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Le scandale des médicaments anti-Alzheimer ?
Le scandale des médicaments anti-Alzheimer ?
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7 janvier 2011 | 11 commentaires
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Jérôme Pellissier, 3 articles (Ecrivain, chercheur en Alzheimérologie)

Jérôme Pellissier

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Le scandale des médicaments anti-Alzheimer ?

Le scandale des médicaments anti-Alzheimer ?

Extrait d’une entrevue de Christian Lehmann.

Dans une toute récente entrevue publiée sur Médiapart, « Après le Mediator, le scandale à venir est celui des traitements anti-Alzheimer ! », cette opinion de Christian Lehmann, médecin et écrivain, sur laquelle je reviendrai dans quelques temps.

 

" Vous évoquiez le scandale à venir des médicaments anti-Alzheimer, de quoi s’agit-il ?

C.L. : Ce sera un scandale sanitaire dans dix ans, et parce que les choses seront un petit peu plus faciles pour les donneurs d’alerte aujourd’hui, je dirai clairement ce qui apparaît en filigrane depuis au moins dix ans dans le British Medical Journal, dans le New England Journal of Medecine, dans la revue Prescrire : les médicaments anti-Alzheimer coûtent des sommes criminelles à la sécurité sociale, à côté desquelles le Mediator c’est du pipi de chat.

Ces médicaments ne retardent pas l’entrée en établissement spécialisé des patients atteints, ces médicaments n’arrêtent pas leur dégradation. A peine ont-ils permis à certains items sur certains tests d’être un peu meilleurs pendant un bref moment, et ils peuvent entraîner des accidents vasculaires cardiaques et cérébraux graves. On est devant une machine à côté de laquelle le Mediator, ce n’est pas grand-chose même si beaucoup de gens en ont pris.

Pour l’Alzheimer, on a des familles qui viennent voir des gérontologues et qui demandent ce qu’elles peuvent faire pour leurs grands-parents, et qui sont évidemment pieds et poings liés par ce qui leur est dit. On est donc en face de quelque chose de dramatique et on pourra dans quelques années, mais il faudra dix ans, décrypter le document de la Haute autorité de santé sur les anti-Alzheimer qui est sorti il y a un an et demi, un document qui a amené la revue Prescrire à attaquer violemment la Haute autorité de santé sur le conflit d’intérêts de ses experts.

Le document sur les anti-Alzheimer est obligé de reconnaître qu’ils ne ralentissent pas l’entrée en établissement, qu’ils n’améliorent pas les possibilités cognitives des patients mais, dit-il dans un langage extraordinaire, ils permettent de les mettre dans la filière gériatrique, et à cette filière de fonctionner. Autrement dit, pour que demain la dépendance puisse être un juteux marché pour les assurances privées surtout ne mettons pas en cause un médicament qui donne l’illusion aux gens d’être traités, quand ce qui importe autour d’un patient Alzheimer, c’est la qualité de l’accompagnement humain. "

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Mots-clés :
Médicaments Alzheimer
Commentaires
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par Dominique Monnier (IP:xxx.xx6.100.214) le 7 janvier 2011 a 21H17
Dominique Monnier (Visiteur)

Bonjour, Vous confondez médicaments anti-Alzheimer et neuroleptiques. Et participez ainsi à la désinformation du grand public En temps que vraie journaliste professionnelle, spécialisée dans la maladie d’Alzheimer, je ne vous félicite vraiment pas. Cordialement Dominique Monnier

2 votes
par Jérôme Pellissier (IP:xxx.xx1.110.37) le 7 janvier 2011 a 22H12
Jérôme Pellissier (Visiteur)

Christian Lehmann ne confond rien du tout et parle bien ici de ce qu’on appelle couramment les médicaments anti-Alzheimer, à savoir les quatre médicaments sur lesquels porte le document de la HAS auquel renvoie sans ambiguïté C. Lehmann : donépézil (Aricept®), galantamine (Reminyl®et Reminyl®LP), rivastigmine (Exelon®) et mémantine (Ebixa®).

Le document de la HAS est en ligne ici : http://www.academie-medecine.fr/Use...

Voir également la synthèse de cette étude que la revue Prescrire, qu’évoque, là encore très clairement, C. Lehmann, a établi : http://www.prescrire.org/aLaUne/dos...

(Et, tant qu’on y est, voir ici pour ceux que ça intéresse l’article du Formindep sur les conflits d’intérêts importants des "experts" de la HAS sur ces questions liées à la maladie d’Alzheimer : http://www.formindep.org/spip.php?a...)

Bref, aucune confusion possible avec les neuroleptiques.

Cordialement, Jérôme Pellissier.

0 vote
par zorro (IP:xxx.xx3.163.132) le 13 mars 2011 a 17H48
zorro (Visiteur)

pour quel journal travaillez-vous et quelle est votre formation ?

1 vote
(IP:xxx.xx1.87.122) le 10 octobre 2011 a 17H36
 (Visiteur)

Bonjour Dominique. Vous avez l’air bien informée sur le sujet. Pouvez-vous nous en dire plus ? Ou nous rapporter le lien de votre blog ?

0 vote
par le journal des tueursnet (IP:xxx.xx8.185.127) le 8 janvier 2011 a 10H13
le journal des tueursnet (Visiteur)

La neurologie, laissez-moi rire ! Je suis déjà sénile et on me le signifie à mi-mots comme si j’étais débile… quant à la chimie, elle a déjà rendue les ustensiles... il ne me reste plus que l’alchimie pour me tenir compagnie parce que je n’ai plus d’amis !

http://www.tueursnet.com/2011/01/wh...

3 votes
par Nicole Poirier (IP:xxx.xx7.66.251) le 8 janvier 2011 a 18H27
Nicole Poirier (Visiteur)

Merci pour cet article très bien documenté sur une réalité méconnue mais tellement répandue et extremmenent coûteuse socialement et humainement. J’accompagne et je vis avec des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer depuis 25 ans. J’ai connu l’époque « avant » l’arrivée de ces médicaments dits « anti-Alzheimer » et depuis qu’ils sont « sur le marché », tout ce que j’ai pu constater d’observable et de mesurable, c’est les effets indésirables et inconfortables de ces médicaments : maux de tête, troubles digestifs, diarrhées, nausées, agitation, irritabilité, hallucinations, trouble du sommeil etc., etc... Malheureusement, pour soulager ces effets, au lieu de cesser l’administration de ces médicaments, on voit trop souvent une augmentation de la dose ou...la prescription de neuroleptiques !! Trouver le fric pour les pilules est plus facile que favoriser un accompagnement humain... Nicole Poirier, Directrice Carpe Diem - Centre de ressources Alzheimer Trois-Rivières, Québec

2 votes
par Daniel Carré (IP:xxx.xx9.72.45) le 10 janvier 2011 a 16H00
Daniel Carré (Visiteur)

Je suis très intéressé par ces observations qui soulèvente le voile pudique mis sur des traitements aux innombrables effets secondaires et qui coûte 230 millions d’€ par ans à la SS française.

J’avais lu et diffuser l’article de Christian Lehman sur Mediapart où je blogue. Avez-vous d’autres articles décrivant vos observations.

Je pense que vous connaissez le livre de Peter Whitehouse et de Daniel George, Le Mythe de la Maladie d’Alzheimer, SOLAL 2009 et je vous recommande l’excellent blog du Professeur Martial Van der Linden, traducteur de Whitehouse : http://mythe-alzheimer.over-blog.com/

1 vote
par marifoi (IP:xxx.xx6.176.183) le 10 janvier 2011 a 10H59
marifoi (Visiteur)

Je suis d’accord avec vous . Ma mère prend du Remynil et de l’Ebixa depuis 2002 . J’ai accepté ce traitement parceque le gériatre m’avait dit que si elle n’était pas soignée , elle aurait des troubles de comportement épouvantables que je n’arriverai pas à gérer . En 2010 , le gériatre , devenu professeur depuis , m’a dit que finalement , les médicaments n’avaient pas eu l’effet espéré et que si ma mère allait à peu près bien , c’est à cause de la manière dont moi et mon frère avons su l’entourer . Il lui a supprimé le Remynil , mais maintenu l’Ebixa . Ma mère est devenue incontinente depuis 2 ans : je me demande si c’est un effet secondaire des médicaments ou s’il s’agit de l’évolution normale de la maladie . Beaucoup de personnes à l’accueil de jour où elle va 2 fois par semaine sont également incontinentes .

0 vote
par Choupinette (IP:xxx.xx1.129.118) le 29 janvier 2011 a 19H51
Choupinette (Visiteur)

Ma mère prend de l’exelon depuis plusieurs années...Peut-être que la dégradation serait plus rapide si elle n’en prenait pas (?). Malgré cela, ce médicament n’apporte rien de miraculeux ! Alors pour ma part, je suis très perplexe rapport à ce traitement, et ne serais pas trop surprise si un jour, l’exelon figurait sur une liste style "médiator".

Cordialement.

0 vote
par nini29 (IP:xxx.xx8.200.16) le 22 mai 2011 a 22H19
nini29 (Visiteur)

pour compléter votre information, Madame

lu dans libération 08/06/2010 à 00h00 Alzheimer : la dépendance fait de la résistance

Par ERIC FAVEREAU

C’est un peu déprimant, mais franchement rien ne marche dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Il y a quelques mois, la Haute Autorité de santé avait rendu un avis déroutant sur les différents médicaments contre cette maladie dégénérative. En substance, l’avis disait : aucun médicament ne marche, les bénéfices sont au mieux légers, et leur seul intérêt est de créer ou de maintenir un lien thérapeutique avec la personne âgée. Et la Haute Autorité renvoyait à une prise en charge globale de la maladie. Et voilà que l’Inserm a rendu publique, samedi, une étude menée par une équipe de gériatrie de Toulouse, autour du professeur Fati Nourhashémi, « sur un suivi global standardisé de la maladie d’Alzheimer ». L’idée était de voir si on arrivait à diminuer la dépendance du patient avec un suivi « personnalisé » et « complet ». Là encore, le résultat est très médiocre : peu de bénéfices. Comme si cette maladie faisait éclater nos réponses thérapeutiques classiques.

La maladie d’Alzheimer, on le sait, s’accompagne d’un certain nombre de complications qui en aggravent le pronostic (comme les troubles du comportement, les chutes, voire la dénutrition…) et qui accélèrent l’évolution de la maladie vers la dépendance. Dans l’absolu, bon nombre de ces complications peuvent faire l’objet de mesures préventives, par le biais d’un suivi régulier. C’est son efficacité que l’enquête de l’Inserm a souhaité tester au sein des 50 centres mémoire participant à l’étude.

Les chercheurs ont étudié deux groupes de patients atteints de la maladie à des stades modérés : le premier a bénéficié d’un suivi « complet » et « régulier » et le second d’une prise en charge classique. Au bout de deux ans, l’équipe de l’Inserm a comparé leurs performances en matière de dépendance. Le suivi « complet » se voulait massif : il comprenait non seulement un examen de la mémoire, mais aussi de l’ensemble des symptômes liés à Alzheimer tels que l’équilibre, la nutrition… Or, au terme de cette étude, le bilanest « mitigé ». Les patients ayant bénéficié de la prise en charge massive n’ont pas connu une évolution ralentie de la maladie vers la dépendance. « Ces résultats semblent nous indiquer que l’aide d’un suivi et d’une prise en charge standardisés, réguliers et systématiques en centre mémoire n’est pas suffisante pour retarder la survenue de la dépendance », a expliqué le professeur Fati Nourhashémi.

Que faire, alors ? Réponse - un peu langue de bois - d’un des auteurs du travail, Bruno Vellas : « L’absence d’effet de ce suivi doit nous inciter à poursuivre nos études pour déterminer si la maladie peut être significativement ralentie en impliquant davantage les médecins traitants et éventuellement les coordonnateurs de cas. » Ces derniers, baptisés case managers, illustrent une nouvelle façon, aussi bien sociale, familiale que médicale, et s’appuyant sur des réseaux de médecine de ville, de prendre en charge ces malades impossibles. Comme cela se fait à l’hôpital européen Georges-Pompidou à Paris

0 vote
par Nicole Poirier (IP:xxx.xx4.188.159) le 10 novembre 2011 a 08H40
Nicole Poirier (Visiteur)

Pour répondre à votre question sur l’accompagnement global, je vous invite à prendre connaissance des travaux de Carpe Diem au Québec. www.alzheimercarpediem.com Vous n’y trouverez pas de tests mémoire et de suivi avec des tests cognitifs. Les résultats sont différents car à Carpe Diem, c’est la vraie vie et on n’accueille pas un malade avec ses symptômes mais une personnes avec des capacités sur lesquelles il faut miser. Ses proches sont aussi accueillis...c’est le systême qui est malade ! Nicole Poirier