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Pharmacies : drôle d’endroit pour une rupture...
Pharmacies : drôle d'endroit pour une rupture...
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27 juin 2012
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Pr. Antoine Pelissolo, 41 articles (Psychiatre)

Pr. Antoine Pelissolo

Psychiatre
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Pharmacies : drôle d’endroit pour une rupture...

Pharmacies : drôle d'endroit pour une rupture...

Comme cela arrive désormais de plus en plus souvent, plusieurs médicaments sont actuellement très peu disponibles voire plus du tout du fait de ruptures d’approvisionnement des pharmacies. Il ne s’agit en rien de suspensions pour des problèmes de sécurité ou d’effets secondaires, mais uniquement de retards de fabrications et/ou de livraison. Les industriels du médicament travaillant aujourd’hui en "flux tendu", il n’est pas rare qu’ils aient du mal à prévoir les quantités nécessaires dans les différents pays, surtout pour des médicaments moins courants.

Deux problèmes très pratiques se posent en ce moment dans le domaine des psychotropes. Le premier concerne l'Atarax, qui est normalement prescrit pour des allergies mais également dans certains cas contre l'anxiété et les troubles du sommeil. Il existe deux dosages, l'un à 25 et l'autre à 100 mg. L'Atarax 100 est actuellement introuvable, et ne sera pas disponible d'ici à plusieurs mois d'après le laboratoire. C'est plutot l'Atarax 25 qui est utilisé comme psychotrope mais, par répercussion de l'absence du 100 mg, les stocks sont aujourd'hui très insuffisants et beaucoup de pharmacies ne peuvent pas le délivrer régulièrement. Il n'existe malheureusement pas d'équivalent parfait pour ce médicament (qui n'est pas une benzodiazépine), il est donc vraiment nécessaire de revoir la question avec son médecin pour pallier à ce problème qui risque de durer encore quelques mois, au risque sinon de devoir faire le tour de toutes les officines pour ne pas se trouver en rupture de traitement.

Le second problème est plus circonscrit et porte sur une rupture de fabrication du Marsilid, un antidépresseur très efficace mais très peu utilisé aujourd'hui car il a été supplanté par les plus récents, plus simples à prescrire. Le Marsilid fait partie de la famille des antidépresseurs "IMAO", dont il est le seul représentant en France. Le remplacement ne peut donc pas se faire par un autre antidépresseur disponible, car le mécanisme d'action ne sera pas le même. Lorsque cela est nécessaire, les médecins peuvent donc demander une autorisation spéciale pour prescrire un autre médicament IMAO équivalent, commercialisé à l'étranger. Là aussi, il est donc essentiel de revoir la question du traitement avec son médecin (psychiatre généralement pour ce cas de figure très spécialisé) pour trouver la meilleure solution thérapeutique.

Tout cela pose réellement le problème de la fabrication et de l'organisation de la distribution des médicaments en France, et il est vraiment dommage que des difficultés médicales de ce type se posent de plus en plus fréquemment, parfois même en milieu hospitalier.

Pr Antoine PELISSOLO, psychiatre
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