Pr Eric Raymond, en partenariat avec l’Equipe Mobile d’Accompagnement et de Soins Palliatifs du Dr David Guigou, de mettre à profit le temps de leur hospitalisation pour peindre leur auto-portrait.

Grâce à la technique du portrait pixelisé réalisé en empreintes digitales, tous les patients, après avis de l’équipe médicale, peuvent se prêter à cette œuvre. Les patients réalisent leur portrait en apposant leur pouce suivant la trame définie par l’artiste plasticien et y associent un témoignage audio de leur expérience. Cela leur permet d’être ainsi plus actifs face à la maladie durant leur hospitalisation.

Olivier Terral, artiste autodidacte, venu à la peinture pour s’exprimer à travers un langage différent de celui de l’écrit, souhaite donner à ces patients la possibilité de transmettre un message, de laisser une trace, une empreinte de vie à travers une œuvre d’art.

Les tableaux et les témoignages constitueront ensuite les supports d’expositions itinérantes qui seront amenés à ouvrir un débat sociétal sur notre relation à la maladie grave, sur l’isolement que cela peut entraîner et qui peut être rompu grâce à l’art. Elles interrogeront le malade, mais aussi le spectateur, sur la trace que nous laissons et le sens de la vie.

Entretien avec le Dr David GUIGOU, responsable de l’Equipe Mobile d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (EMASP) de l’hôpital Beaujon.

C’est par votre intermédiaire que le projet de création artistique d’Oliver Terral à vu le jour à l’hôpital. Qu’est-ce qui vous a incité à porter ce projet au sein de votre établissement ?

Olivier Terral est venu me proposer son travail, ses réalisations et voir de quelle manière sa démarche artistique pouvait rencontrer nos patients. Son projet m’a paru extrêmement intéressant pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce qu’il invite les patients à s’impliquer d’une autre manière dans leurs traitements. Ensuite, parce qu’il leur offre un moyen de se recentrer dans une communauté de personnes en lutte contre le cancer, à savoir toutes celles participant à cet atelier. Le sentiment d’appartenance à cette communauté est susceptible de renforcer la détermination du patient dans sa lutte face à la maladie. Enfin, parce que le travail d’Olivier Terral permet aussi d’interpeller et d’interroger le grand public. En effet, une telle œuvre peut être le support d’un débat sociétal autour des questions que soulèvent la maladie, le statut du malade, la mort et le rôle d’accompagnant. Si l’hôpital est le lieu principal de la fin de vie, doit-il être pour autant l’unique dépositaire de ces problématiques éminemment humaines ?

Vous avez proposé au Pr Eric Raymond, Chef du Service inter-hospitalier Beaujon-Bichat de Cancérologie, d’accueillir ce projet dans le service de Beaujon. Pourquoi ce service en particulier ?

Porter ce projet au sein du Service de cancérologie m’a paru une évidence. D’abord, parce que le cancer est une maladie grave, potentiellement mortelle et que c’est la pathologie à laquelle je suis le plus fréquemment confronté. Dans de telles situations, le plus important, c’est d’aider les patients à continuer de se projeter dans la vie, ce qui est l’objectif de notre démarche de soins de support en cancérologie. Le projet personnel du patient est l’axe principal autour duquel s’élabore le projet thérapeutique. C’est une maladie aux traitements extrêmement lourds, contre laquelle il faut mobiliser toutes ses forces et ne pas seulement s’adapter. Et amener un dérivatif ne permet-il pas de remettre la vie au premier plan, de la faire ressurgir ? Enfin, les ateliers se déroulant dans les chambres, selon l’envie et l’état de santé du patient, ils en imprègnent l’univers des soins. Pour les patients, c’est un symbole important.

Pour en savoir plus : www.empreintesdevie.fr

Anne de Fouchier et Diane Paloux
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