Les Français veulent pouvoir évaluer leur médecin et chirurgien, et partager l’info !

A l’heure du 2.0 (de l’information partagée sur le net), des applis pour iPhone santé, les patients gaulois ne veulent plus qu’on leur fasse prendre des vessies pour des lanternes... Récemment encore, lors d’un dîner en ville, j’entendais une amie infirmière (hôpital public de province) : "Ah si les gens savaient ce que vaut tel chirurgien ! J’ai envie de leur dire, à chaque fois : Sauvez-vous en courant ! Ne vous faites pas opérer par lui ! Mais c’est interdit par la loi. Si je le fais, je peux perdre mon job..."
Sous couvert d'interdiction de faire de la pub (certes, il s'agit quand-même de notre santé, pas d'une savonnette !), les patients ne savent pas ce que vaut le médecin ou chirurgien qui va s'occuper d'eux... C'est la loterie... La médecine à 7 vitesses, mais ce n'est plus une question d'argent... Ou vous avez la bonne info, ou vous ne l'avez pas... Depuis que j'ai été au marketing à Intuitive Surgical Europe, développant la chirurgie mini-invasive assistée par ordinateur en France, et en Europe, donc depuis 2000, je reçois sans cesse des messages (via mon blog sur la chirurgie robotique, le plus souvent) : il y est dit : "je dois me faire opérer (telle ou telle indication), avec tel ou tel chirurgien (hôpital X). Est-il bon ? Pouvez-vous me conseiller sur le choix du meilleur chirurgien dans ce domaine ?" La personne laisse son mail, je demande à mon ancien patron chirurgien ou à des chirurgiens avec lesquels je suis en contact du fait de ce blog, ils me renseignent, je répercute le renseignement à la personne, et le tour est joué...
Il y a peu j'ai recueilli le témoignage d'une jeune femme de 20 ans, étudiante en médecine. Son grand-père, opéré d'un glaucome (à l’œil) devenait aveugle après l'opération. Parce que l'étudiante en médecine connaissait les bons chirurgiens, il a été réopéré... et progressivement recouvre la vue. Absence d'évaluations des chirurgiens et des médecins en Gaule... et si c'était cela, cette évaluation, qu'attendaient les Français quand ils parlent d'e-santé (santé et numérique) ? Ils n'ont que faire de ce fameux dossier médical personnel (DMP) numérique, qui entame sa 11e année de sur-place à grands frais (la pomme du contribuable, comme d'hab)...
La télémédecine, et autres applications du numérique et du médical en télémédecine, c'est pour le médecin... Or ce que les gens veulent savoir, c'est s'ils vont confier leur santé à la bonne personne ou pas. Absence de pub, oui ; mais si c'est pour remplacer la pub par la loterie : non ! Sur Trip Advisor, je peux voir les avis des internautes du monde entier sur différents hôtels, destinations, attractions, restaurants, en temps réel... A quand Toubib Advisor ? De préférence sous forme d'appli pour iPhone et Android...
D'autant que la formation médicale continue, largement financée par les laboratoires pharmaceutiques (ce qui introduit sans nul doute quelques biais et autres conflits d'intérêts à l'occasion), est une simple obligation morale pour les médecins et autres chirurgiens... et un bourbier administratif inextricable, comme expliqué lors de la convention CHAM 2010 :
Sur Facebook, une femme a créé sa page : "Cancer, incompétence chirurgicale, et complicité administrative". On peut y lire ceci :
"Mon dossier progresse, doucement mais sûrement. J'ai rencontré mon avocat lors d'une expertise très éprouvante.
Deux heures et demie à tenter de prouver à quatre experts que je souffre moralement et physiquement depuis le 27 novembre 2007, date fatidique qui a donné un autre sens à ma vie. Un virage à 360 degrés qui a influencé néfastement le cours de mon destin. Chaque mois qui passe m'amène un lot de souffrances, souffrances apparues en soins intensifs et qui évoluent, hélas, sournoisement. Fibromyalgies, dépression, qui m'a valu un séjour hospitalier en février, traitement antidouleurs très lourd,effets secondaires insupportables, depuis 15 jours acouphènes, et là j'en suis aux recherches, hernie discale, sans doute provoquée ce jour là [procédure chirurgicale "loupée", Ndlr.] et évolutive. En tout cas, quelle galère.... Ceci ne semble pas suffisant aux yeux de la loi française... Je n'ai pas eu le tarif de ma rate mutilée, je sais simplement qu'un œil vaut 20.000 euros, une dent zéro...Ça vous étonne, c'est comme ça !
Mon but n'est pas lucratif, comme il m'a été sous entendu, ma plainte ne vise qu'un but : faire reconnaître que dans n'importe quel corps de métier une erreur s'assume et ce n'est pas le cas du chirurgien qui se planque derrière un 'hasard' de manière irresponsable. Les comptes-rendus sont des tissus de mensonges signés par des professeurs déshumanisés... au nombre de quatre, rien que cela.
La France manque de chirurgiens, quand on en tient un, même incompétent, on le protège.
En tant que patient, c'est une loterie, il ne fait pas tirer le mauvais numéro ...
Précision, pour deux experts, facture 4.360 euros, j'attends la facture des 2 autres. C'est vachement mieux que le SMIC !!!
Tout ça pour me faire traiter en coupable...
Coupable d'avoir déposé plainte, car 'on m'a sauvé la vie, et je n'ai qu'à la fermer.
Mon cancer est sage, c'est déjà ça.... j'ai cru à une métastase osseuse, et bien flippé, j'ai donc une super chance d'avoir une hernie !!! merci Docteur P."
A qui appartiennent les données santé des patients ? Aux patients... et non à l'establishment médical gaulois. Il serait temps que celui-ci s'en rende compte, ce qui n'est évidemment pas dans son intérêt... En contrepartie, les patients et internautes (les e-usagers de la santé) ont compris que leurs données médicales leur appartiennent... Libre à eux, donc, de mettre en place les outils techniques dits "2.0" permettant aux patients de se renseigner les uns les autres... Sur Google + ? Sur un "Cloud" e-Santé ? L'avenir proche le dira. N'en déplaise au corporatisme médical gaulois, ce sont les technologies qui déterminent les usages, et non l'inverse... Aujourd'hui, les usagers de la santé veulent ce partage de l'info... c'est dans l'intérêt de tous, un peu comme l'était (au bon vieux temps) notre fameuse Sécu à l'époque d'avant son trou abyssal ...
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Je m’interroge sur les conséquences que pourrait avoir une telle notation.
Bien sûr tout le monde voudrait avoir le meilleur chirurgien, et si le problème de départ est comme vous l’indiquez le manque de chirurgien, ils ne pourront opérer tout le monde. Sur quoi ce fera donc la sélection des patients qui auront le droits d’être opéré par les meilleurs ? Sur les prix, tant pis pour ceux qui ont moins d’argent ? Avec des listes d’attentes , tant pis pour ceux qui doivent subir une opération urgente ?
Et puis il me semble aussi que les compétences d’un chirurgien dépende pas mal de sa pratique. Si seul ceux qui ont beaucoup d’expérience opèrent, que ce passera t’il quand il partiront en retraites et que les autres n’auront pas pu se forger d’expérience.
Non, il ne me semble pas que la solution au manque de chirurgien ou au manque de compétence de certains doit être une note publique.
Ben je pense pas que les gens aient envie de philosopher sur ce coup-là ... Évaluer leur chir(urgien) ou leur toubib, ils le font sur Twitter, Facebook ou ailleurs ... sur des forums ... Devant l’urgence (et la panique de tomber sur un mauvais chir), les gens deviennent pragmatique (un miracle pour les Gaulois) ... Donc on peut toujours discuter le pour et le contre, mais Jésus Crie, la caravane passe ...

Bien sûr que tout le monde voudrait le meilleur chirurgien, mais que faire quand ce n’est pas possible.
Votre article décrit finalement assez bien une dérive qu s’est déjà installé, mais personnellement je pense qu’il faut plutôt condamner cette dérive que l’encourager.
Devant l’urgence d’un incendie les gens se bousculent et se piétinent pour sortir, c’est pourquoi il faut prendre des mesures pour les former ou mettre des responsables pour éviter que cela n’arrive.
Pourquoi une personne qui a des relations (dans le milieu médicale à priori mais ceux qui "ont des relations" en ont souvent de partout) devrait il avoir un meilleur chirurgien que les autres. Pourquoi une personne qui sait comment et où chercher l’information, devrait avoir de meilleur chance que d’autres.
Nous vivons dans une société où nous nous sommes accordé pour essayer de préserver un semblant d’égalité et de justice.
Et puis un chirurgien qui opère une personne influente socialement doit il faire plus attention que quand il opère une autre personne ?
Moi je serais plutôt pour une idée de choix aléatoire du Chirurgien pour tous, ou anonyme. Bien sûr c’est sans doute quasi impossible à mettre en place, chacun ayant sa spécialité et son établissement...
Que les chirurgiens soient jugés en internes sur leur compétences, qu’on les forment mieux, qu’on voit avec eux ce qui ne va pas d’en leur manière de faire, que l’on accorde au meilleur chirurgien la possibilité de faire les opérations les plus complexes, qu’une autorité indépendante puisse obtenir plus facilement suivre les résultats d’opérations et prendre des mesures, voilà des choses qui me paraissent préférables à un site où tout le monde viendrait se plaindre de son chirurgien.
Certes ![]()
Ce qui se passe, c’est que face au déficit de formation continue des médecins et chirurgiens, la population (qui a fini par prendre connaissance du problème) pousse le corps médical à trouver une solution au problème, ce qu’il ne semble pas faire de lui même. Je ne fais que résumer vos propos ... si je vous ai bien lu ...

Vous avez raison, c’est en effet un argument que n’avais pas envisagé et je vous rejoins la dessus. L’apparition d’un système de notation publique ferait assurément réagir le corps médical ce qui pourrait faire naitre un débat constructif (même s’il est sans doute dommage de devoir en arriver là).
N’ayant pas une connaissance approfondie du milieu je ne peux juger si le problème est très profond ou non. Mais je pense qu’une prise de conscience globale du problème, qui conduirait à une mise à plat entre citoyen, politique et corps médical, est sans doute nécessaire. J’insiste sur l’implication politique car je ne pense pas que la solution, tout comme le problème, ne puisse provenir du corps médical seul. Sans doute souffrons nous également d’un manque de moyen ou en tout cas d’attention politique sur ces problèmes .
Eh bien, oui, le problème est profond ... A tel point que les médecins eux-mêmes (du moins ceux qui veulent faire évoluer les choses) disent comme vous : il faut "une prise de conscience globale du problème, qui conduirait à une mise à plat entre citoyen, politique et corps médical".
Et encore oui, nous souffrons bien d’un manque d’attention politique sur ces problèmes ... sur lesquels nos aimables présidentiables sont cois ...

Comment ne pas être d’accord avec vous : la médecine, et la chirurgie a fortiori, est un art. Nous préférons tous les Van Gogh ou les Picasso au imagettes Panini... mais ce n’est pas le même prix !! Etes vous prête à payer la différence ? J’en doute...








