Affaire Médiator : Suite… mais pas fin. Le médicament tant décrié dans la rubrique des faits divers depuis maintenant deux ans et qui, selon le journal spécialisé Pharmacoepidemiology & Drug Safety, aurait été responsable en France du décès de 1 300 personnes et de l’hospitalisation de 3 100 autres entre 1976 et 2009, continue de secouer l’opinion publique. Et pour cause, le dossier du Médiator fait l’objet d’un nouveau coup de théâtre : Les experts désignés de l’Oniam (Office national d’indemnisation des accidents médicaux) pour juger de la recevabilité des dossiers de demande d’indemnisation de la part des victimes auraient fait preuve d’une "sévérité" étonnante en mettant la barre très haut.
Sur 831 dossiers médicaux examinés, 712 ont été recalés et seulement 112 acceptés. La situation se complique à tous les niveaux. Évidemment, quelques soulagements se sont fait entendre du côté des laboratoires Servier, où un porte-parole s’est exprimé sur ces premières données : « Nous ne sommes pas étonnés par les refus de la plupart des dossiers. Le risque de problème valvulaire lié à la prise du Médiator est rare et, lorsqu’il y a un effet, il est peu important dans la plupart des cas ». L’Oniam, par la voix de son directeur, Erik Rance, a tenu à tempérer les choses : « N’allons pas trop vite. Il ne s’agit que d’une toute première tendance qui n’est peut-être pas représentative. Il est bien trop tôt pour dresser des conclusions puisqu’il reste plusieurs milliers de dossiers à examiner ».
Et cette situation imprévue a eu le don de faire sortir Marisol Touraine de ses gonds. La ministre de la Santé, qui a apporté de la voix aux associations des victimes du Médiator, a ainsi déclaré en ce 3 octobre qu’« il faudra être très attentif à ce que les victimes de ce médicament puissent être indemnisées correctement ». Et ce n’est pas une surprise, les laboratoires à l’origine du Médiator sont dans le collimateur de la première dame de santé : « Servier devra assumer ses responsabilités. Il y a eu des mensonges, et Servier est en première ligne. Ce laboratoire est responsable et doit en tirer toutes les conséquences. Les indemnisations ne doivent pas faire l’objet d’un débat, mais doivent être apportées ». Un vrai feuilleton, comme on le voit.