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Maladies chroniques : Préparons nos vacances pour ne pas les ruiner !
Maladies chroniques : Préparons nos vacances pour ne pas les ruiner !
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21 octobre 2013
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Giordan, 5 articles (Rédacteur)

Giordan

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Maladies chroniques : Préparons nos vacances pour ne pas les ruiner !

Maladies chroniques : Préparons nos vacances pour ne pas les ruiner !

Fin octobre, voilà revenu pour certains le temps des vacances ! Celles-ci s’avèrent une priorité dans la qualité de vie d’une personne, y compris avec une maladie chronique. Mais n’oublions pas : « pas de vacances pour les traitements » !.. Il est fréquent pendant la période des vacances que la personne atteinte « oublie » son traitement. Elle veut se vider la tête et elle commence par ne plus prendre ses médicaments. Elle « délaisse » la machine pour « faire les glycémies ». Elle n’emporte pas avec elle son aérosol-doseur ou son dispositif à poudre, toujours d’un admirable secours en cas de crise d’asthme.

Dans la pensée commune, les vacances riment avec « lâcher-prise ». La personne n’a qu’une hâte : se débarrasser de toutes les contraintes du quotidien pour respirer autrement. Pas de chance, la maladie ne quitte pas le corps, même en vacances ! Toujours présente, elle demande à être régulée en permanence. Sans doute pour le moral, il est bon que la personne fasse quelque chose pour se croire en vacances… Une piste acceptable est de penser « 80-20 ». On applique le traitement habituel à la règle pendant 80% du temps et on se permet 20% de liberté ou de fantaisie. Mais pas n’importe quoi cependant, pensons à une liberté contrôlée. Quand nous nous permettons des plaisirs contrôlés, nous ne nous mettons jamais en danger.
 

Une petite gâterie

Nous sommes diabétiques, pourquoi pas exceptionnellement un petit gâteau ? Pour le « fun », « pour le plaisir », celui qu’on aime bien… Une petite douceur seulement, pas plus !.. On peut faire légèrement monter sa glycémie, mais on n’arrêtera pas les injections d’insuline. Les vacances ne sont pas les vacances du traitement ! Il est préférable de le répéter… Une bonne attitude est de prendre le temps de déguster vraiment cette douceur tant attendue, de mesurer après la glycémie et d’ajuster le traitement
 
On est cardiaque, on peut peut-être « oublier » son traitement un jour, mais pas deux, et encore avec précaution... On est obèse, on se permet un bon repas, mais pas trois jours de suite. On ne reste pas plus de deux jours immobile sur la plage ou à la campagne, sans faire ses 45 minutes d’activités. Au contraire on privilégie les vacances pour en profiter pour aller visiter et donc marcher… De même, on évite les « orgies de sel » quand on a une insuffisance cardiaque ou rénale ; on laisse de côté les aliments trop salés : amuse-gueules, cacahuètes salées, fondues, raclettes. En apéritif, quelques crudités, celles qu’on préfère, feront l’affaire...
 
Par ailleurs, les vacances d’accord, mais elles se préparent. En amont, on prend des renseignements sur l’état sanitaire du lieu choisi. Qu’est ce qu’on peut trouver en cas de besoin ou en cas de crise ? Certains traitements ne sont pas disponibles dans tous les pays. Le mieux est d’avoir tout sur soi. Une personne qui souffre d’un diabète part avec ses médicaments, son matériel pour mesurer les glycémies et les stylos injecteurs d’insuline. Discutez au préalable avec votre soignant sur vos horaires d’injection, à la fois pendant le transport et pendant le séjour en fonction du décalage horaire, ainsi que sur la gestion d’éventuelles complications.
 
En cas de diabète traité par l’insuline et certains antidiabétiques oraux, attention aux risques d’hypoglycémies liés aux variations alimentaires et à l’exercice physique.. Assurons-nous un stock suffisant en fonction du traitement : insuline, bandelettes, seringues ou stylo d’insuline, aiguilles, glucagon pour faire face à une hypoglycémie sévère et insuline rapide face à une hyperglycémie. Et tout cet ensemble avec soi, bien rangé dans son sac à main. On ne les met jamais dans les bagages de soute. Si l’avion a un retard, ce qui est fréquemment le cas, on ne prend pas le risque de ne pas avoir selon, ses antiglycémiques ou ses biscuits contre l’hypoglycémie éventuelle.
 

Attention au stress

N’oublions pas que les départs sont toujours producteurs de stress. De même sur la route, il n’est pas rare de se trouver coincé dans quelques bouchons et de devoir attendre 2 à 3 heures pour arriver à destination. Il vaut mieux toujours anticiper.
 
Les personnes qui ont un asthme ont de même les médicaments habituels sur eux : broncho-dilatateurs et anti-inflammatoires. Aérosols, comprimés et formes injectables seront placés dans un bagage à portée de main facilement accessible, y compris dans l’avion, avec le matériel adéquat. Donc, à nouveau, pas dans le bagage de soute, pas dans le compartiment bagage, mais sous le siège devant soi ; à tout instant, on doit pouvoir faire face à une crise, notamment s'injecter soi-même le médicament d'urgence. Il est utile également d'emmener avec soi un peak-flow (débitmètre de pointe) afin d'évaluer une gêne respiratoire et d'adapter le traitement.
 
Pour des traitements aussi fastidieux que le SIDA, il faut envisager avec son soignant une quantité suffisante de médicaments et de matériel de soins. Par précaution, le double de la quantité nécessaire est recommandé. On aura soin d’emballer ce matériel dans deux bagages séparés, en cas de perte. Pour certains médicaments ou dans certaines conditions de transport (bagage de soute), il vaut mieux envisager un emballage isotherme. De même, les déplacements sous le soleil ou dans le froid peuvent altérer certains médicaments.
 
En sus, il est toujours « bon » d’avoir une petite trousse de médicaments de base sur soi.

 

La pharmacie de vacances

Une petite pharmacie portative comprend :
- un anti-inflammatoire,
- un antibiotique à spectre large,
- un anti-vomitique,
- un anti-diarrhéique.
- éventuellement, on peut mettre également un produit pour le mal des transports, un antalgiques et des désinfectants pour les blessures et pour l’eau.
 
Prendre les médicaments habituels, ceux pour lesquels on n’a pas de contre-indication, ceux qui ne provoquent pas d’allergies. On ne sait jamais... Pas facile de trouver certains remèdes dans certains pays exotiques ou en croisière, pas toujours facile de se faire comprendre avec précision. Un même médicament peut avoir un nom autre ailleurs. Il peut avoir des dosages et des concentrations différents Suivant les pays, la personne malade n’oublie pas de se prémunir des moustiques, nombre d’entre eux sont porteurs de dingue, fièvre jaune, malaria ou autres pathologies pas toujours faciles à traiter voire mortelles. Des vaccins, des traitements sont cruciaux selon les zones endémiques.
 
André Giordan et Alain Golay
 
Pour en savoir plus :
Pour les patients :
A. Giordan et A. Golay, Bien vivre avec sa maladie, Lattès, 2013
Pour les soignants qui font des formations
A. Golay, G. Lagger et A. Giordan, Motiver son patient à changer, Maloine, 2009
 
Pour information :
André Giordan, physiologiste et épistémologue, a fondé le célèbre LDES de l’université de Genève. Très connu pour ses travaux sur l’apprendre, sur la complexité et sur les changements, il est consultant en éducation thérapeutique.
Alain Golay, diabétologue et grand spécialiste de l’obésité, dirige aux Hôpitaux universitaires de Genève un service spécialisé dans la prise en charge et l’accompagnement des patients chroniques.
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