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Libye : Les Français dans l’enfer du Benghazi Medical Center
Libye : Les Français dans l'enfer du Benghazi Medical Center
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21 mars 2011 | 2 commentaires
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Libye : Les Français dans l’enfer du Benghazi Medical Center

Libye : Les Français dans l'enfer du Benghazi Medical Center

Dans le fief même des insurgés, à Benghazi, des médecins français ont aidé jusqu’au bout le personnel médical libyen à soigner les victimes des affrontements dans le pays en flammes.

Benghazi, dans la région de la Cyrénaïque, est la deuxième ville de Libye. C’est aussi le point de départ, avec Tobrouk, des premiers soulèvements dans le pays. Et c’est là que se trouve le Benghazi Medical Center (BMC), un bâtiment moderne de couleur beige, l’équivalent d’un CHU où travaillaient encore tout récemment près de 40 médecins et personnels de santé financés par la France. Ils y étaient employés en partie par la société Denos, branche du groupe médical Montaigne, suite à un accord signé en 2007 entre Paris et Tripoli. Dès 2010, l’hôpital, considéré comme « franco-libyen », affichait 1200 lits dont 300 opérationnels et 16 blocs opératoires. Et une première transplantation rénale y a été effectuée le 18 janvier dernier.

Aucun médecin y exerçant ne pouvait alors prédire que les murs de l’hôpital se retrouveraient au cœur du printemps arabe, écrivant ainsi l’histoire. Le 17 février la révolution éclate. Gérard Buffet, qui a été pendant un an et demi anesthésiste-réanimateur au BMC témoigne alors au Point du carnage que lui et ses collègues ont traversé : « Nos ambulances sur le terrain ont compté, le premier jour, 75 morts ; le deuxième, 200 ; ensuite plus de 500. Dès le troisième jour, je n'avais plus de morphine ni de médicaments. (…) On a rempli deux hôpitaux de 1500 lits. On a ouvert l’hôpital pédiatrique, là où Cécilia Sarkozy était venue lors de l’affaire des infirmières bulgares, pour y mettre les blessés les moins atteints. (…) J'ai réanimé un des mes étudiants de 6e année de médecine, il avait pris une balle dans la tête, qui lui était sortie par la bouche ».

L’hôpital est vite à court de matériel, aux mains des insurgés. L’équipe dirigeante libyenne prend la fuite, mais plusieurs médecins français restent, secondés par des médecins juniors en cours de formation. Et la population leur fait don de sang, de nourriture et équipements de couchage. Nadia, responsable d’une équipe d’infirmières au BMC, livre son témoignage, sur RTL, en évoquant « un défilé d’ambulances sur l’hôpital et le flot continu de patients. (…) Un carnage sans fin ». Quant à Naceur Benarab, collaborateur au BMC âgé de 60 ans, il s’exprime pour le journal L’Alsace : « On recevait essentiellement des blessés par balles, ou des gens écrasés par des voitures de miliciens qui jetaient leur véhicule dans la foule ».

Le 5 mars dernier, ce sont plus d’une vingtaine de patients qui arrivent d’un coup au milieu de la nuit, après l’explosion d’un dépôt de munitions dans les faubourgs de Benghazi. On imagine la cadence, puisque, comme Europe 1 l’avait soufflé quatre jours plus tôt, « le Benghazi Medical Center fonctionne au ralenti ». Le témoignage de Patricia Vignetta, directrice des soins de l’établissement, dans les colonnes de Libération ce week-end illustre le dévouement des derniers médecins français restés sur place. Elle fut contrainte d’évacuer Benghazi le 13 mars dernier, à contrecœur : « Je ne voulais pas partir, mais l’ambassade française ne nous avait pas laissé le choix à moi et à mon équipe ».

Infirmière, puis diplômée en psychiatrie et spécialiste en neurochirurgie, elle revient sur son affectation au BMC : « En 2007 la Libye souffrait d’un manque de personnel infirmier qualifié, un problème amplifié par l’affaire des infirmières bulgares, accusées d’avoir transmis le sida à plus de 400 enfants de l’hôpital pédiatrique de Benghazi durant huit années. (…) C’est lorsque Cécilia Sarkozy s’est rendue à Tripoli pour négocier la libération de ces infirmières qu’il fut décidé que le BMC, qui était alors un bâtiment fantôme, allait avec l’aide de la France devenir un hôpital universitaire et un pôle médical de référence dans l’est du pays ».

Comme l’explique Patricia Vignetta, « il s’agissait de réaliser ce qui ne pouvait se faire ailleurs, ni à Derna ni à Tobrouk, en particulier la chirurgie froide ». Puis vinrent les événements, le traitement des brûlures et des plaies par balles. La française ne tarit pas d’éloges sur ses collègues libyen(ne)s. Fatma Elgaroushi, cadre infirmier responsable du département, par exemple, « fait partie de ces filles qui ont bossé non-stop pendant les jours très durs ». Les français partent la rage au ventre. L’infirmier-major Alain Boursier n’en revient pas : « La structure est gigantesque. Si on avait les moyens en personnel, on aurait pu traiter tout le pays !  ».

Photographie : le Benghazi Medical Center (panaramio.com)
 

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Commentaires
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(IP:xxx.xx1.0.240) le 22 mars 2011 a 13H01
 (Visiteur)

Bravo à l’équipe et merci pour les qques informations qui me permettent de me faire une autre idée à propos des ’ bombardements ’de Khadafi , en effet 1/..Naceur Benarab, collaborateur au BMC âgé de 60 ans, il s’exprime pour le journal L’Alsace : ...« On recevait essentiellement des blessés par balles, ou des gens écrasés par des voitures de miliciens (pro ou anti Khadafi ?!) qui jetaient leur véhicule dans la foule »...( pas de bombardement d’avions... !)

2/(…) J’ai réanimé un des mes étudiants de 6e année de médecine, il avait pris une balle dans la tête, qui lui était sortie par la bouche ». ..( toujours pas de bombardements...)

3.../Puis vinrent les événements, le traitement des brûlures et des plaies par balles(...tjrs pas d’aviation...) . La française ne tarit pas d’éloges sur ses collègues libyen(ne)s. Fatma Elgaroushi, cadre infirmier responsable du département, par exemple, « fait partie de ces filles qui ont bossé non-stop pendant les jours très durs »...

4 :...Le 5 mars dernier, ce sont plus d’une vingtaine de patients qui arrivent d’un coup au milieu de la nuit, après l’explosion d’un dépôt de munitions dans les faubourgs de Benghazi. ..( mais pas de bombardement ...à moins que ...intox ...mais ceci est une autre histoire ..

4 votes
par machiavelle (IP:xxx.xx6.170.23) le 22 mars 2011 a 20H42
machiavelle (Visiteur)

Ne surtout pas se fier aux apparences trompeuses ni aux manipulations médiatiques des propos de Khadafi sortis de leurs contexte...

La pire des dictatures n’est pas celle de Khadafi qui est visible par tous, mais bien au contraire celle qui se cache derrière les mots "Démocratie" et "Droit d’ingérence", mais qui surtout décide selon des interêts obscures, quand une "insurrection populaire de masse" doit médiatiquement rester une "simple émeute" (Grêce, Algérie) ou bien devenir "une révolution" (Tunisie, Egytpe, Lybie) auprès d’une opinion publique totalement embrigadé que l’ont informe pas, mais que dont ont fabrique en permanence le consentement..

La pire des dictatures est également celle qui ne pouvant plus utliser la menace "d’armes de destruction massive" (Irak) pour justifier l’invasion d’un pays et le pillage de ses ressources, utilise désormais l’insurrection de quelques factions tribales dissendentes (et que Khadafi avait lui même pacifiés et unifiés à d’ autres tribus pour constituer la Lybie), pour justifier "démocratiquement" sa prochaine guerre de conquéte dans l’objectif d’instaurer un "Grand Moyen Orient" ou "Une union pour la Méditerranée" dont les ressources seraient disponibles en permanence grâce à la circulation libre et non entravé des marchandises dans des pays qui comme l’Iran seront bientôt les prochaines cibles d’une dictature fondé sur la guerre économique marchande libre et non entravé, la fabrique permanente du consentement et la manipulation médiatique des masses.

La pire des dictatures est également celle qui le 11 sept 2001 n’a pas hésité à sacrifié la vie de plus de 5000 de ses citoyens, dans le seul et unique but de justifier la suppression de quelques unes de leurs libertés individuelles (patriot act) tout en légitimant un vaste programme d’occupation du moyen orient dont étrangement Israël est épargné malgré les atrocités commises depuis des décennies sur la population civile Palestinienne.

La pire des dictatures est également celle qui partout dans le monde tente de contrôler les populations en contrôlant leurs alimentation au travers des OGM et des Nanotechs, et ce alors qu’une majorité d’individus y sont farouchements opposés. Elle est également celle qui malgré le rejet de la constitution européenne par les peuples, à ratifié le traité Lisbonne qui en reprend les grands principes.

la pire des dictatures est également celle qui brandit les mots "terrorisme" et "armes de destruction massives" afin d’effrayer une population qui ignore que ce sont leurs propres dirigeants qui financent aujourd’hui un terrorisme qui étrangement ne profite jamais à leurs auteurs directs. Populations qui ignorent également que d’autres en Angleterre et aux Etats Unis financèrent tour à tour, le Bolchevisme, l’accession au pouvoir du parti Nazi, puis l’armée Allié.

La pire des dictatures est également celle qui instrumentalisa politiquement l’identité culturelle des peuples dans ce que l’ont nomme le Nationalisme, mais elle est également celle qui aujourd’hui tente d’instrumentaliser politiquement le refus de la guerre entre les peuples dans ce que l’ont nomme "Le Nouvel Ordre Mondiale", qui n’est rien d’autres qu’une guerre technologique et scientifique totale contre l’ensemble du vivant dans globalité.

Avant d’affirmer avec certitude et empréssement que le régime démocratique "serait la pire des dictatures après toutes les autres...et seulement après toutes les autres", nous ferions bien d’attendre quelques décennies pour voir si en réalité et après l’instauration d’une Gouvernance Mondiale tant désiré par ses idéologues du Groupe Bilderberg, du CFR et de la Trilatérale, elle ne sera finalement pas considéré par les adeptes du prosélythisme démocratique, comme la plus insidieuse et la plus machiavelique de toutes les ditatures ayants jamais existés sur terre... autrement dit celle qui créa elle même les conditions d’un chaos planétaire lui permettant de jouer les indispensables "sauveurs", autrement dit le pire des tyrans et la pire des Tyrannie !

Quant au Peuple Lybien, les dirigeants occidentaux s’en soucient bien moins que Khadafi lui même, car combien de fois n’ont ils pas démontrés leurs mépris à l’égard de tout individu qui les interpelles sur des questions précises. et en l’occurence qu’est ce qu’un Peuple sinon une grand nombre d’individus méprisés en tant qu’individus, mais adulés et idôlatrés en tant que Peuple ?

Quoi qu’il arrive, restons sur nos gardes.. car pour ces pourritures qui nous dirigent, nous mentent et nous manipules, non seulement "plus le mensonge est gros, plus il passe", mais pour eux également "la fin justifie toujours les moyens"