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Mediator, UFC-Que-Choisir, grande distribution : lettre ouverte à l’attention des pharmaciens
Mediator, UFC-Que-Choisir, grande distribution : lettre ouverte à l'attention des pharmaciens
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22 avril 2011 | 2 commentaires
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Pierre Dilo, 1 article (Rédacteur)

Pierre Dilo

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Mediator, UFC-Que-Choisir, grande distribution : lettre ouverte à l’attention des pharmaciens

Mediator, UFC-Que-Choisir, grande distribution : lettre ouverte à l'attention des pharmaciens

L’affaire Mediator va fêter sa première bougie. Déjà 1 an ! Si ma mémoire est bonne, le livre d’Irène Frachon est sorti à peu près à cette période l’an dernier. Pendant cette année, la Pharmacie a été fortement secouée, sous le silence tacitement approbateur des pharmaciens eux-mêmes.

Que s’est-il passé pendant cette année ? Une tempête médiatique sans précédent pendant laquelle le monde a changé :
 

  • De grands quotidiens français se sont rangés au rang des magazines à scandales, salissant accessoirement une grande entreprise française, mais prioritairement la Pharmacie ;
  • En plein accès de fièvre démagogique, un ministre de la santé s’est senti naître une vocation de magistrat, (faisant oublier temporairement le rôle qu’il a joué dans la vie du Mediator, lors de son ancienne vie ministérielle) ;
  • Des députés et des sénateurs, également soudainement frappés par la vocation divine de magistrat ont hurlé à qui voulait les entendre que l’industrie pharmaceutique était une industrie à détruire, (tout en enterrant leurs propres conflits d’intérêts vis à vis de cette même industrie) ;
  • Irène Frachon a fait plus d’émissions de variété que Loana ;
  • Et enfin les revues Prescrire et Que Choisir ont tout simplement remplacé aux yeux des français les autorités de santé, qu’elles ont anéanties au passage. Ces revues ont incité les patients à arrêter leur traitement hors de tout cadre médical en qualifiant arbitrairement certains de leurs médicaments de « dangereux ».

Et nous, pharmaciens, qu’avons-nous fait ?

Rien.

Nada.

Pas une déclaration.

Nous avons laissé d’autres personnes que nous gérer un problème de médicament. Maintenant que l’affaire Mediator se tasse et que les cardiologues sont bien en peine pour trouver les « dizaines de milliers de valvulopathies imputables au Mediator » que la télévision nous promettait, il ne fait plus aucun doute que toute cette affaire avait d’autres desseins, plus politiques que pharmaceutiques.

Notre silence a reflété notre lâcheté.

Les pharmaciens d’officine font aujourd’hui face à la plus grande menace que leur corporation ait connue : la grande distribution. Leclerc a pris certains devants. Les autres attendent tapis dans l’ombre. C’est toute une profession qui va voler en éclats.

Quand le conseil de l’ordre des pharmaciens et les doyens des facultés de pharmacie se terrent dans leur mutisme sur des affaires aussi sérieuses que le Mediator ou pire selon-moi, la « liste des 77 médicaments », qui voudra encore croire que le pharmacien sert à quelque chose ?

C’est notre profession qui est en jeu !

Des patients attaquent en justice leur médecin. Prochaine cible : le pharmacien d’officine. Pourquoi se priver ? Il tient sa part de responsabilité dans les différentes affaires.

Attendez ! Ca bouge ? Ah non !

Aujourd’hui, un doyen de la fac « Aix-Marseilles II » a tenté une sortie rapide. Il est vite rentré au bercail. La promotion de deuxième année devait s’appeler « Promotion Jacques Servier », en hommage au pharmacien chef d’entreprise jugé, condamné et exécuté par des journalistes, des élus et la presse populaire. L’info est tombée ce matin à 08h30. Redoutant les éclaboussures et n’écoutant que son courage, avant toute forme de procès, il a choisi de débaptiser la promotion pour la rebaptiser du nom de Galien 5 heures plus tard.

Belle preuve de courage.

Chers confrères, ne pensez-vous pas qu’il est grand temps de virer les vieillards qui constituent votre conseil de l’ordre et vos présidents d’Université ? Les croyez-vous vraiment aptes à défendre notre profession ?

Leclerc remportera son combat. La campagne présidentielle jouera en sa faveur, et nous n’aurons que ce que nous méritons ! A lui au moins, on ne vient pas lui expliquer comment gérer ses affaires !

Conflits d'intérêts : je délivre des médicaments d'à peu près tous les laboratoires pharmaceutiques.

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Commentaires
5 votes
par Krokodilo (IP:xxx.xx3.179.253) le 26 avril 2011 a 12H48
Krokodilo (Visiteur)

"Ces revues ont incité les patients à arrêter leur traitement hors de tout cadre médical " C’est faux. On voit que vous ne lisez pas la revue Prescrire, à laquelle des pharmaciens sont abonnés, ou participent.

"Nous avons laissé d’autres personnes que nous gérer un problème de médicament. " Le principe même de cette revue est justement d’inciter les professions médicales à se prendre en main, à évaluer elles-mêmes le rapport bénéfice-risque des médicaments (sur la base des études disponibles), sans le laisser à l’industrie pharmaceutique seule, ou à des "autorités" qui ont failli et ne peuvent effectuer de contre-expertise (les décisions d’AMM se fondent exclusivement sur les dossiers fournis par les labos).

Article très court qui ne contient rien hormis une défense corporatiste - certes compréhensible et présente peu ou prou dans toutes les professions - , mais cela n’apporte aucune perspective sur le fond du sujet de la surveillance des médicaments , que l’UE veut depuis longtemps confier à l’industrie elle-même, devenue alors juge et partie !

5 votes
par Gilou (IP:xxx.xx0.76.239) le 26 avril 2011 a 21H17
Gilou (Visiteur)

On ne peut pas reprocher à la ménagère de moins (ou plus) de 50 ans de ne pas lire Prescrire. Prescrire a ses opinions, c’est bien. Mais ça ne reste qu’une simple revue médicale, certes indépendante, mais une revue.

Ce qui est reproché dans cet article c’est qu’une revue grand public comme "Que Choisir ?", épaulée c’est vrai par Prescrire, incite le patient à arrêter son traitement car présenté comme "dangereux" ou "inutile".

Laissons à Que Choisir le soin d’établir un comparatif de machines à laver. Point.

La prise en charge thérapeutique relève du médecin et de lui seul. Le spécialiste du médicament, c’est le pharmacien.

Inciter le grand public à arrêter ses médicaments en s’affranchissant des professionnels de santé, c’est criminel. CRI-MI-NEL !

Je ne crache pas sur Prescrire. Cette revue constitue un poil à gratter essentiel - mais elle s’adresse à des professionnels de santé. Et ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Tout n’est pas complètement pourri dans les agences de santé.

Enfin, votre commentaire, aussi orienté contre l’industrie que peut l’être le Front National vis à vis des différents gouvernements, n’apporte aucune solution concrète.

Monsieur Dilo, cher confrère, vous avez tous mon soutien !