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Mathilde Seigner incarne le "Médecin-chef à la prison de la Santé"
Mathilde Seigner incarne le "Médecin-chef à la prison de la Santé"
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16 octobre 2012 | 3 commentaires
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Mathilde Seigner incarne le "Médecin-chef à la prison de la Santé"

Mathilde Seigner incarne le "Médecin-chef à la prison de la Santé"

Le livre « Médecin-chef à la Santé » avait déjà fait grand bruit à sa sortie en 2000. Le 17 octobre à 20h45, les Français pourront découvrir sur France 2 l’adaptation télévisée du récit-choc de Véronique Vasseur. Il s’agit, selon les propres mots de l’intéressée, du « combat d’une femme » pour dénoncer l’« enfer carcéral ». Et c’est la comédienne Mathilde Seigner, nièce de Véronique Vasseur dans la vie, qui interprète le rôle-titre de Séverine Vincent, médecin à la prison de la Santé. Ce téléfilm poignant qui revient sur l’état déplorable des prisons françaises, avait fait grand bruit lors de sa présentation le 14 septembre dernier au Festival de la fiction de La Rochelle.

C’est une histoire vraie. Celle de Véronique Vasseur, qui devient médecin-chef à la prison de la Santé en 1993. En acceptant presque par hasard de remplacer un collègue, c’est un véritable choc qui a lieu sur cette « nouvelle planète ». Elle découvre un univers carcéral qui va la révolter : « Je ne pensais pas que ça existait en plein Paris, la crasse, l’odeur, les murs pourris… On te demande de soigner les mecs à travers les barreaux comme dans les zoos ». Les détenus malades vivent dans des cellules, cernés par les punaises, les cafards, les matelas pourris l’insalubrité et soumis à des procédures ubuesques. Et les petits délinquants sont enfermés avec de grands psychopathes.
 
Pour Véronique Vasseur, plus que jamais attachée au serment d’Hippocrate -"Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me le demandera"-, il s’agit de soigner avec les moyens du bord toute la palette de toxicos en manque, d’avaleurs de fourchettes, de cardiaques ou de malades mentaux. Un jour, le Docteur Vasseur n’en peut plus de faire face à ses collègues indifférents et de devoir se taire : Elle expédie des bocaux pleins de vermine, récoltée dans les matelas des détenus, au ministère de la Justice. Suite à différentes menaces, elle quitte ses fonctions à la Santé et entre, en 2000, au sein du service de médecine interne de l’Hôpital Georges-Pompidou. La même année, son livre-témoignage fait l’effet d’une bombe en contribuant à sensibiliser l’opinion publique au dur quotidien de la vie en prison.
 
Bien que certains professionnels de santé aient dénoncé quelques ambiguïtés et inexactitudes (notamment la psychologue Saadia Yakoub, aujourd’hui affectée à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, surprise par plusieurs passages du livre dont celui décrivant « l’escalier qui mène à l’infirmerie comme le lieu de tous les toxicos » et qui estime que Véronique Vasseur considère les psychologues comme étant davantage intéressés par leur image que par les patients), une commission d’enquête parlementaire livre un rapport accablant : L’Etat n’a plus le choix et décide alors d’allouer un budget conséquent pour améliorer l’hygiène dans les maisons d’arrêt.
 
Mais force est de constater que, douze ans après, les prisons françaises restent parmi les plus vétustes d’Europe, régulièrement dénoncées par les organisations humanitaires (et en 2009, l’Institut national des études démographiques (INED) a indiqué que la France présente le taux de suicide en prison le plus élevé de quinze pays européens). En tout cas ce n’est pas Véronique Vasseur qui devrait infirmer la donne, puisqu’elle continue, tout en exerçant à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, de suivre de près les conditions de détention en qualité de membre de l’Observatoire international des prisons. Le téléfilm, tourné par Yves Régnier dans une prison désaffectée de Rennes, garde-t-il alors toute son actualité ?

Frôlant parfois le côté mélo en ne manquant pas de se pencher sur la vie privée du personnage (pour captiver le grand public), « Médecin-chef à la Santé » réunit, autour de Mathilde Seigner, des comédiens tels que Paul Belmondo, Hyacinthe Imayanga ou Youssef Hajdi. L’œuvre compresse huit années de dévouement médical dans la prison parisienne en une heure. Sa diffusion, mercredi 17 octobre à 20h45 sur France 2 sera suivie d’un débat, « La prison française a-t-elle changé ? », pour lequel Benoît Duquesne a réuni Véronique Vasseur, Pierre Botton, l’ancienne garde des Sceaux Rachida Dati et Arthur Frayeur, auteur du livre « Dans la peau d’un maton ».

Photo : premiere.fr

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Commentaires
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par lulupipistrelle (IP:xxx.xx9.242.175) le 17 octobre 2012 a 23H00
lulupipistrelle (Visiteur)

Personne n’a lu le bouquin de Xavier Emmanuelli qui dénonçait crûment les conditions d’incarcération dans les prisons française, en 1975 ?

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par libérer l'esprit critique (IP:xxx.xx2.255.244) le 18 octobre 2012 a 16H39
libérer l'esprit critique (Visiteur)

· Que l’on se penche sur la réalité du monde carcérale me semble une très bonne idée. En France, pays des droits de l’homme, nous nous permettons de donner régulièrement des conseils aux autres, mais sommes-nous les mieux placés ? Quel manque d’humilité ! · Que l’on utilise un document, vidéo, film, etc reflétant la réalité pour lancer la réflexion et le débat pourquoi pas. Mais montrer ce film, est tout à fait grotesque. C’est quasiment de la science fiction. Quel manque d’humilité de la part de ce "médecin chef" !! Franchement qui a déjà vu des détenus attendre le passage du médecin et faire quasiment la holà. Cela relève du fantasme. Pendant la période où elle a exercé à la santé, il y a eu une réforme importante concernant les soins en milieu carcéral, mais visiblement cela ne l’a pas concerné. Il me semble qu’elle ne travaillait pas seule à la Santé, mais visiblement elle n’en a pas grand souvenir. Bien des choses ont évolué heureusement depuis et bien d’autres doivent encore évoluer. En ce qui concerne le débat, faire venir : · un "médecin chef" qui a "profité" de son "bouquin" pour sortir de la prison et qui n’’ y travaille plus depuis 12 ans. · un ex prisonnier qui veut oublier la prison dixit Mr Botton et qui est sur tous les plateaux dès qu’on l’évoque. · un autre ex allumé de chez allumé, · un directeur de prison qui lui ne l’était pas, · une ex ministre des sceaux, sans bijou, surprenant · heureusement le député me semblait plus connaître la réalité et avait des projets qu’il n’a pas pu développer. Hélas mérite la mention ne peut faire que mieux.

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par simplement soignant (IP:xxx.xx2.255.244) le 18 octobre 2012 a 17H07
simplement soignant (Visiteur)

tout à fait d’accord avec vous ce film, très bien joué, était grotesque de narcissisme et de prétention et complètement daté.

Ce n’est d’ailleurs pas le livre de Mme Vasseur qui a déclenché la commission d’enquête (qui était prévue avant sa sortie). Ce livre n’a fait que discréditer les soins en prison, qui sont le fait de professionnels hospitaliers motivés et compétents, qui travaillent dans des conditions difficiles, au milieu du bruit et souvent de la violence, pour assurer à tous des soins de qualité et une prise en charge dont ils n’avaient malheureusement pas bénéficié avant leur incarcération.

Ce sont des gens non médiatisés, qui préfèrent privilégier la qualité de leur travail aux lumières de la célébrité.

Mme Vasseur a oublié qu’elle n’était pas seule à la Santé, ni la seule femme soignante dans les prisons françaises que les autres ont fait progressé les choses sans se faire de l’argent sur la misère humaine, ni en faire un fond de commerce pour les 15 ans suivants. A ces anonymes, à l’ego moins surdimensionné, et dont le travail au quotidien a permis le progrès je dis bravo, vous ne faites simplement pas le même métier que Mme Vasseur.