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Mediator : Servier dément vouloir s’attaquer aux médecins
Mediator : Servier dément vouloir s'attaquer aux médecins
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25 août 2011
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Mediator : Servier dément vouloir s’attaquer aux médecins

Mediator : Servier dément vouloir s'attaquer aux médecins

Les laboratoires Servier ont rendu un communiqué indiquant qu’il n’est pas question de vouloir poursuivre en justice les médecins ayant prescrit le Mediator comme coupe-faim. Le quotidien Libération affirme pourtant qu’il s’agit de la stratégie du groupe pharmaceutique. Cet énième développement dans le scandale du Mediator intervient alors que plusieurs victimes de ce médicament menacent de s’immoler devant les locaux du groupe Servier à Gidy, dans le Loiret.

Servier a démenti l’information publiée le 25 août dans le quotidien Libération qui suggérait que le groupe pharmaceutique puisse « s’attaquer, lors de procédures civiles, aux praticiens qui ont prescrit du Mediator en dehors de l’indication officielle ». Selon une étude de l’Afssaps publiée le 8 août dernier 77% des médecins qui ont prescrit le médicament l’auraient mis en avant comme coupe-faim pour faire maigrir alors que celui-ci bénéficiait d’une autorisation de mise sur le marché dans le but de vaincre le diabète ou l’hypertriglycéridémie. Les responsables de Servier viennent ainsi d’indiquer qu’ « ils n’ont jamais appelé en justice un médecin dans une procédure concernant le Mediator, ni dans d’autres procédures concernant d’autres produits ».

Libération, pourtant, indique que le laboratoire pharmaceutique s’en prend à une endocrinologue du Rhône qui aurait prescrit du Mediator à une patiente pour son obésité. Cette dernière avait dans un second temps développé une valvulopathie. Et après qu’un lien formel entre le médicament et la maladie a été établi par la Commission régionale de conciliation et d’indemnisation (CRCI) du Rhône, il n’en aurait pas fallu davantage pour que l’avocate de Servier, Me Nathalie Carrere, s’en prenne au prescripteur.

Cette dernière a ainsi demandé à la CRCI de « conclure à la responsabilité du médecin dans la production du dommage, car la prescription du Mediator a été réalisée en vue d’un résultat thérapeutique qui n’était pas prévu dans les indications réglementaires ». En guise de réponse, l’avocat de l’endocrinologue, Me Laurent Bertin affirme de son côté que sa cliente « n’a pas prescrit le Mediator hors du cadre de son autorisation de mise sur le marché ». Dans cette passe d’armes, Servier indique donc désormais que « les médecins concernés par des procédures en justice dans le cadre du médicament l’ont été suite à des initiatives de tierces personnes comme les patients ou divers organismes » (comme par exemple l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux).

La vraie victime, la patiente de l’endocrinologue, a en tout cas pris l’initiative d’assigner en référé Servier devant le tribunal de grande instance de Nanterre pour que soit reconnue sa responsabilité dans sa valvulopathie aortique. Pour mémoire, le ministre de la santé, Xavier Bertrand, avait assuré début mai que « ce ne sera pas aux médecins de payer les pots cassés ». Il estimait en effet que « ce ne sont pas les médecins qui ont produit le médicament ». Le ministre reconnaît cependant que des zones d’ombres encore insaisissables entourent le degré de responsabilité des médecins dans l’affaire du Mediator.
 

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