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Les Big Pharma en rêvent, Sarkozy le fait
Les Big Pharma en rêvent, Sarkozy le fait
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23 novembre 2009 | 7 commentaires
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Lesmotsontunsens, 35 articles (Rédacteur)

Lesmotsontunsens

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Les Big Pharma en rêvent, Sarkozy le fait

Les Big Pharma en rêvent, Sarkozy le fait

Nicolas Sarkozy en sauveur de l’industrie pharmaceutique, qui amasse des milliards tout en licenciant massivement... Non, non, vous ne rêvez pas.

Le 26 octobre 2009, le Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS), réunissant les dirigeants des principaux groupes pharmaceutiques français, était reçu à l'Elysée. L'heure est grave. Le secteur pharmaceutique hexagonal sera (peut-être) bientôt dans le rouge. En 2012, les brevets des médicaments les plus vendus expireront. Certains y voient l'effet d'une nette baisse de l'effort de recherche des labos, qui préfèrent de loin se concentrer sur le marketing et le lobbying. Pas Nicolas Sarkozy. En conclusion de cette petite sauterie, le chef de l'Etat a en effet confirmé point par point les revendications des grands groupes.

Bingo !

"Les revenus de vos entreprises vont baisser de 20, 30 ou 40%" a déclaré Nicolas Sarkozy, le regard sombre, devant les patrons du CSIS. Pour le président, cette "chute historique" est exclusivement due à la "générication" des médicaments. La solution est donc toute trouvée : il faut aider financièrement l'industrie pharmaceutique. Un fonds d'investissement dans les biotechnologies de la santé sera créé, doté d'emblée de 130 millions d'euros et financé pour moitié par l'Etat. La suppression de la taxe professionnelle allègera de 16% les charges des entreprises du secteur, le Crédit impôt recherche réformé en 2008 et reconduit pour 2010 permettra aux entreprises de se voir rembourser 30% de leurs dépenses de recherche et développement (R&D), tandis qu'à l'avenir, "l'emprunt national [notez l'absence du terme "grand"] pourrait financer certains investissements", notamment la création d'instituts hospitalo-universitaires en partenariat avec le privé. Cinq de ces établissements seront d'ailleurs labellisés en 2010... Cinq, soit exactement le nombre de firmes représentées au sein du Conseil stratégique (modestement surnommé G5 par ses membres) : Sanofi-Aventis, Pierre Fabre, Servier, Ipsen et le Laboratoire de fractionnement des biotechnologiques. Heureux hasard...

L'art de subventionner des entreprises ultra-bénéficiaires qui licencient...

Pas peu fier de ses annonces, Nicolas Sarkozy a finalement donné rendez-vous à ses interlocuteurs en 2012 pour une nouvelle réunion du CSIS. "Nous pourrons alors constater, j'en forme le voeu, que vous aurez investi et créé des emplois en France" a-t-il déclaré. Un voeu qui restera pieu, à n'en pas douter. Ne riez pas trop fort... Cet été, Sanofi-Aventis a présenté son projet de "réorganisation" se traduisant par plus de 1200 suppressions de postes liés à la R&D, soit 20% des effectifs. Comme le labo représente 50% des effectifs totaux de R&D de l'industrie pharmaceutique française, ce sont 10% des effectifs nationaux qui disparaitront ainsi du secteur. Tout cela alors que Sanofi-Aventis a vu ses profits augmenter de 22% au premier semestre 2009, qu'il a réalisé des acquisitions pour 6,2 milliards d'euros et que les retombées de la vaccination anti-grippe A s'annoncent plus que juteuses... L'heure est grave, puisqu'on vous le dit.

La recherche pour le public, les bénéfices pour le privé

D'ailleurs, Marc Cluzel, responsable de la branche R&D de Sanofi-Aventis, l'a clairement affirmé lors de l'annonce du plan de licenciement : "Pourquoi voudriez-vous qu'on continue à financer 100% de notre recherche interne alors qu'à l'extérieur, les organismes de recherche publique, les biotechs, les universités sont financés en tout ou partie par l'état et les collectivités territoriales". Analyse partagée par le DG de l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), André Syrota, qui a récemment confirmé que "les industriels de la pharmacie vont externaliser entre 20% et 30% de leurs recherches vers des laboratoires académiques". Et par Claire Roussel, directrice des partenariats chez Roche France (Les echos) : "la productivité de nos laboratoires est en chute libre alors que les coûts de R&D ont doublé. Le tuyau de l'innovation se tarit". En clair, la recherche coûte trop cher à l'industrie pharmaceutique, pour des résultats médiocres. Les firmes s'en désengagent donc massivement, préférant licencier ses chercheurs pour s'appuyer sur les laboratoires publics, en grande partie financés par l'Etat.

Chercheurs en solde

Résumons. En France, la part de la recherche est passée de 2,24% du PIB en 2002 à 2,02% en 2008, selon l'association "Sauvons la recherche". Et depuis son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy n'a de cesse de chercher les chercheurs. D'où l'engagement des pouvoirs publics à "poursuivre la simplification de l'organisation de la recherche en Sciences de la Vie et de la Santé et à maintenir leur effort de soutien public aux projets de recherche partenariale dans le domaine de la santé". Comprenez : on assèche les financements de la recherche publique française (qui est vraiment nulle) pour mieux la contraindre à accepter des partenariats public-privé (puisque les labos la trouve super efficace)... Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Pôle emploi ("lessivé par l'Etat, essoré par le privé") par exemple... le scénario est bien rôdé. Au final, au moment de négocier, les instituts publics se retrouvent en situation de faiblesse, et les labos privés se goinfrent !

La recherche pour le public, les bénéfices pour le privé. Les Big pharma n'auraient pas rêvé mieux...

[NB : Les labos publics sont relativement favorables aux partenariats publics-privés, mais ce sont les conditions dans lequel ils sont signés, le pistolet sur la tempe, qui pose problème]

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

Napakatbra
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Commentaires
16 votes
par rilax (IP:xxx.xx2.44.29) le 23 novembre 2009 a 13H56
rilax (Visiteur)

Article très intéressant, qui nous montre encore une fois le vrai visage de notre droite (qui est selon certains la plus bete du monde). Dommage qu’on n’en entende pas parler dans les grands médias nationaux AVANT que ce soit mis en place.

Sinon, je voudrais rapporter un bug carevox : j’ai voulu mettre 5 étoiles à l’article, et 2 seulement ont été affecté. Je suis le seul à avoir voté à l’heure où j’écris ces ligne. De plus lorsqu’on survole les fameuses étoiles, il s’affiche toujours "2" alors qu’il me semble qu’il devrait s’afficher un chiffre entre "1" et "5" suivant le nombre d’étoiles que l’on souhaite affecter à l’article.

9 votes
par lisa sion 2 (IP:xxx.xx8.199.250) le 23 novembre 2009 a 17H18
lisa sion 2 (Visiteur)

Et voilà !

d’abord, sauver les banques, ensuite sauver les pharmacies, puis sauver l’industrie, enfin sauver l’Etat...et s’il reste quelques miettes, sauver le peuple !

1 vote
par 246810 (IP:xxx.xx6.236.207) le 3 décembre 2009 a 02H10
246810 (Visiteur)

les miettes sembles bien pour le peuple...pour ceux qui ont la chance d’avoir encore des miettes... :-(

1 vote
par mazeppa (IP:xxx.xx3.210.216) le 23 novembre 2009 a 22H33
mazeppa (Visiteur)

Encore et toujours cette irremplaçable croix " verte " ! Lorsque vous parlez de l’industrie pharmaceutique , agrémentez votre article d’un cliché en rapport avec l’industrie ! L’économie de l’industrie n’est pas du tout celle du réseau officinal ... Sachez aussi que durant les deux dernières décennies , le réseau officinal a perdu une dizaine de points de marge ... qui ont été transvasés dans les caisses de l’industrie...les 3 structures du " réseau médicament " ( industrie , répartition , officine ), encore plus ou moins solidaires il y a 20 ou 30 ans , sont dorénavant dans une logique d’affrontement , logique mise en place dans tous les secteurs par le brillantissime système néo-libéral...

0 vote
par vilistia (IP:xxx.xx5.206.211) le 24 novembre 2009 a 08H32
vilistia (Visiteur)

Chercheurs en solde

Et si les jeunes chercheurs fichaient le camp à l’étranger...

1 vote
par Maéva (IP:xxx.xx6.236.207) le 3 décembre 2009 a 00H50
Maéva (Visiteur)

c’est vrai que ça peut être trés tentant de partir à l’étranger !!! mais il appartient à chaqu’un de nous,de construire là où nous sommes,avec les déboires que nous connaissons ! malgrés des luttes sans doute...mais cherchons d’abord à valoriser notre pays ,pour le voir se construire ! pour lui redonner une identité...La vrai liberté consiste à affronter les problèmes et non à les fuir ou les contourner...

1 vote
par Maéva (IP:xxx.xx6.236.207) le 3 décembre 2009 a 00H35
Maéva (Visiteur)

j’ai été diagnotiquée fibromyalgique avec suspiçion de myofaciite,avec des symptômes d’épuisements, aprés la vaccination hépatite B (1988/89), obligatoire dans le cadre du travail.....et,depuis ne pouvant plus travailler en raison de la limitation de mon autonomie.....bonjour les non prises en charges, ou faible prise en charge,.....Bonjour la galère !!! dans l’indiférence générale...