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Mediator : le rapport de l’IGAS bombarde le système
Mediator : le rapport de l'IGAS bombarde le système
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20 janvier 2011 | 2 commentaires
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Frédéric Duval-Levesque, psychopraticien et hypnothérapeute, 156 articles (Psychopraticien certifié)

Frédéric Duval-Levesque, psychopraticien et hypnothérapeute

Psychopraticien certifié
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Mediator : le rapport de l’IGAS bombarde le système

Mediator : le rapport de l'IGAS bombarde le système

Le Mediator, un médicament pour diabétiques en surpoids, aurait fait entre cinq cent et deux mille morts.

L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) dénonce, dans un rapport remis samedi 15 janvier au ministre de la santé, Xavier Bertrand, l’« incompréhensible tolérance  » avec laquelle les autorités sanitaires françaises ont traité le Mediator, ce médicament responsable de plusieurs centaines de morts, dès son autorisation de mise sur le marché en 1974. Dans la foulée, M. Bertrand a annoncé la création d’un fonds d’indemnisation des victimes.

Le rapport se révèle accablant aussi bien pour le laboratoire Servier, accusé d’avoir commercialisé le médicament sous une indication thérapeutique qui ne correspondait pas à la réalité, que pour le système de pharmacovigilance français, « incapable d’analyser les graves risques apparus en termes de toxicité du Mediator  »  et coupable d’« inertie ».

« Les ministres chargés de la santé ont géré avec lenteur les déremboursements d’un médicament à service médical insuffisant  », a encore affirmé lors d’une conférence de presse Aquilino Morelle, qui a piloté l’enquête de l’IGAS.

LE RETRAIT DU MARCHÉ « AURAIT PU ÊTRE DÉCIDÉ DÈS 1999 »

Concernant l’Agence du médicament, devenue Agence française sanitaire de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) en 1999, l’IGAS ne « comprend pas » comment elle a pu, entre autres, ne pas prendre en compte les « alertes répétées sur le mésusage du benfluorex » venues d’Espagne et d’Italie, qui ont retiré la molécule du marché au début des années 2000.

Dès lors, pour M. Morelle, le retrait du Mediator du marché « aurait pu être décidé dès 1999« , dix ans avant son retrait effectif, « compte tenu de deux graves cas notifiés, (…) du contexte européen et de la place contestée du Mediator ». A plusieurs reprises sur les quarante dernières années, « le doute a profité au médicament et non aux malades« .

Le Mediator, un médicament présenté comme un antidiabétique mais souvent utilisé comme coupe-faim, a été prescrit à au moins cinq millions de personnes en France entre 1976 et 2009, année de son interdiction, bien après d’autres pays occidentaux. Selon plusieurs études, il est à l’origine directe de maladies cardiaques graves, les valvulopathies, et aurait fait entre 500 et 2 000 morts en France.

« RESPONSABILITÉ PREMIÈRE ET DIRECTE » DE SERVIER

Le rapport de l’Igas a été rédigé à la demande du ministre de la santé, Xavier Bertrand. Celui-ci a très rapidement annoncé une série de mesures censées éviter « un nouveau Mediator ». « Mon devoir est de rebâtir un nouveau système de sécurité sanitaire », a assuré M. Bertrand lors d’une conférence de presse. Reconnaissant que « le rapport de l’IGAS montre clairement que la police du médicament a failli à sa mission », il a évoqué la « responsabilité première et directe » des laboratoires Servier.

Il a réclamé la publication de toutes les conventions liant les experts du médicament avec les laboratoires et annoncé que l’Etat financerait directement l’Afssaps, actuellement financé pour l’essentiel par les laboratoires.

Le ministre a également annoncé la création d’un fonds d’indemnisation des victimes. « Il doit y avoir et il y aura indemnisation, chacun doit avoir comme souci l’indemnisation rapide et juste des malades », a déclaré Xavier Bertrand. Quant aux modalités, « plusieurs possibilités existent (…), les patients doivent avoir le choix, ils doivent dire la solution qui leur convient à eux, c’est à eux de se prononcer », a-t-il ajouté. « La question financière de la prise en charge ne se pose pas. » Les avocats des victimes craignent cependant qu’une indemnisation par un fonds financé par l’Etat n’exonère Servier de ses responsabilités.

Frédéric Duval-Levesque, psychopraticien et hypnothérapeute. Mon blog: PSYCHOTHERAPIE - SOUTIEN PSYCHOLOGIQUE - COACHING (à Toulouse)

SOURCES

  • Source : afp,  lemonde.fr
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Commentaires
2 votes
par Clojea (IP:xxx.xx1.58.165) le 20 janvier 2011 a 19H06
Clojea (Visiteur)

Et oui, comme les labos ont l’emprise sur les Ministères de la Santé de tous les pays, et comme ils ont infiltrés depuis longtemps les soi-disant agences de contrôle pharmaceutiques, les criminels des labos ont encore un bel avenir devant eux. Il faut quand même rappeller que le Médiator n’est pas le premier médicament qui tue des gens. D’autres médocs, par le passé, en ont tués ou ont provoqués des troubles lourds. (le scandale de l’Agréal (vendu comme aidant les femmes ménopausées, alors que c’était un neuroleptique, ou bien le scandale du sang contaminé ou bien le Rohypnol (effets secondaires non inscrit pendant longtemps sur la notice. Effets secondaires "anodins", dans certains cas suicide et homicide....) Merci à l’auteur pour cet article.

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par Pierrot (IP:xxx.xx6.53.137) le 25 janvier 2011 a 11H12
Pierrot (Visiteur)

Le rapport de l’IGAS dénonce les pratiques de faussaire du laboratoire Servier qui a masqué que le Médiator était un amphétamine et n’avait aucune efficacité comme adjuvant du diabète ni d’abaissement du taux de triglycérides dans la sang (position de l’AMM).

Il a masqué le fait que l’Isoméride (interdit dès 1997) et le Médiator avaient le même métabolite très toxique. Le laboratoire Servier a préferré soigner ses relations publiques (ministres ...) plutôt que les patients.  ; Par ailleurs l’Agence sanitaire AFSAAPS n’a pas rempli son rôle en instruisant l’affaire suite à de très nombreuses alertes graves tant en France qu’en Suisse, Italie, Espagne ...le rôle de pharmacovigilence n’a pas été rempli alors que c’est aussi la fonction de cette agence sanitaire.

Il est urgent de réformer cette agence en lui donnant une indépendance d’expertise et de transparence, évitant ainsi les conflits d’intérêt.