Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Les bénéfices de l’hémodialyse quotidienne
Les bénéfices de l'hémodialyse quotidienne
note des lecteurs
date et réactions
21 mars 2011
Auteur de l'article
Renaloo, 28 articles (Association)

Renaloo

Association
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
28
nombre de commentaires
0
nombre de votes
9

Les bénéfices de l’hémodialyse quotidienne

Les bénéfices de l'hémodialyse quotidienne

Une étude montre les bénéfices de l’hémodialyse quotidienne… malgré quelques bémols

Une étude(1) dont les résultats ont été publiés dans le New England Journal of Medecine du 18 novembre 2010 s’est intéressée à l’hémodialyse (HD) quotidienne. Cette modalité de dialyse consiste à réaliser des séances plus courtes (entre 2 et 3h), mais plus fréquentes (six jours sur sept).

alt

Elle est actuellement peu répandue en France, principalement en raison de son coût (sensiblement) plus important que celui de la dialyse conventionnelle, qui a conduit à sa réalisation de manière quasi systématique à domicile.

Un autre motif du faible développement de cette technique était l’absence de données scientifiques quant à ses avantages réels ou supposés. Cet article pourrait bien contribuer à faire évoluer les pratiques…

Cet essai clinique a comparé le devenir de deux groupes équivalents de patients, tous dialysés en centre :

  • 125 d’entre eux ont été traités en HD quotidienne
  • Les 120 autres en HD conventionnelle (3 séances par semaine, d’une durée allant de 2h30 à 4h)

Ils ont été suivis entre janvier 2006 et mars 2009.

En comparaison à l’HD conventionnelle, l’HD quotidienne a amélioré de manière sensible le pronostic cardio-vasculaire et la santé physique ressentie par ces patients. Elle a également eu un impact positif sur le contrôle de la pression artérielle et de la phosphorémie. 

Ces résultats très encourageants s’expliquent au moins en partie par l’épuration plus fréquente et plus douce apportée par l’hémodialyse quotidienne, en comparaison à l’HD conventionnelle. A ce titre elle se rapproche d’avantage de la fonction physiologique d’un rein natif ou transplanté.

Aucune différence avec l’HD conventionnelle n’a cependant été notée en ce qui concerne les performances cognitives, la dépression, l’état nutritionnel, le contrôle de l’anémie des patients.

En revanche, les patients en HD quotidienne avaient un risque augmenté d’interventions liées à leurs accès vasculaires (47 % des patients en HD quotidienne ont subi au moins une intervention de ce type sur la période de suivi, contre 29% pour ceux de la dialyse conventionnelle). Cette fréquence accrue des problèmes d’accès vasculaires est bien entendu liée au nombre plus élevé de ponctions des fistules et de manipulations des cathéters de dialyse.

Cette étude est probablement très importante puisqu’elle montre clairement les avantages de l’HD quotidienne et pourrait donc conduire au développement de cette technique.

Cet enthousiasme doit cependant être pondéré par les questions relatives au devenir des accès vasculaires (le suivi des patients n’a duré que trois ans), à la contrainte supplémentaire que représente la fréquence des séances pour les patients (même si leur durée est réduite), ainsi que par l’augmentation des coûts, matériels et humains, pour le système de santé.

Le développement de cette modalité au domicile des patients plutôt qu’en centre, tel qu’elle est pratiquée en France, pourrait représenter une solution, mais elle la réserverait de facto à ceux qui disposent de l’autonomie nécessaires et d’un logement adapté.

A moins que son intérêt démontré ne conduise à revoir l’organisation des centres de manière à la rendre plus largement accessible, voire à en faire la modalité de référence ?

 

Synthèse réalisée par Yvanie et le Dr Frank Martinez - Comité médical de Renaloo



www.renaloo.com - la communauté francophone sur l'insuffisance rénale, la dialyse, la greffe

SOURCES

  • (1) In-center hemodialysis six times per week versus three times per week
    FHN Trial Group, Chertow GM, Levin NW et al. N Engl J Med 2010 déc ; 363 (24) : 2287-300.
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté