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Le scanner est-il dangereux pour la santé ?
Le scanner est-il dangereux pour la santé ?
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10 septembre 2015
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Edouard Savonat, 8 articles (Rédacteur)

Edouard Savonat

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Le scanner est-il dangereux pour la santé ?

Le scanner est-il dangereux pour la santé ?

Si les bénéfices de la radioactivité dans le milieu médical ne font plus aucun doute, beaucoup sont les patients craignant encore aujourd’hui les effets secondaires de la radiographie et des scanners à répétition. Mais qu’en est-il véritablement ? Les doses utilisées peuvent-elles réellement avoir des effets sur la santé à long terme ? 

 
Le scanner, technique d'imagerie médicale qui a révolutionné la médecine moderne en matière de diagnostic, permet de visualiser tissus et organes grâce à un balayage aux rayons X et à une reconstruction informatique. Il représente aujourd'hui environ 80 % des examens, le reste étant constitué de l’imagerie par résonance magnétique (IRM) et de l’échographie. Pour vérifier l’état d’une racine dentaire par exemple, d’une fracture, des vaisseaux (angiographie), du système urinaire (urographie), des seins (mammographie) ou des articulations (arthrographie), le recours aux rayons X est bien souvent privilégié.
 
Une technologie de plus en plus utilisée donc, mais dont certains redoutent encore les effets à long terme. Les rayons X et les scanners exposent en effet notre corps à des radiations ionisantes. Rien d’affolant en soi (nous sommes exposés tout au long de notre vie à des radiations émises naturellement par notre environnement), même si certaines études alarmistes sortent régulièrement pour prévenir des risques éventuels d'un usage excessif des scanners. Pour autant, ces controverses ne doivent pas donner lieu à un faux débat et remettre en cause le bien-fondé de ce type de dépistage qui jouit actuellement d'un très bon rapport bénéfice / risque. Les scanners sont aujourd'hui sans danger du fait des très faibles doses de radioactivité utilisées.
 
Comme l'explique Pierre BEY, Professeur émérite de Cancérologie et Radiothérapie à l'Institut Curie, lors d'une interview accordée à la webtv du Conseil Scientifique Santé et Energie d’EDF, "il ne faut pas craindre la radioactivité. L’espèce humaine est née dans un bain de radioactivité naturelle qui était beaucoup plus important qu’aujourd’hui. Un scanner n’a pas de conséquence sur la santé au regard des doses infinitésimales appliquées dans ce cadre". 
 
"Si l’accumulation de scanners à répétition peut avoir des effets surtout chez les enfants (…) il ne faut surtout pas renoncer à un examen radiologique sous prétexte qu’il pourrait potentiellement entraîner un effet secondaire dans 20 ou 30 ans. Ses bénéfices pour la santé sont considérables et bien supérieurs aux effets secondaires éventuels", ajoute-t-il. 
 
Cela étant, le recours à l'imagerie par irradiation ne doit pas devenir un geste sans conséquence et doit systématiquement être justifié. Il est dans ce cadre fortement réglementé par la directive européenne 97/43 Euratom qui consacre le principe de précaution en la matière. Plusieurs textes la transposent en droit français, dont le décret du 24 mars 2003, qui introduit les notions de justification et d’optimisation dans le Code de la santé publique. “Toute exposition à des rayonnements doit être justifiée par ses avantages et en fonction de ses inconvénients”, indique Jean-Luc Godet, directeur du département des rayonnements ionisants et de la santé à l’Autorité de sûreté nucléaire. 
 
L’arrêté du 12 février 2004 établit quant à lui un certain nombre de niveaux de référence diagnostiques qui ne doivent pas être dépassés sans justification technique ou médicale. Le texte impose également aux professionnels de procéder, chaque année, à une évaluation dosimétrique pour deux examens couramment réalisés et de transmettre les résultats à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. 
 
Rappelons enfin que les doses évoquées ici restent largement inférieures à celles des rayonnements ionisants que l’on subit naturellement en permanence. À Paris par exemple, l’irradiation naturelle s’élève à 2,50 mSv par an  ; à Clermont-Ferrand, elle passe à 5 mSv. A titre de comparaison, une radio du thorax représente une dose d’environ 0,30 mSv  ; un scanner, entre 5 et 10 mSv. 
 
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