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Le réseau Récup’air : un bol d’air pour les insuffisants respiratoires
Le réseau Récup'air : un bol d'air pour les insuffisants respiratoires
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25 avril 2012
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Le Webzine de l'AP-HP, 323 articles (AP-HP)

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Le réseau Récup’air : un bol d’air pour les insuffisants respiratoires

Le réseau Récup'air : un bol d'air pour les insuffisants respiratoires

En partenariat avec l’AP-HP, le réseau pluridisciplinaire Récup’air, missionné par l’Agence régionale de santé Ile-de-France, propose des stages de réhabilitation respiratoire, prise en charge globale qui permet aux patients souffrant d’insuffisance respiratoire chronique de retrouver une autonomie et une certaine qualité de vie notamment grâce à une reprise de l’activité physique.

Depuis 2005, le réseau Récup’air propose un programme de réhabilitation respiratoire aux insuffisants respiratoires franciliens. La réhabilitation respiratoire est un « ensemble de moyens proposés aux patients atteints d’une maladie respiratoire chronique comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) pour réduire l’essoufflement, améliorer sa capacité à réaliser un effort physique et sa qualité de vie », explique le Dr Agnès Bellocq, pneumologue à l’hôpital Tenon et présidente du réseau.

Deux cents patients bénéficient de la réhabilitation respiratoire chaque année au sein de ce réseau pluridisciplinaire (pneumologues, kinésithérapeutes, diététiciens, tabacologues et psychologues) qui développe un fort partenariat avec l’AP-HP. La convention du réseau a actuellement été signée par trois hôpitaux de l’AP-HP : Pitié-Salpêtrière, Tenon et Bichat-Claude-Bernard. « Une étude* a montré que des patients réhabilités à la suite d’une hospitalisation due à une crise respiratoire ont un risque de ré-hospitalisation divisé par 4 et un risque de mortalité par 2 dans l’année qui suit », affirme le Dr Agnès Bellocq.

« Le choix a été de s’appuyer sur les kinésithérapeutes libéraux afin de couvrir toute l’Ile-de-France avec des intervenants de proximité », précise le Dr Agnès Bellocq. Avant le début du stage de ré-entrainement à l’exercice physique avec un kinésithérapeute, un bilan fonctionnel respiratoire et des tests d’exercice sont effectués par un pneumologue dans un centre partenaire équipé. Dix sites hospitaliers dont 8 de l’AP-HP (Tenon, Pitié-Salpêtrière, Bichat-Claude-Bernard, Cochin, Henri-Mondor, Hôpital européen Georges-Pompidou, Ambroise-Paré et très prochainement Avicenne) disposent d’un plateau technique adapté. « Lors de ce bilan, nous vérifions sa tension et son rythme cardiaque, nous évaluons l’essoufflement et nous regardons s’il a besoin d’oxygène pendant l’effort. Cela permet de vérifier qu’il n’y a pas de contre-indication et de fixer le niveau de réentrainement », indique le Dr Agnès Bellocq. Le bilan évalue aussi d’autres aspects du mode de vie (tabagisme, alimentation, éléments anxio-dépressifs) permettant de diriger le patient le cas échéant vers un diététicien, un tabacologue ou un psychologue.

« Le patient doit être dans une démarche volontaire et active pour que le programme ait un sens et une efficacité », assure le Dr Agnès Bellocq. La BPCO touche près de 3 millions de personnes en France. Dans la majorité des cas, la cause est le tabagisme. « Quand le patient est encore fumeur, nous cherchons à ce qu’il se place de façon positive par rapport à son corps, non plus en recherchant le plaisir par la prise de nicotine, mais grâce à l’activité physique », poursuit la pneumologue. Si au départ les réticences à l’effort sont présentes, nombreux sont les patients qui reconnaissent au terme du programme les bienfaits physiques et psychologiques apportés par la pratique d’activité physique.

Vingt séances de 1 h 30 et dix d’une heure sont prévues, à raison de deux par semaine. En plus des exercices de renforcement musculaire (vélo ou tapis de marche notamment), le kinésithérapeute apprend également à ses patients à réaliser les gestes de la vie quotidienne tels que monter des marches ou porter des sacs de courses tout en gérant son souffle. Il s’intéresse également à la position du malade par rapport à sa maladie et à son projet de vie. Il peut être amené à orienter le patient vers un autre intervenant au cours du programme, d’où l’intérêt de fonctionner en réseau.

Au terme de ces séances, le patient retourne consulter le pneumologue pour une dernière série de tests. « Le rôle de l’équipe est d’amener le patient vers l’autonomie grâce à une démarche éducative », souligne le Dr Agnès Bellocq. Une fois le programme terminé, le patient doit maintenir ses acquis en poursuivant une activité physique. La pneumologue considère que « le patient doit pratiquer une activité qu’il aime, qui ne soit pas une contrainte et qui s’inscrive dans sa vie, comme peut l’être celle de promener son chien ou d’aller chercher son pain ». Le réseau Récup’air a développé des partenariats avec les fédérations sportives d’athlétisme et de randonnées pédestres qui organisent des activités physiques adaptées au handicap respiratoire, notamment de la marche nordique au Jardin du Luxembourg à Paris ou au bois de Vincennes.

En parallèle, des ateliers éducatifs sont organisés sur différentes thématiques : alimentation, déplacement, voyage… Le but étant d’apprendre à maitriser sa maladie au quotidien. « Nous accueillons 10 à 12 personnes afin de favoriser l’interactivité. Ces ateliers permettent de libérer la parole », observe le Dr Agnès Bellocq.

«  La réhabilitation respiratoire permet aux patients de gagner en qualité de vie tout en réduisant le coût de santé de la maladie respiratoire chronique, notamment par la diminution des ré-hospitalisations », conclut le Dr Agnès Bellocq.

Charlène Catalifaud

*Méta analyse regroupant 6 études, sur 230 patients (Puhan et coll. Cochrane 2009)

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