Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Mediator : mise en cause, la presse médicale s’offusque mais ne change rien
Mediator : mise en cause, la presse médicale s'offusque mais ne change rien
note des lecteurs
date et réactions
15 avril 2011 | 2 commentaires
Auteur de l'article
Jean-Luc Martin-Lagardette, 33 articles (Journaliste)

Jean-Luc Martin-Lagardette

Journaliste
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
33
nombre de commentaires
1
nombre de votes
0

Mediator : mise en cause, la presse médicale s’offusque mais ne change rien

Mediator : mise en cause, la presse médicale s'offusque mais ne change rien

Le rapport des professeurs Debré-Even suite à l’affaire du Mediator, très sévère contre l’institution médicale, n’est pas tendre non plus envers la presse spécialisée. Celle-ci s’indigne des accusations portées et proteste de son honnêteté. Sans prendre la mesure de l’immense attente déontologique de la population.

Le 13 janvier dernier, sur ce site, j’écrivais en titre : « Mediator : l’heure des comptes. Pas pour tout le monde ? ». Et le chapô disait : « La tête du patron de l’Afssaps, l’autorité qui veille sur la sécurité des médicaments, est tombée d’elle–même. D’autres vont certainement suivre. Mais l’on peut craindre que les remises en question soient limitées. Et absentes, comme d’hab, en ce qui concerne la presse… »
 
Je ne pensais pas si bien dire, car, non seulement la presse ne se remet pas en question, mais elle s’élève contre les « accusations inadmissibles » portée par exemple par le rapport Debré-Even contre la presse médicale.
 
Dans son édition du 18 mars, le directeur de la rédaction du Quotidien du Médecin, Jacques Degain, répond aux rapporteurs qu’ « il est faux de prétendre que le Quotidien nie sa mission d’information. Sa rédaction est composée de journalistes indépendants, médecins et non médecins, qui chaque jour apportent aux professionnels qui les lisent des informations essentielles, que beaucoup jugent aujourd’hui indispensables à leur exercice quotidien ».
 

« Ils nous instruisent en toute objectivité »

Pour appuyer ses dires, dans son édition du 28 mars, le journal donne la parole à des lecteurs. Sur une demie page, deux médecins réagissent, l’un pour se dire « choqué » par les prises de position du rapport « sur l’intégrité de la presse médicale spécialisée qui […] a fait la preuve de son respect de l’éthique et de sa liberté d’expression » ; l’autre pour de demander que « l’on ne tire pas sur l’ambulance. […] Remercions l’ensemble des titres de presse médicale qui nous instruisent, et cela en toute objectivité ».
 
Il faut dire que le rapport Debré-Even n’y est pas allé avec le dos de la cuiller. Les publications de la presse médicale y sont qualifiées de « journaux de l’industrie, sûrs d’eux, désinvoltes, sans scrupules, cyniques, des journaux techniquement bien faits, mais qui servent la soupe, sans vergogne ». Ces titres « se sentent protégés par l’argent des firmes et les articles des leaders d’opinion, financés tout pareil par l’industrie, et qui leur donnent, par leur signature plus que par leur fond, l’apparence du sérieux ».
 
Et le rapport ajoute, en parlant du Quotidien du Médecin : « Pas besoin d’un quotidien pour informer, mais besoin pour endoctriner, marteler sans cesse les mêmes mensonges, dont on dit qu’ils deviennent vérité à force d’être répétés ».
 
Alors, bien sûr, le journal ainsi mis au pilori réfute ces « accusations inadmissibles et qui ne reposent sur aucune preuve. […] Accuser la presse médicale et en particulier le Quotidien du Médecin des pires turpitudes est une méthode bien connue. Mais c’est aussi mettre en cause des journalistes qui n’ont de cesse d’exercer leur profession avec la plus grande rigueur ».
 

Les protestations d´honnêteté sont inopérantes

Ce que ne comprend pas le journal, c’est qu’aujourd’hui, ce type de réponse offusquée et ces protestations d’honnêteté ne suffisent plus pour assurer la crédibilité de la presse, et encore moins quand il s’agit de la presse professionnelle. Il serait temps que celle-ci fasse son aggiornamento, qu’elle donne des gages de son indépendance, qu’elle soit plus transparente, moins corporatiste, qu’elle lutte effectivement contre les conflits d’intérêt, bref, qu’elle organise enfin une véritable régulation déontologique de ses contenus.
 
S’abriter derrière la conscience supposée « honnête » des journalistes est une position inopérante. Seul un mécanisme extérieur de veille, d’analyse et de sanctions, au moins médiatiques, des dérives journalistiques pourrait donner au lecteur l’assurance que la profession prend au sérieux la qualité éthique des contenus qu’elle lui propose.
JL ML jlml.fr / ouvertures.net
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Polémiques & Débats
Commentaires
0 vote
par olaf_le_preux (IP:xxx.xx1.102.208) le 16 avril 2011 a 11H26
olaf_le_preux (Visiteur)

La presse médicale droit dans ses bottes.

A l’écoute de cette information, me vient l’image des chenilles processionnaires, curieusement en recrudescence sur le territoire français ces dernières années..

Suivant leur chef de file, celles-ci avancent benoîtement vers le lieu de leur prochaine nidification. Rien ne semble devoir modifier cet ordre des choses que la nature a mis en place.

En files bien ordonnées, corporations par corporations, les hommes suivent leur trajectoire, leurs petits bonhommes de chemin sans que rien dans les affres qui torturent notre monde ne vienne en rien les faire dévier. Les autorités nucléaires, les anti-écologistes, les accros du scientisme, les journalistes médicaux, les journalistes politiques, les hommes politiques, les dictateurs et finalement nous tous... Tous restent égaux à eux-mêmes malgré une situation générale française autant que mondiale totalement inédite, inouïe et probablement pré-révolutionnaire. Les mécanismes d’adaptation ne sont décidément pas un art maîtrisé.

Le problème avec ce type de chenilles, c’est qu’elles sont terriblement urticantes... Ceci dit, elles font partie de la vie et le soleil brille pour tout le monde.

0 vote
par christian pène (IP:xxx.xx2.139.153) le 21 avril 2011 a 18H15
christian pène (Visiteur)

il est évident que quand les médias associent les deux mots "médicaments" et "dangereux" je saute au plafond ;pourtant elle admet sans vergogne que des "médicamenst " puissent être dangereux...que le médicament puisse être un poison....suscitant de nouveaux symptômes, en sorte que le malade traité par allopathie ne s’en sort jamais , définitivement et de plus en plus affaibli , ce qu’ILS appellent le vieillissement

de là à penser que toute maladie est issue d’iatrogénèse , je franchis le pas ;

ces gens qui s’occupent de notre santé la veulent de plus en plus chère contre l’inefficacité et l’iatrogénésie....marché de dupes

mais malheur à celui par qui le couvercle de l’étouffoir est quelque peu soulevé

toutefois Debré a menti à Mitterrand jusqu’à la mort de celui-ci en lui laissant croire qu’il pouvait le traiter .....