Accueil du site
> Médicaments & Soins > Les Actus
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Médicaments, santé et Internet : tous prescripteurs ?
Médicaments, santé et Internet: tous prescripteurs ?
catégorie
note des lecteurs
date et réactions
19 avril 2013
Auteur de l'article
Stef Roude, 1 article (Rédacteur)

Stef Roude

Rédacteur
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
1
nombre de commentaires
0
nombre de votes
2

Médicaments, santé et Internet : tous prescripteurs ?

Médicaments, santé et Internet: tous prescripteurs ?

Les acteurs du secteur de la santé ne sont pas indifférents aux risques que fait encourir l’automédication et l’autodiagnostic. Tandis que les pouvoirs publics organisent le filtrage qualitatif des informations, les médecins et les laboratoires privilégient une démarche éducative.

L’arrivée d’internet a bouleversé l’accès du public à l’information de santé. Ce constat soulève une problématique cruciale : celle de son usage par les patients et, parfois, celle de son exactitude voire de son objectivité. Pour lutter contre ce risque de santé publique, l’ensemble des responsables du secteur de la santé s’est très tôt mobilisé afin de favoriser la traçabilité des informations sur le net. Les pouvoirs publics, mais aussi les médecins et les laboratoires pharmaceutiques investissent le web à des fins pédagogiques. 

La labélisation de l’information de santé 

En 2007, le site d’information de santé numéro 1 du marché était Doctissimo. D’après Rue 89, ce site enregistrait quelque « 8 millions de visiteurs uniques » par mois et « 8 millions d’euros de revenus publicitaires en 2007 ». En quelques années, ce site internet et d’autres de ses homologues se sont forgé une forte réputation de relais d’information. Il n’en a pas fallu plus pour alerter les pouvoirs publics sur la nécessité de déployer un dispositif permettant d’assurer la traçabilité du contenu proposé par ces sites. 

La même année, la Haute Autorité de Santé a été missionnée par le gouvernement afin « d’établir une procédure de certification des sites Internet santé ». Le résultat de cette démarche a pris la forme d’un label délivré par l’association Health On the Net. Cette certification atteste désormais de la conformité de l’information de santé proposée par un site sur la base de huit critères. Parmi ceux-ci se trouvent notamment la qualification des rédacteurs, la transparence des sources, des financements ou encore la séparation de la politique publicitaire et de la politique éditoriale. Inégalement accueilli par les sites spécialisés, l’objet de cette certification est très clair : il s’agit d’assurer la neutralité et la véracité des informations présentes sur ces sites. 

Le gouvernement a rapidement pris les mesures nécessaires pour permettre aux internautes d’identifier les informations de santé fiables sur internet. Et si le label dit HAS/HON reste aujourd’hui peu connu du grand public, nul doute qu’il a contribué à élever les standards de qualité des informations de santé présentées par les sites spécialisés. Aussi, les pouvoirs publics ne sont pas les seuls à s’être mobilisés dans la lutte contre l’infobésité médicale. 

Laboratoires et professionnels de santé investissent le web 

À la suite de l’HAS, le Conseil National de l’Ordre des Medecins (CNOM) a pris part à l’action en faveur de la fiabilité de l’information de santé sur internet. Ainsi, le livre blanc du CNOM pour l’année 2012 était entièrement consacré « à la déontologie médicale sur le web ». Dans le cadre de ce programme, le Conseil s’est donc fixé trois objectifs et notamment celui « d’encourager les médecins à investir plus largement le web santé » pour « accompagner le patient dans ce nouvel environnement » et « les organisations qui ont vocation à développer et faciliter l’accès à l’information de santé ». 

À la marge du corps médical, les sites des laboratoires pharmaceutiques participent également à leur manière à une meilleure information des patients. Le laboratoire Pfizer met par exemple à disposition des internautes des recommandations de précaution « pour s’informer par soi-même ». Une démarche qui tend d’ailleurs à se répandre sur les réseaux sociaux, où les laboratoires pharmaceutiques sont en quête d’une image moins sulfureuse, plus responsable. 

D’après le Baromètre des Réseaux Sociaux dans l'industrie pharmaceutique récemment publié par l’Institut Novamétrie, qui « décortique » les stratégies de communication numérique des labos, plus des trois quarts des entreprises pharmaceutiques considèrent le web social comme un moyen de cultiver leur image et de communiquer avec leur marché. À peine plus d’un tiers considère les réseaux sociaux comme un outil marketing et commercial. « Les acteurs du secteur pharmaceutique souhaitent développer des relations nouvelles avec le patient », résume Christophe Excoffier, Président de Novamétrie, « mais cela risque de modifier et complexifier les relations entre prescripteurs et industriels ». La prudence est de mise, mais l’information et la transparence à l’égard des professionnels de santés et des patients est aujourd’hui une priorité de premier ordre pour les laboratoires. 

Des internautes plus avertis qu’il n’y parait 

Si toutes ces précautions à l’égard du public sont justifiées, c’est bel et bien parce que les mœurs changent. Les résultats de l’enquête Health Pulse réalisée par Ipsos en 2010 estimaient ainsi que 59 % des Français ont l’habitude de rechercher de l’information de santé sur Internet. Le chiffre est corroboré par une seconde étude publiée en 2011 par le CSA qui concluait que 60 % des Français avaient déjà « consulté le web pour s’informer suite à un problème de santé ». 

Mais l’étude HealthPulse remarque ainsi que le pourcentage de Français qui prennent régulièrement de l’information de santé sur internet est relativement faible comparé à des pays comme les BRIC où ce chiffre dépasse les 85 %. Par ailleurs, le CSA souligne que près des trois quarts des sondés déclarent faire des recherches « pour se faire une première idée avant d’aller voir un généraliste » alors que seulement 14 % le font pour éviter de se rendre chez leur médecin. Le réflexe de la consultation est donc loin d’être perdu. 

Le Français apparaît en effet comme un internaute plus alerte, et un patient dont la confiance envers le professionnel de santé reste forte. Il est aujourd’hui difficile de dire si les efforts d’information des pouvoirs publics, des médecins et des entreprises sur internet y sont pour quelque chose. Il est en revanche certain que ces efforts entretiennent les conditions d’une discrimination indispensable entre les sources fiables et les autres peu crédibles en matière médicale. Sur le marché de l’information, chacun est libre de faire son tri comme bon lui semble. Du moins, tant que certaines digues informationnelles ne cèdent pas. 

Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté